"C'est vrai qu'en Espagne et en France, on regardera" vers Monaco: contre Reims en 32e de finale de Coupe de France, Robert Moreno, le nouvel entraßneur de l'équipe de la Principauté, va plonger dans le grand bain.
Diriger une Ă©quipe dans l'Ă©lite d'un grand championnat, l'Espagnol y a toujours aspirĂ©, et c'est chose faite, depuis sa nomination fin dĂ©cembre. Et comme il a Ă©tĂ©, avant cela, sĂ©lectionneur de la grande "Roja", mĂȘme de façon Ă©phĂ©mĂšre, ses dĂ©buts seront scrutĂ©s, analysĂ©s, dissĂ©quĂ©s. Par ses adeptes, comme ses dĂ©tracteurs. Des deux cĂŽtĂ©s des PyrĂ©nĂ©es. Il le sait.
"Ce sera un match spĂ©cial", reconnaĂźt-il avant de concĂ©der: "Tous les matches seront importants pour mon image (...). En France, en Espagne, on regardera. Mais aprĂšs ce que j'ai vĂ©cu depuis deux mois, ça reste un match de football. Ma famille et moi avons la santĂ©. Je pense ĂȘtre un privilĂ©giĂ© car je travaille de ma passion. Je vais donner le maximum. Si je suis bon, trĂšs bien. Sinon, je rentre Ă la maison! Et c'est fini!"
- "Pas d'ennemi" -
Quant Ă ses dĂ©tracteurs, Ă commencer par son ex-mentor, prĂ©dĂ©cesseur et successeur Ă la tĂȘte de la sĂ©lection espagnole Luis Enrique? "Je n'ai pas d'ennemi, lĂąche-t-il. Pour avoir des ennemis, il faut considĂ©rer en avoir. Dans la vie, il faut oublier le mauvais. Aujourd'hui, je ne me souviens que des bonnes choses d'Espagne. Avec le temps, tout est relatif. Je regarde vers le futur."
Ce futur, c'est Reims. Moreno connaĂźt bien cette "Ă©quipe qui travaille ensemble" et "oĂč on voit le travail de David Guion". Ses joueurs aussi en savent beaucoup. Avant l'entraĂźnement de vendredi, veille de match, ils se sont astreints Ă une trĂšs longue sĂ©ance vidĂ©o dans la salle de presse du Stade Louis-II.
"Je veux introduire mon systĂšme de jeu, mes automatismes, assure Moreno. Une Ă©quipe oĂč tous les joueurs vont, ensemble, attaquer et dĂ©fendre. Mais c'est difficile de tout changer en une semaine. D'autant que je donne beaucoup d'informations."
Pour son premier match monégasque, le jeune entraßneur catalan n'entend rien laisser au hasard. A l'instar de Leonardo Jardim, son prédécesseur, il tentera de concerner le maximum de joueurs.
Relancer le grand nom Cesc Fabregas? "Je souhaite relancer tout le monde", répond-il. Continuer à faire confiance aux défenseurs Kamil Glik et Jemerson? "On doit améliorer la défense de façon collective. C'est la responsabilité de toute l'équipe", rétorque-t-il. Changer de capitaine? "Non, je respecte cette décision. Si je dois changer ce sera l'été prochain."
Entre volontarisme et diplomatie, il a concernĂ© 21 joueurs de champ et 4 gardiens sur le dernier entraĂźnement. MĂȘme Danijel Subasic et Ruben Aguilar, suspendus pour ce match.
- "Similaires Ă Guardiola et Vilanueva" -
"Dans ces conditions, tous les joueurs recommencent Ă zĂ©ro, explique l'expĂ©rimentĂ© Cesc Fabregas. Donc l'intensitĂ© et le comportement de tous sont trĂšs bons." "C'Ă©tait une bonne semaine, poursuit Moreno. J'ai vu une bonne attitude. Je suis trĂšs content." Fabregas permet d'en savoir plus. "Je connais sa mĂ©thodologie, prĂ©cise-t-il. Les entraĂźnements et les sĂ©ances vidĂ©o sont similaires Ă celles de Barcelone, avec Guardiola et Tito Vilanova. C'est bien pour moi. Mais je dois travailler. En tĂȘte Ă tĂȘte, il ne m'a pas garanti de jouer. C'est honnĂȘte. Maintenant, c'est travail, travail, travail! Physiquement surtout! Parce qu'il voudrait qu'on coure beaucoup."
Moreno, et son ADN barcelonais, souhaite en effet "contrĂŽler le ballon". "Mais ce n'est pas une question de vie ou de mort, lance-t-il. Il faut savoir dĂ©sorganiser nos adversaires par nos attaques pour ĂȘtre capables de rĂ©cupĂ©rer le ballon rapidement et bien dĂ©fendre en bloc."
Car son premier crédo est de voir l'équipe mieux défendre collectivement. "Puis par le travail, je veux voir une identité se révéler, l'équipe progresser. On atteindra nos objectifs de cette façon."
Le premier d'entre eux est d'éliminer Reims samedi, avant de s'attaquer deux fois au Paris SG les 12 et 15 janvier...
AFP

