Gabriel Attal venu défendre "une campagne de terrain", Marine Tondelier soutenir "l'union" de la gauche, en attendant l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon: les candidats à la présidentielle ont déroulé leurs stratégies face au RN à la braderie de Lille samedi.
En costume cravate sombre pour sa première braderie, Gabriel Attal s'est lancé avec son équipe de campagne entre les 5.000 stands de la plus grande brocante d'Europe, enchaînant selfies et échanges spontanés.
"Bonjour Gabriel !", "On est pour vous" lance une bradeuse, avant d'ajouter irrévérencieusement: "Vous êtes petits, hein ! Vous faites plus grand à la télé !"
Le secrétaire général de Renaissance qui sera à une fête populaire à Toulouse dès samedi soir puis à Rouen dimanche pour la Fête des moissons a revendiqué une campagne de "terrain, au contact des Français".
L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron a décliné ses priorités, "écoles, salaires, frontières, intelligence artificielle", en résorbant "la dette publique et la dette climatique".
Dans son sillage, un chineur venu de la commune voisine de Loos, Christophe Vandersnickt, 59 ans souligne "qu'il faut surtout motiver les gens d'aller voter, il faut reparler au peuple et surtout ne pas refaire du Macron".
Alors qu'Edouard Philippe, autre ancien Premier ministre et candidat Horizons reste opposé à une primaire, M. Attal a estimé que "le rassemblement devra venir le moment venu, donc début 2027".
M. Attal a également taclé la position "sidérante" du Rassemblement national sur l'Ukraine, après que le parti a suggéré de "couper le robinet" à ce pays contre la Russie.
- "Cheval de Troie" -
Critique partagée par Marine Tondelier, selon qui "toutes celles et ceux qui veulent nuire à la France et à l'Europe soutiennent Marine Le Pen", qui serait selon elle "leur cheval de Troie".
Pour sa 19e braderie, la cheffe de file des Ecologistes, qui s'est vu proposer une jupe verte et une vache en porcelaine par des vendeurs, s'est félicitée d'être le seul parti "bien accueilli sur tous les stands de gauche".
Pariant sur une qualification "quasi certaine" de la candidate RN Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, elle a souligné le besoin d'union à gauche.
Face à Mme Le Pen, "soit c'est quelqu'un de droite, soit c'est quelqu'un de gauche", et "la place ira au camp le moins divisé ou plutôt au camp le plus rassemblé", a-t-elle martelé.
La candidate, qui doit accoucher en septembre, a assuré "être là, plus que jamais, à la recherche de solutions": "Tant que je n'accouche pas, je suis en campagne". "Nous n'avons pas le droit de perdre séparément une élection qu'on pourrait gagner ensemble, surtout pas celle là."
Le patron de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est quant à lui attendu vers 16H00 pour un discours sur une scène déployée pour l'occasion. Habitué de la braderie de Lille, il devrait parler pendant 45 minutes sur les sujets économiques et sociaux qui occupent l'actualité en cette rentrée.
Le stand des Républicains doit accueillir en parallèle l'ancien Premier ministre Michel Barnier.
Jérôme Guedj, député de l'Essonne et candidat à la primaire socialiste, est également attendu samedi aux côté du maire PS de la ville Arnaud Deslandes.
La braderie de Lille, lancée au Moyen-âge, est l'un des événements les plus emblématiques de la vie lilloise, à la fois brocante, vide-grenier, et rendez-vous festif avec de gigantesques tablées de moules-frites.
Environ 2,5 millions de visiteurs (près du double de la population de la métropole lilloise) devraient fouler les pavés des 53 kilomètres de rues réservées à la braderie dans le centre de Lille, largement piétonnisé 50 heures durant pour l'occasion.
Plus de 3.000 fonctionnaires, dont 1.800 policiers et 200 gendarmes, ainsi que 560 pompiers et 600 agents municipaux sont mobilisés pour ces deux jours de fêtes, a indiqué le préfet zonal Bertrand Gaume.
Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, des espaces sécurisés ont été mis en place dans le métro et des zones de vie nocturne.
AFP

