La Ligue des droits de l'homme (LDH) a dénoncé, lundi 5 octobre, une "dérive globale par rapport à l’État de droit, le non-respect du cadre légal" lors des interventions des forces de l'ordre face aux lycéens. La présidente de la LDH, Nathalie Tehio, s'est dite, lors d'une conférence de presse avec d'autres organisations et syndicats en soutien au mouvement des lycéens, "très inquiète" de cette "dérive". Elle a estimé que, dans la façon dont les jeunes sont traités, "le droit international n'est pas seulement pas respecté, il est complètement bafoué".
Avec 5.000 interpellations depuis le début du mouvement – dont 2.000 pour la seule journée de jeudi –, les organisations dénoncent des arrestations d'une "ampleur inédite".
"Nous voyons que dans ce qui est donné comme consignes aux policiers, il n'y a pas de consigne de retenue, alors même que ce sont des enfants au sens de la Convention internationale des droits de l'enfant, on est enfant jusqu'à 18 ans", a-t-elle insisté.
Nathalie Tehio a dénoncé non pas un chèque en blanc mais un "chèque en gris" donné aux forces de l'ordre par le ministre de l'Intérieur, à travers la formule utilisée auprès des préfets sur "l'usage proportionné de la force qui ne doit jamais inhiber l'action pour rétablir l'ordre".
Les autres organisations présentes (FSU, CGT, Solidaires, Syndicats des avocats de France, Union étudiante…) ont également dénoncé les méthodes utilisées par les forces de l'ordre, notamment la brutalité des interpellations, et les arrêtés pris pour empêcher les rassemblements aux abords des lycées, soulignant qu'elles essayaient autant que possible de les attaquer en justice.
AFP
