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Israël: les Pays-Bas déplorent la révocation de leurs diplomates en Cisjordanie

  • Publié le 28 septembre 2026 à 21:43
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Tom Berendsen (d) et son homologue allemand Johann Wadephul (g),  lors d'une presse à La Haye, le 28 septembre 2026 aux Pays-Bas

Les Pays-Bas ont regretté lundi la décision d'Israël de révoquer l'accréditation de ses diplomates en Cisjordanie, après la suspension par La Haye des importations des produits provenant des colonies israéliennes.


La guerre à Gaza et la multiplication des violences dans les colonies ont contribué à isoler les dirigeants israéliens sur la scène internationale, et plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France et le Canada, ont récemment suspendu le commerce avec les colonies implantées en Cisjordanie.
Le gouvernement néerlandais avait annoncé en juillet que les produits provenant de colonies - illégales au regard du droit international - situées dans les territoires palestiniens occupés ne pourraient plus entrer aux Pays-Bas à partir du 22 septembre.
Après l'entrée en vigueur de cette décision, le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar a annoncé dimanche la révocation sous sept jours de l'accréditation des diplomates néerlandais.
"Je regrette profondément cette décision inutile", a réagi le ministre des Affaires étrangères Tom Berendsen.
Lors d'une conférence de presse plus tard lundi après une rencontre avec son homologue allemand Johann Wadephul, M. Berendsen a déclaré qu'il avait fait convoquer l'ambassadeur d'Israël pour "discuter des détails de la mesure et de son impact sur nos diplomates".
La décision prise par La Haye de suspendre les importations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie n'était "pas dirigée contre Israël", a-t-il insisté.
La suspension de ces importations "découle plutôt de l'obligation, en vertu du droit international, de ne pas contribuer à une situation illicite", a ainsi assuré M. Berendsen.
"Si les Pays-Bas souhaitent continuer à défendre leurs intérêts auprès des Palestiniens, ils peuvent le faire depuis le territoire de l'Autorité palestinienne et non depuis le territoire de l'État d'Israël", avait soutenu dimanche Gideon Saar.
Israël contrôle toutefois les points d'entrée en Cisjordanie et, en vertu des accords de paix d'Oslo conclus dans les années 1990, délivre les accréditations nécessaires aux diplomates étrangers appelés à travailler dans les territoires palestiniens.
Condamnant cette décision, l'Autorité palestinienne affirme qu'Israël cherche à "réduire la présence internationale et diplomatique en Palestine afin de pouvoir commettre ses crimes sans témoins".
"L'État de Palestine affirme que les diplomates néerlandais sont les bienvenus sur le territoire de l'État de Palestine occupé et qu'Israël n'exerce aucune souveraineté sur une quelconque partie du territoire de l'État de Palestine", a déclaré son ministère des Affaires étrangères.
- "Vague anti-Israël" -
Le Royaume-Uni, la France et le Canada ont pour leur part annoncé au début du mois qu'ils allaient interdire le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie, durcissant le ton face à Israël, qui a riposté en annonçant la fermeture du consulat britannique à Jérusalem d'ici le 8 octobre.
Une proposition similaire est sur la table de l'Union européenne, mais aucun consensus n'a jusqu'à présent pu être trouvé pour l'adopter.
En signe de protestation contre la guerre menée par Israël à Gaza, la sélection irlandaise de football a également longtemps débattu ce week-end d'un boycott de la rencontre entre les deux équipes.
Celle-ci a finalement pu avoir lieu dimanche, les Irlandais arborant un brassard noir. L'un des gardiens de but a cependant choisi de ne pas jouer.
Dans le contexte de campagne électorale en vue des législatives du 27 octobre, et face à ces diverses sanctions, l'ancien Premier ministre centriste Yair Lapid, figure de l'opposition, a jugé le Premier ministre Benjamin Netanyahu responsable d'une "vague anti-Israël".
"Le fait que les bagages des Israéliens arrivant aux Pays-Bas soient fouillés et que des produits issus des colonies soient confisqués constitue un échec diplomatique sans précédent", a-t-il affirmé, promettant en cas de victoire aux élections d'améliorer les relations diplomatiques d'Israël, sans évoquer cependant le devenir des colonies.
Selon les Nations unies, qui tiennent à jour une liste de 214 entreprises en lien avec les colonies israéliennes, des colons extrémistes ont été responsables, en 2026, d'une moyenne de six attaques par jour contre des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie.
Des Palestiniens ont également perpétré des attaques contre des Israéliens. La semaine dernière, un colon a été abattu par un Palestinien, et un militaire, fils de l'ambassadeur d'Israël à Washington, a été grièvement blessé lors d'une attaque.
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Par Liesa PAUWELS - © 2026 AFP
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