Trois mois jour pour jour aprÚs la premiÚre alerte de l'Organisation mondiale de la Santé sur des pneumopathies inexpliquées en Chine, la France a enregistré mardi une nouvelle hausse record du nombre de morts du coronavirus: prÚs de 500 en 24 heures, soit un décÚs toutes les trois minutes.
Selon le dernier bilan des autorités, l'épidémie a tué 3.523 personnes au total, dont 499 entre lundi et mardi. Le nombre de patients en réanimation a lui plus que doublé en une semaine et atteignait mardi soir 5.565 (+458).
Le chiffre de décÚs en France dépasse désormais le bilan officiel en Chine (3.305). Mais de nombreux experts, se basant notamment sur le nombre élevé d'urnes funéraires que les familles ont commencé à récupérer en Chine, estiment le nombre officiel chinois largement sous-estimé.
"Cette situation est totalement inédite dans l'histoire de la médecine française", a souligné le directeur général de la Santé JérÎme Salomon lors de son point presse quotidien.
Alors que l'Ile-de-France et la région Grand Est restent particuliÚrement sous tension, les transferts de malades graves vers des zones moins touchées par l'épidémie se poursuivent. Depuis la premiÚre opération de ce type le 18 mars, "288 patients lourds ont été transférés vers des régions moins en tension et ce nombre est amené à progresser dans les jours et semaines qui viennent", a indiqué le Pr Salomon.
.jpg)
Critiqué pour le manque de protections auquel est confronté le pays, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France allait changer de vitesse dans la production de masques et respirateurs.
A l'issue de sa visite dans l'une des quatre usines françaises de masques, mardi prÚs d'Angers (Maine-et-Loire), le chef de l'Etat a promis quatre milliards d'euros pour financer des commandes "en médicaments, respirateurs et masques": la "priorité aujourd'hui est de produire davantage en France et en Europe", a-t-il insisté.
Il vise une production de "plus de 10 millions" de masques par semaine en France fin avril et "l'indépendance pleine et entiÚre" d'ici la fin de l'année.
- Deux TGV vers la Bretagne -
Un tiers des dĂ©cĂšs enregistrĂ©s dans les hĂŽpitaux l'ont Ă©tĂ© en Ile-de-France, oĂč l'Ă©pidĂ©mie est en train de dĂ©ferler aprĂšs avoir frappĂ© l'Est du pays.
Pour alléger les services déjà sous pression, alors que le pic n'est encore là , 36 malades des hÎpitaux de la région parisienne seront transférés mercredi à bord de deux TGV aménagés de Paris vers la Bretagne, selon les autorités.
Le transfert en TGV reste "compliqué", a rappelé le Pr Salomon: les patients sont "surveillés pendant tout le trajet par une équipe de réanimation complÚte. C'est un processus trÚs lourd et totalement fiable".
La situation est trÚs difficile dans le Grand Est et en Ile-de-France, a souligné le DGS, renouvelant son appel aux "professionnels de santé compétents en réanimation" pour venir soutenir les équipes dans ces régions.
L'Est de la France n'en a pas fini avec la surtension de ses capacités: mardi soir, 21 transferts transfrontaliers étaient ainsi en cours du Grand Est vers le Luxembourg, l'Allemagne et la Suisse, selon le directeur général de la Santé.
Le directeur de l'ARS du Grand Est s'est dit confiant, estimant que la région devrait connaßtre une diminution des hospitalisations liées au Covid-19 pendant la deuxiÚme quinzaine d'avril.
Mais la directrice de l'hÎpital de Metz, Marie-Odile Saillard, a prévenu mardi qu'il ne lui restait "que quatre lits pour la journée". Elle avait supplié la veille les autorités de lui accorder "douze transferts tous les jours".
En Ile-de-France, "ça sature surtout dans les hĂŽpitaux du nord", a prĂ©cisĂ© sur RTL le Pr Ăric Caumes, chef du service des maladies infectieuses HĂŽpital de la PitiĂ©-SalpĂȘtriĂšre. "Dans mon hĂŽpital, on ouvre en moyenne une rĂ©animation par jour et malheureusement elle est pleine le soir mĂȘme. On ne pourra pas continuer d'ĂȘtre aussi souple Ă©ternellement", a-t-il prĂ©venu.
- 10.000 respirateurs -
Médecins et étudiants en médecine se forment à vitesse grand V aux soins infirmiers pour renforcer les hÎpitaux de l'AP-HP. Mais pour agir, ces soignants auront besoin de protection et d'équipements adaptés.
Pour répondre aux besoins, la France a dû commander un milliard de masques et organise un "pont aérien" avec la Chine, aprÚs une premiÚre livraison lundi, une seconde cargaison de 12 millions de masques est attendue mercredi. Le pays a d'ores et déjà passé "des commandes supplémentaires", selon Emmanuel Macron.
Outre la production de masques (FFP2, chirurgicaux et autres types vu que 85 prototypes ont été homologués), un consortium d'industriels s'est créé avec l'objectif de fabriquer d'ici mi-mai 10.000 respirateurs.
En outre, une plus grande capacité à tester la population sera une premiÚre étape pour organiser la sortie de confinement, qui a démarré il y a exactement deux semaines en France.
Alors que les Ă©coles sont Ă l'arrĂȘt, "entre 5 et 8% des Ă©lĂšves" ont Ă©tĂ© "perdus" par leurs professeurs qui ne peuvent pas les joindre pour assurer la "continuitĂ© pĂ©dagogique" souhaitĂ©e, selon le ministre de l'Education.
Autre consĂ©quence de l'Ă©pidĂ©mie, l'aĂ©roport d'Orly a fermĂ© ses portes mardi Ă minuit pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e, faute de vols et de passagers, nâaccueillant plus que les vols d'Etat, les vols sanitaires et les dĂ©routements d'urgence.
Quant aux TGV, fortement réduits en raison du confinement, leur trafic a atteint "un plancher" avec seulement 42 TGV par jour contre 700 habituellement, selon la SNCF.
Prudents, les voyagistes ont annoncé le report de tous les départs prévus jusqu'au 15 mai inclus, contre fin mars initialement.
www.ipreunion.com avec l'AFP
