Pyongyang exige du "respect" de la Corée du Sud si elle veut dialoguer

  • PubliĂ© le 8 octobre 2026 Ă  11:19
  • ActualisĂ© le 8 octobre 2026 Ă  11:59
Kim Yo Jong, Ă  HanoĂŻ au Vietnam le 2 mars 2019

La puissante soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Kim Yo Jong, a sommé jeudi la Corée du Sud de faire preuve du "plus grand respect" envers Pyongyang si elle veut espérer reprendre le dialogue.

"S'ils souhaitent réellement rétablir les relations entre la RPDC et la Corée du Sud, ils devraient tenir compte des sentiments de l'autre partie dans chaque parole et chaque acte, et commencer par témoigner du plus grand respect, de la plus grande considération et de la plus grande sincérité", a déclaré Kim Yo Jong, en utilisant l'acronyme officiel de la République populaire et démocratique de Corée.

Cette déclaration intervient aprÚs que l'armée sud-coréenne a exigé des excuses à Pyongyang pour des explosions de mines qui ont blessé trois de ses soldats le 21 septembre dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux pays. Les militaires sud-coréens accusent la Corée du Nord d'avoir posé ces mines du cÎté sud de la ligne de démarcation, en violation de l'armistice qui avait mis fin à la guerre de Corée (1950-1953).

Dans le mĂȘme temps, le gouvernement du prĂ©sident sud-corĂ©en de gauche, Lee Jae Myung, a nĂ©anmoins exhortĂ©, le 1er octobre, la CorĂ©e du Nord Ă  "rĂ©tablir la confiance et reprendre le dialogue".

La Corée du Nord a nié toute responsabilité dans les explosions dans la DMZ, que Kim Yo Jong, considérée comme un des poids lourds du pouvoir nord-coréen, a qualifié de "farce auto-orchestrée" par le Sud.

- "Imbéciles de naissance" -

Selon un rapport du gouvernement sud-coréen publié mercredi, Séoul a obtenu une dérogation aux sanctions de l'ONU pour envoyer en novembre du matériel médical à la Corée du Nord, qui souffre depuis longtemps d'infrastructures de santé défaillantes.

Des analystes estiment que cette mesure permettrait à Séoul de fournir à la Corée du Nord une aide humanitaire, notamment des ambulances et des équipements de stérilisation médicale. Le Nord est depuis longtemps critiqué pour donner la priorité à l'armée au détriment des besoins de sa population.

Elizabeth Salmon, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Corée du Nord, a déclaré plus tÎt dans l'année que les pénuries alimentaires demeuraient une préoccupation humanitaire majeure dans le pays.

Mais Kim Yo Jong a déclaré jeudi que cette aide était une tentative de Séoul de se défaire de cette "farce auto-orchestrée" qui n'a pas abouti à la réaction escomptée. "Soit ils sont politiquement immatures, soit ils sont véritablement incorrigibles, des imbéciles de naissance", a conclu la soeur de Kim Jong Un.

Le ministre sud-coréen de la Réunification, Chung Dong-young, a également proposé à Pyongyang des discussions pour résoudre les problÚmes le long de la frontiÚre.

Mais Kim Yo Jong a déclaré jeudi que la position de son pays était "absolue et immuable" et que la Corée du Nord n'avait "rien à échanger ni à faire avec la ROK (Corée du Sud) et aucun besoin de la rencontrer en face à face".

Toute action de Séoul, qu'elle soit dictée par une "intention malveillante ou une bonne foi", sera "considérée comme un défi et une grave provocation à l'égard de la RPDC et une violation de sa souveraineté", a-t-elle ajouté.

Le contact est totalement rompu entre Séoul et Pyongyang depuis que, fin 2023, Kim Jong Un a officiellement renoncé à toute perspective de réunification de la Péninsule coréenne et qualifié la Corée du Sud "d'ennemi principal".

La CorĂ©e du Nord a depuis entrepris de fortifier sa partie de la DMZ, zone tampon de 4 km de large et d'environ 250 km de long, considĂ©rant la ligne de dĂ©marcation qui court en son milieu comme sa frontiĂšre avec un État hostile plutĂŽt que comme une ligne de sĂ©paration provisoire.

Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025 à Séoul, Lee Jae Myung multiplie les efforts pour tenter de renouer le dialogue avec le Nord, jusqu'à présent en vain.

AFP

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