Alors que la colère lycéenne a continué de gronder tout au long du week-end, Sébastien Lecornu a adressé dimanche 4 octobre une "feuille de route" à ses ministres afin de fixer un calendrier pour répondre à une partie des revendications des jeunes mobilisés. Dans cette lettre, il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec "de premières décisions attendues avant la fin du mois".
Les lycéens mobilisés revendiquent davantage de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale. Ils dénoncent notamment la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou encore des emplois du temps trop chargés.
Le Premier ministre demande notamment le lancement dans chaque académie dès cette semaine d'un "traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus", avec un premier bilan attendu le 16 octobre.
Il a également annoncé convoquer mardi une réunion avec les présidents de région sur la rénovation des établissements scolaires et réclame à ses ministres de premières propositions d'améliorations de Parcoursup d'ici à la fin octobre. À la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, il demande "d'organiser des réponses de proximité là où l'accès à une infirmière, à un psychologue ou à un accompagnement social est le plus difficile".
- Des établissements encore fermés lundi -
Au sujet des moyens, le Premier ministre souligne que le projet de budget 2027, présenté jeudi par son gouvernement, prévoit encore 1,2 milliard d'euros supplémentaires pour l'Éducation nationale. "Mais nous devons aussi corriger avec humilité ce qui reste insuffisant", a-t-il estimé sur X, sans donner de chiffres, renvoyant cette question "au débat parlementaire".
Tandis que le gouvernement a annoncé ce dimanche s'attendre à voir les cours "totalement ou partiellement suspendus" dans "400 à 500" lycées en début de semaine, les conditions de sécurité n'étant "pas réunies" pour assurer l'accueil des élèves dans ces établissements après les mouvements de la semaine dernière, Sébastien Lecornu a demandé dans la soirée à ce que les cours reprennent "partout" où les conditions de sécurité le permettent.
Débuté le 17 septembre dans la région parisienne, le mouvement de protestation et de blocus des lycéens s'est progressivement étendu à tout le territoire et s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France.
La journée de vendredi a été marquée par des tensions et plus de 1.700 interpellations -pour 5.000 au total depuis lundi- et les organisateurs appellent à la poursuite de la mobilisation mardi faute de "mesures concrètes".
AFP
