Trente-six enquêtes ont été ouvertes à ce stade par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), "la police des polices", pour des violences présumées depuis le début du mouvement lycéen dont quatre concernent "des blessures mutilantes", a indiqué mardi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
"On a trente-six saisines, à date, et, aujourd’hui, sur les trente-six, on a quatre affaires qui portent sur des blessures mutilantes. Et on a six affaires de blessures significatives. Ça fait une dizaine d’affaires sur les trente-six", a précisé le ministre lors de son audition par la commission des lois sur le maintien de l’ordre, devant le Sénat.
"Pour le reste, on est beaucoup sur des coups, des insultes, des suspicions d’agression sexuelle. Dans les trente-six, j’ai l’action contre le policier de Belfort qui est poursuivi pour tentative de meurtre", a poursuivi le ministre.
Depuis le début de la contestation lycéenne le 18 septembre, plus de 200 lycéens ont été blessés, de même que plus de 800 policiers et gendarmes et 147 personnels de l’Éducation nationale.
Parmi les enquêtes de l’IGPN concernant les blessures subies par les lycéens, l’une concerne un policier ayant été filmé donnant un coup de genou au visage d’un manifestant le 9 octobre, place de la Bastille à Paris.
Il y a également un lycéen de 15 ans qui a eu une main arrachée par une grenade assourdissante dans des circonstances qui restent encore à déterminer, lors d’une manifestation à Lens (Nord) le 5 octobre. L’enquête de l’IGPN devra notamment établir si le lycéen a ramassé la grenade, ou si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire.
A la suite de cet incident grave, M. Nuñez a suspendu l’usage des grenades assourdissantes "pour le mouvement lycéen".
Concernant l’affaire de Belfort (Doubs), citée mardi par le ministre de l’Intérieur, il s’agit d’une enquête après une plainte déposée par un lycéen de 17 ans pour "tentative de meurtre" contre un policier et sa hiérarchie, en indiquant que le fonctionnaire de police "lui avait maintenu la tête sous l’eau", selon le procureur de Vesoul, Arnaud Grécourt, lors de son interpellation le 2 octobre aux abords du ruisseau la Savoureuse, après l’avoir identifié comme l’auteur de jets de projectiles et de feux de poubelle.
AFP
