Le Pakistan a imposé dimanche des mesures d'urgence dans une province du Nord, a annoncé la présidence, à la suite de manifestations antigouvernementales dans cette région et de violences dans le nord-ouest.
Ces mesures, invoquĂ©es sur la base de deux articles de la Constitution pakistanaise relatifs Ă la sĂ©curitĂ©, confĂšrent au gouvernement fĂ©dĂ©ral de vastes pouvoirs administratifs sur la province de Khyber Pakhtunkhwa, oĂč des milliers de partisans de l'ancien Premier ministre emprisonnĂ©, Imran Khan, dĂ©filent pour exiger sa libĂ©ration.
Des milliers de partisans de M. Khan ont manifesté pour exiger sa libération et exprimer leur mécontentement à l'égard du gouvernement en raison de conditions économiques difficiles.
Une image publiée par le président pakistanais, Asif Ali Zardari, montre sa signature approuvant les mesures en vertu des articles 232 et 234 de la Constitution.
M. Zardari a apposé sa signature aprÚs des recommandations "concernant la situation de l'ordre public et l'échec des négociations avec les délégations gouvernementales", a indiqué son bureau.
Plus tÎt, le bureau du Premier ministre, Shehbaz Sharif, avait fait savoir que la décision avait été prise en raison de la "détérioration de la situation de l'ordre public au Khyber Pakhtunkhwa et (...) de l'indifférence délibérée du gouvernement provincial dans la guerre contre le terrorisme".
Le Khyber Pakhtunkhwa est un bastion du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) d'Imran Khan, dont le gouvernement provincial va ĂȘtre marginalisĂ© dans le cadre de ces mesures constitutionnelles extraordinaires.
Ancienne gloire du cricket, Imran Khan est emprisonnĂ© depuis aoĂ»t 2023 pour des accusations allant de la corruption Ă la trahison en passant par l'incitation Ă la violence, Ă la suite d'Ă©meutes antigouvernementales en mai 2023. Il rejette ces allĂ©gations et estime ĂȘtre ciblĂ© en raison de sa popularitĂ©.
- Ăchec des discussions -
Le mécontentement de ses partisans s'est intensifié ces derniers mois, notamment à propos des soins médicaux prodigués à cet homme ùgé de 73 ans et de son accÚs à sa famille.
En aoĂ»t, la Cour suprĂȘme avait ordonnĂ© son transfert dans un hĂŽpital privĂ©, mais les autoritĂ©s l'ont renvoyĂ© en prison aprĂšs un court sĂ©jour dans un hĂŽpital public.
Dimanche, un journaliste de l'AFP a constaté une présence sécuritaire renforcée à Peshawar, la capitale du Khyber Pakhtunkhwa. Les routes d'autres villes de la province sont restées fermées.
Des milliers de partisans du parti PTI de Khan ont entamé il y a une semaine des manifestations exigeant la libération de l'ancien Premier ministre, tandis qu'ils protestaient dans tout le Khyber Pakhtunkhwa, marchant entre villes et localités.
Le gouvernement avait cherché à éviter cette démonstration de force de l'opposition, mais avait aussi lié les négociations sur les revendications du PTI, notamment l'accÚs de Khan à ses médecins, à un accord sur des mesures de sécurité dans le Khyber Pakhtunkhwa gouverné par le PTI.
Les discussions ont échoué le 4 octobre, ce qui a déclenché le début des manifestations.
Le Pakistan a attribué la hausse des attaques dans le Khyber Pakhtunkhwa et la province frontaliÚre méridionale du Baloutchistan au militantisme émanant de l'Afghanistan voisin.
Le gouvernement taliban nie ces accusations et critique le Pakistan pour avoir violé la souveraineté de l'Afghanistan et tué des civils. Ces accusations ont déclenché une profonde rupture et un conflit armé entre les deux pays voisins.
L'Afghanistan et le Pakistan sont entrĂ©s en guerre en fĂ©vrier, et des attaques sporadiques ont eu lieu depuis qu'une trĂȘve a Ă©tĂ© conclue en mars, faute de rĂ©solution durable des problĂšmes de sĂ©curitĂ©.
Le Pakistan a mené des frappes aériennes meurtriÚres en Afghanistan début octobre, affirmant avoir visé des militants sur le sol afghan. Les Nations unies ont déclaré que ces frappes aériennes avaient coûté la vie à au moins 10 civils, pour la plupart des enfants.
AFP


