Route du Rhum : Tom Laperche file vers une victoire record

  • PubliĂ© le 7 novembre 2026 Ă  18:25
  • ActualisĂ© le 7 novembre 2026 Ă  19:10
Tom Laperche navigue peu après le départ de la Route du Rhum de Saint-Malo, le 1er novembre 2026

Record de la traversée à la clef, le navigateur Tom Laperche (SVR Lazartigue) devrait remporter sa première Route du Rhum dans la nuit de samedi à dimanche à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), après une course maîtrisée de bout en bout.

Le benjamin de la classe Ultim a pris la tête de la flotte juste après le coup de canon dimanche à Saint-Malo et, à un peu moins de 250 kilomètres de l'arrivée, affiche samedi après-midi une avance plus que confortable d'environ 430 milles (environ 800 km) sur son premier poursuivant, Thomas Coville (Sodebo).

Selon les dernières estimations de son équipe de routage, le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2022 doit atteindre l'îlet de la Tête à l'Anglais aux alentours de 15h00 locales samedi, soit 20h00 en France, avant de rallier la ligne d'arrivée quelques heures plus tard.

"On continue d'avancer plutôt vite. Là, on est à 25 noeuds, c'est pas mal ! Ce qui est difficile, c'est que le vent est très instable. On a régulièrement des grains avec des rafales à 30 noeuds, alors qu'entre deux, on se retrouve plutôt à 15 ou 20", a expliqué le skipper de 29 ans à la vacation samedi.

Ancien protégé de François Gabart, qui lui a confié la barre de son trimaran géant il y a trois ans, Laperche doit arriver avant dimanche matin à 08H49 (heure de Paris) s'il veut battre le record établi en 2022 par Charles Caudrelier (6 jours et 19 heures).

- "S'appliquer jusqu'au bout" -

Mais, "après une semaine de fatigue accumulée, la gestion de la fin de course va être délicate. Trouver le bon curseur entre attaquer et préserver le matériel face aux pièges de la mer, c'est tout l'enjeu", a estimé Francis Le Goff, directeur de course.

Le contournement de la Guadeloupe et ses zones de dévent est la dernière difficulté majeure à négocier pour Laperche. En 2018, l'exercice avait coûté très cher à son mentor, qui s'était fait dépasser par Francis Joyon à deux milles seulement de l'arrivée.

"Je regarde d'assez près tous les virements de bord qu'on va avoir à faire, les effets du vent autour des îles, le passage des bouées et les trajectoires assez fines qu'il va falloir suivre (...), il va falloir tourner les bras", a prévenu Laperche, déterminé.

Thomas Coville, lui, est attendu à la célèbre bouée de Basse Terre vers 10H00 locales dimanche, soit 15H00 à Paris.

Malgré son expérience et sa ténacité, il n'a jamais pu véritablement inquiéter Laperche, qui disposait du bateau le mieux préparé de la flotte des Ultim pour une transatlantique, avec le Banque Populaire d'Armel Le Cléac'h.

- Tel père, tel fils -

Lancé aux trousses du SVR Lazartigue pendant le premier tiers de la traversée, Le Cléac'h a chaviré, comme en 2018, avant d'être secouru "en bonne santé" par un cargo panaméen.

Louis Burton (Armand Thiery) devrait compléter le podium en fin de week-end, une belle récompense pour sa première grande course à la barre d'un Ultim rendue possible par les abandons d'Actual et du Maxi Edmond de Rothschild sur avaries.

Après les maxi-trimarans, les autres classes de bateaux vont arriver par grappes à partir de mardi à Pointe-à-Pitre. Leader en Ocean Fifty, Basile Bourgnon (Edenred) pourrait imiter son père Laurent, vainqueur de la Route du Rhum en 1994 et 1998.

En Imoca (les monocoques de 18 mètres qui participent au Vendée Globe), Corentin Horeau (MACSF) a réalisé une course magnifique depuis le départ, s'extirpant de justesse d'un piège météo au nord-est des Açores, où tous les favoris se sont englués.

"Il a été super bon ! Il fallait prendre le risque et il l'a fait, ça a vraiment de la gueule", s'est enthousiasmé son concurrent Davy Beaudart (Bureau Vallée).
Avec plus de 360 milles d'avance (665 km) sur son premier poursuivant, il semble lui aussi avoir course gagnée.AFP

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