Incident prĂšs d'une base anglaise : Washington retire ses bombardiers

  • PubliĂ© le 5 octobre 2026 Ă  08:14
  • ActualisĂ© le 5 octobre 2026 Ă  08:57
Vue d'un bombardier B-1 Lancer de l'armée américaine, le 27 septembre 2026 sur la base de Fairford au Royaume-Uni

Les États-Unis ont annoncĂ© dimanche avoir retirĂ© leurs bombardiers stratĂ©giques B-1 de la base militaire britannique de Fairford, aprĂšs le rĂ©cent incident qui a conduit Ă  l'ouverture d'une enquĂȘte antiterroriste aux multiples zones d'ombre.

Londres avait mis en avant des "indications claires" d'un rÎle de l'Iran dans ce dossier, ce qu'a nié Téhéran, quand Washington a évoqué l'implication d'un "acteur étranger".

Le 27 septembre, la police était intervenue prÚs de la base aérienne de Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre, aprÚs le signalement aux services d'urgence de "trois véhicules suspects".

Un vaste pĂ©rimĂštre avait Ă©tĂ© bouclĂ© et des dizaines de foyers Ă©vacuĂ©s autour de l'installation, utilisĂ©e par l'armĂ©e amĂ©ricaine pour des "opĂ©rations dĂ©fensives", d'aprĂšs Londres, dans la guerre menĂ©e par les États-Unis contre l'Iran.

À l'intĂ©rieur des vĂ©hicules, la police avait dit n'avoir trouvĂ© "aucun engin explosif", mais de l'essence "en quantitĂ©".

"Tous les bombardiers amĂ©ricains qui avaient Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s sur la base de (...) Fairford ont Ă©tĂ© redĂ©ployĂ©s vers leurs bases d'origine aux États-Unis", a finalement indiquĂ© dimanche le ministĂšre amĂ©ricain de la DĂ©fense dans un communiquĂ©, sans donner de raison.

L'armée américaine avait notamment déployé sur cette base des bombardiers stratégiques supersoniques B-1 Lancer, réputés pour leur trÚs long rayon d'action et leur capacité trÚs importante de transport de missiles et bombes. Selon plusieurs médias américains une douzaine d'appareils y étaient encore stationnés jusqu'à ces derniers jours.

- Six arrestations -

Au total, six hommes de 23 Ă  25 ans ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s en lien avec l'affaire: cinq Britanniques sur place, puis un Britanno-Iranien quelques jours plus tard, pour des soupçons de "prĂ©paration d'un acte terroriste".

Ils ont finalement tous été relùchés sous contrÎle judiciaire. "Je n'aurais pas fait ça", avait réagi le président américain Donald Trump aprÚs la libération sous caution de cinq d'entre eux.

Cette affaire comporte de multiples zones d'ombre et fait l'objet d'une enquĂȘte "immensĂ©ment complexe", d'aprĂšs la coordinatrice de la lutte antiterroriste, Vicki Evans. Les investigations suivent "tous les angles possibles, y compris celui du rĂŽle d'un État Ă©tranger", a-t-elle prĂ©cisĂ©.

Mercredi, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a affirmé à la BBC qu'il existait "des indications claires selon lesquelles l'Iran aurait joué un rÎle" dans cet incident.

En juillet, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, avaient averti que toute base utilisée pour lancer des attaques contre l'Iran constituerait une "cible légitime", selon le média The Telegraph.

Mais pour le ministre iranien des Affaires étrangÚres, Abbas Araghchi, les autorités britanniques font "fausse route". Téhéran a nié "catégoriquement" toute implication.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré à la chaßne américaine Fox News qu'Israël avait prévenu les autorités britanniques que l'Iran planifiait une attaque contre une base britannique.

De son cÎté, l'administration américaine, par la voix du chef de la diplomatie Marco Rubio, a évoqué le rÎle d'"un acteur étranger".

Depuis l'annonce en mars de l'utilisation du site de Fairford dans le cadre de la guerre contre l'Iran, des bombardiers et d'autres appareils américains y ont été vus en train de décoller et d'atterrir.

Cette base sert depuis la guerre froide de point d'appui à l'armée de l'air américaine. Elle a déjà été utilisée par Washington pour des opérations lors de la guerre du Golfe au début des années 1990 et de la guerre en Irak de 2003.

AFP

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