Coup d'envoi des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis

  • PubliĂ© le 6 fĂ©vrier 2026 Ă  11:27
  • ActualisĂ© le 6 fĂ©vrier 2026 Ă  12:28
Une partie de la ville de Mascate prÚs du port à Oman, le 5 février 2026

L'Iran a appelé vendredi au "respect mutuel" dans les pourparlers avec les émissaires du président américain Donald Trump qui se sont ouverts vendredi matin à Oman, et que Téhéran veut limiter strictement à son programme nucléaire.

"L'Ă©galitĂ©, le respect mutuel et l'intĂ©rĂȘt rĂ©ciproque ne sont pas de vaines paroles, mais des conditions indispensables et les piliers d'un accord durable", a dĂ©clarĂ© dans un message en anglais sur X le ministre des Affaires Ă©trangĂšres iranien Abbas Araghchi, depuis Mascate oĂč il reprĂ©sente son pays Ă  ces pourparlers.

Il a tout d'abord rencontré vendredi matin son homologue du sultanat d'Oman, Badr al-Busaidi, pour évoquer les "sujets bilatéraux, régionaux et internationaux les plus importants", a rapporté l'agence de presse iranienne Mehr, en publiant une photo des deux diplomates assis derriÚre une table sur laquelle étaient posés des drapeaux de leurs pays respectifs.

Ces discussions sont les premiÚres depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin par les Etats- Unis lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l'Iran.

Elles se déroulent alors que le président américain Donald Trump a déployé une armada navale dans la région et n'a pas exclu de recourir une nouvelle fois à la force en cas d'échec.

"L'Iran s'engage dans la voie diplomatique en toute lucidité et en gardant à l'esprit les événements de l'année écoulée", a souligné M. Araghchi, ajoutant: "Nous agissons de bonne foi et défendons fermement nos droits".

CÎté américain, les pourparlers sont pilotés par l'émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.

Ils interviennent aprÚs la répression par le pouvoir iranien d'un vaste mouvement de contestation né fin décembre, faisant des milliers de morts.

Les Iraniens "négocient", s'est félicité jeudi Donald Trump. "Ils ne veulent pas que nous les frappions", a-t-il ajouté, rappelant que les Etats-Unis avaient envoyé "une grande flotte" de guerre dans le Golfe.

AprÚs avoir menacé de frapper l'Iran en soutien aux contestataires, le président américain centre désormais sa rhétorique sur le contrÎle du programme nucléaire iranien.

"Le président a clairement exprimé ses exigences envers le régime iranien. Il a été trÚs explicite sur le fait qu'il souhaitait une capacité nucléaire nulle", a rappelé jeudi soir la porte-parole de M. Trump, Karoline Leavitt, soulignant qu'il est "le commandant en chef de l'armée la plus puissante de l'histoire".

Les pays occidentaux et Israël accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément tout en faisant valoir son droit à développer une filiÚre nucléaire civile.

- Risque d'escalade -

L'Iran et les Etats-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps notamment dans le sultanat d'Oman, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l'enrichissement d'uranium par Téhéran.

L'Iran a martelé ne vouloir discuter que du dossier nucléaire, pour obtenir la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie, rejetant toute négociation sur son programme balistique ou son soutien à diverses formations hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

"Les pourparlers portent sur le nucléaire", a encore insisté jeudi soir la télévision d'Etat, citant un responsable de la délégation iranienne.

Mais le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est lui aussi catégorique: pour aboutir, les négociations devront "inclure certains éléments, notamment la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes (...) et le traitement réservé à leur population".

Mais "l'Iran continue de faire preuve d'inflexibilitĂ© face aux demandes des Etats-Unis, ce qui rĂ©duit la probabilitĂ© (...) d'une solution diplomatique", estime l’Institute for the Study of War, basĂ© aux Etats-Unis.

Face au maintien par Washington des menaces d'action militaire, Téhéran a répété qu'il riposterait contre les bases américaines de la région en cas d'attaque, brandissant le risque d'une escalade dans la région.

"Nous sommes prĂȘts Ă  nous dĂ©fendre, et c'est au prĂ©sident amĂ©ricain de choisir entre le compromis ou la guerre", a dĂ©clarĂ© jeudi le porte-parole de l'armĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Mohammad Akraminia, citĂ© par la tĂ©lĂ©vision d’État.
L'Iran, a-t-il averti, a un accÚs "facile" aux bases américaines dans le Golfe.

"L'Iran est pleinement prĂȘt Ă  faire face Ă  toute menace et Ă  tout ennemi Ă©tranger", a aussi dĂ©clarĂ© l'ancien ministre des Affaires Ă©trangĂšres, Ali Akbar Velayati, conseiller de l'ayatollah Khamenei, citĂ© par l'agence iranienne Isna.

AFP

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