L'affaire Bruno Leroux, obligĂ© de dĂ©missionner aprĂšs l'ouverture d'une enquĂȘte sur l'emploi de ses deux filles comme collaboratrices parlementaires, n'est pas une bonne nouvelle pour François Fillon, lui aussi aux prises avec la justice, estime mercredi la presse.
"La droite aurait tort de se réjouir de telles révélations. Dans l'ambiance actuelle, une nouvelle affaire politico-financiÚre ne vient pas effacer l?autre, elle charge un peu plus la balance", prévient Daniel Muraz, du Courrier picard.
"Il y avait donc bien deux poids, deux mesures, selon qu'on était ou non LR, et un acharnement suspect des médias. Ce trop commode raisonnement s?est effondré en une journée", assÚne Laurent Joffrin, de Libération.
Le dossier Le Roux "tombe bien mal. Il vient rĂ©veiller les douleurs, alors que François Fillon semblait relancer sa campagne", note Bernard StĂ©phan, dans La Montagne. "Cette +?affaire+ n?est pas une bonne nouvelle pour le clan Fillon", affirme Ă©galement Baptiste Laureau, dans Paris-Normandie. Et d'expliquer : "la rapiditĂ© de l?Ă©viction et la cĂ©lĂ©ritĂ© de la justice montrent que François Fillon n'a pas Ă©tĂ© victime d'un +complot+, d'un assassinat politique+, d'un +acharnement judiciaire+ comme certains de ses partisans et lui-mĂȘme l'ont dit".
Cette célérité "prouve que la justice travaille avec célérité pour tous", relÚve Philippe Marcacci, de l'Est Républicain. François Hollande "suspecté d'instrumentaliser la justice contre François Fillon, a voulu montrer qu'il savait sacrifier ses amis, que la gauche elle sait trancher et remet du sel sur la plaie Fillon des affaires", analyse Cécile Cornudet, des Echos.
- "Quelle leçon" -
Cette dĂ©cision permet au prĂ©sident de la RĂ©publique "de souligner Ă quel point François Fillon aurait Ă©tĂ© bien inspirĂ© d'en faire autant", relĂšve Hubert Coudurier, du TĂ©lĂ©gramme. "Au moins, Bruno Le Roux abandonne sur le champ et s'en va tĂȘte basse. C'est toujours ça", Ă©crit Jean-Claude SoulĂ©ry, dans La DĂ©pĂȘche du Midi. "Le Roux s?en va quand, Ă droite, Fillon s?accroche", persifle Laurent Bodin, de l'Alsace. "Quelle leçon pour certains", lance Denis Daumin, dans La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest.
En sanctionnant M. Le Roux, Bernard Cazeneuve "a fait preuve de fermeté, ce qui souligne par comparaison la désinvolture de M. Fillon quand il s?est borné à hausser les épaules lors de sa mise en examen", juge Dominique Jung, des DerniÚres Nouvelles d'Alsace.
Le "départ forcé" du ministre de l'Intérieur "permet à François Hollande et Bernard Cazeneuve d'afficher leur différence face au candidat de la droite qui s?est maintenu contre vents et marées" commente Hervé Favre, de La Voix du Nord. Il "renvoie à la droite l'image du comportement de François Fillon dans une situation symétrique", estime Bernard Stéphan, dans La Montagne.
Ce qui fait dire à Sébastien Lacroix, dans L'Union/L'Ardennais que "Hollande et Cazeneuve ont tÎt fait de comprendre qu?ils avaient l?occasion d?en remettre une louche sur Fillon".
Moins de 24 heures aprĂšs les rĂ©vĂ©lations sur les CDD de ses deux filles employĂ©es comme collaboratrices parlementaires, le ministre de l'IntĂ©rieur Bruno Le Roux, visĂ© par une enquĂȘte, a dĂ©missionnĂ© mardi.
François Fillon a Ă©tĂ© mis en examen le 14 mars dans l'enquĂȘte sur de possibles emplois fictifs de sa femme et de ses enfants comme assistants parlementaires, enquĂȘte Ă©largie Ă des soupçons "d'"escroquerie aggravĂ©e, faux et usage de faux" mardi.
AFP


