Poutine propose son aide pour mettre fin au conflit avec l'Iran

  • PubliĂ© le 9 octobre 2026 Ă  06:42
  • ActualisĂ© le 9 octobre 2026 Ă  06:52
Le président russe Vladimir Poutine (droite) et son homologue iranien Masoud Pezeshkian s'entretiennent, le 8 octobre 2026 à Turkmenbashi au Turkménistan, sur cette photo distribuée par l'agence russe Spoutnik

Le président russe Vladimir Poutine a proposé son aide pour contribuer au rÚglement de la guerre au Moyen-Orient, lors d'une rencontre avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian avant un sommet régional au Turkménistan vendredi.

"Nous sommes prĂȘts Ă  faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer au rĂšglement de cette situation", a dit le dirigeant russe selon des propos relayĂ©s jeudi soir par les agences russes.

Selon lui, l'Iran fait "de véritables efforts pour mettre fin au conflit" lancé fin février par des bombardements américano-israéliens.

M. Pezeshkian a assurĂ© que son pays Ă©tait engagĂ© dans un dialogue mais qu'Ă  "chaque fois que nous nĂ©gocions avec les États‑Unis, ils attaquent de nouveau", a rapportĂ© le mĂ©dia d'État iranien Irib.

Les deux hommes doivent participer vendredi à un sommet de la Communauté des Etats indépendants (CEI) organisé à Avaza, une station balnéaire située sur les rives de la mer Caspienne.

Le chef de l'Etat russe s'est félicité de "l'évolution positive" des relations entre la Russie et l'Iran, qui ont renforcé leurs liens diplomatiques et militaires depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en 2022.

L'Iran a Ă©tĂ© accusĂ© par Kiev et les Occidentaux d'avoir fourni la technologie des drones Shahed et des missiles de courte portĂ©e Ă  la Russie, tandis que cette derniĂšre a Ă©tĂ© accusĂ©e de fournir des donnĂ©es de ciblage Ă  TĂ©hĂ©ran pour frapper les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains au Moyen-Orient.

La précédente rencontre entre les présidents russe et iranien avait eu lieu en septembre au Kirghizstan, en marge d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, dans un contexte de coopération accrue entre la Russie et l'Iran sur le plan économique et militaire depuis le déclenchement du conflit en Ukraine.

Plusieurs autres rencontres bilatérales sont prévues en marge du sommet d'Avaza, qui rassemblera les pays issus de neuf anciennes républiques soviétiques.

- SphĂšre d'influence -

Créée en décembre 1991 dans les derniÚres semaines de l'Union soviétique, la CEI avait pour objectif de maintenir des liens entre les anciennes républiques soviétiques aprÚs l'effondrement de l'URSS.

"Le but était de régler les problÚmes" entre elles, "tels que des questions économiques, certains problÚmes politiques et de gouvernance", analyse Janibek Arynov, chercheur en géopolitique de l'Asie centrale, basé au Kazakhstan. La CEI "a joué un rÎle important dans les années 1990 mais, depuis, elle n'a pas vraiment évolué", note-t-il.

Certains États ont depuis quittĂ© cette organisation.

La Géorgie s'en est retirée aprÚs la guerre russo-géorgienne de 2008, tandis que l'Ukraine a cessé d'y participer aprÚs l'annexion russe de la Crimée en 2014. La Moldavie a annoncé son retrait en 2023, dans le cadre de son rapprochement avec l'Union européenne.

Pour Moscou, qui joue toujours un rÎle prédominant dans cette région, "la CEI montre que la Russie dispose de sa propre sphÚre d'influence, consolidée et institutionnalisée par cette organisation", selon Temour Oumarov, chercheur au Centre Carnegie Russie-Eurasie à Berlin.

Toutefois, plusieurs Etats de la CEI cherchent à diversifier leurs partenariats économiques et diplomatiques, notamment en renforçant leurs relations avec Pékin et les pays occidentaux.

"MĂȘme si la Russie dĂ©cide d'utiliser cette plateforme pour vĂ©hiculer une rhĂ©torique anti-occidentale ou anti-ukrainienne, cela ne veut pas dire que les autres membres souscriront systĂ©matiquement Ă  sa position", souligne Janibek Arynov.

Plus de quatre ans et demi aprÚs le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le conflit connaßt une nette intensification des frappes de longue portée des deux cÎtés du front ces derniers mois.

Les efforts diplomatiques dĂ©ployĂ©s par les États-Unis pour tenter d'y trouver une issue pacifique sont dans l'impasse. Une situation qualifiĂ©e jeudi de "trĂšs dangereuse" par le secrĂ©taire d'État amĂ©ricain Marco Rubio.

AFP

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