Grande-Bretagne

Solide et stable ? Theresa May face au terrorisme et aux polĂ©miques

  • PubliĂ© le 5 juin 2017 Ă  12:59
Theresa May en campagne Ă  Carlton prĂšs de Nottingham, le 10 mai 2017

"Solide et stable": c'est ainsi que Theresa May s'est présentée pour convaincre les Britanniques de la reconduire PremiÚre ministre.

Mais, à quatre jours des législatives et aprÚs trois attentats et des revirements de campagne, elle apparaßt beaucoup plus fragile.
Deux jours aprÚs le nouvel et sanglant attentat jihadiste samedi à Londres, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés, Theresa May n'en a pas moins maintenu le scrutin de jeudi, et annoncé dimanche la reprise de la campagne aprÚs une journée de suspension.
Au lendemain du choc du Brexit et aprÚs la démission de son prédécesseur conservateur David Cameron, elle lui a succédé en juillet 2016 aprÚs avoir su incarner une figure rassurante pour gérer les tumultes de la sortie de l'Union européenne.
"Brexit signifie Brexit", a répété à l'envi celle qui avait pourtant fait campagne du bout des lÚvres en faveur d'un maintien dans l'UE, signifiant qu'elle ne dérogerait pas à sa mission.
DeuxiÚme femme à accéder au poste de Premier ministre aprÚs Margaret Thatcher, Theresa May est une femme grande et mince de 60 ans, à l'allure patricienne, aux cheveux gris coupés court et aux yeux assortis.
Elle a convoqué les élections anticipées de jeudi -- aprÚs avoir promis à plusieurs reprises de ne pas le faire -- pour tenter de renforcer sa courte majorité parlementaire avant les difficiles négociations du Brexit.


- 'Une vantarde qui s'effondre' -


"Si j'Ă©tais assis Ă  Bruxelles et que je vous regardais en pensant que vous ĂȘtes celle avec qui je vais nĂ©gocier, je me dirais que vous ĂȘtes une vantarde qui s'effondre au premier signe de bataille", lui a lancĂ©, impitoyable, le commentateur vedette de la tĂ©lĂ©vision britannique, Jeremy Paxman, lors d'une Ă©mission diffusĂ©e sur Sky News et Channel 4, en l'attaquant sur ses revirements au cours de la campagne Ă©lectorale.
Elle s'est révélée peu à l'aise dans l'exercice, se bornant au minimum requis quant aux bains de foule et refusant un face à face télévisé avec son rival Jeremy Corbyn.
Souvent comparĂ©e Ă  son illustre prĂ©dĂ©cesseure "Maggie" Thatcher, Theresa May apparaĂźt plus proche d'une Angela Merkel, la chanceliĂšre allemande, avec qui elle partage le fait d'ĂȘtre fille de pasteur, conservatrice, pragmatique, mariĂ©e de longue date et sans enfant.
Elles ont cependant une attitude diamétralement opposée vis-à-vis de Donald Trump, Angela Merkel étant en opposition ouverte quand Theresa May le préserve, allant jusqu'à relever que "les contraires s'attirent".


- 'Difficile' mais 'bosseuse' -


Theresa Brasier est nĂ©e le 1er octobre 1956 Ă  Eastbourne, ville cĂŽtiĂšre du sud-est de l'Angleterre. AprĂšs des Ă©tudes de gĂ©ographie Ă  Oxford, oĂč elle rencontre son mari Philip, et un bref passage Ă  la Banque d'Angleterre, elle est Ă©lue en 1986 conseillĂšre du district londonien cossu de Merton avant de devenir en 1997 dĂ©putĂ©e conservatrice Ă  Maidenhead (sud de l'Angleterre).
De 2002 à 2003, elle devient la premiÚre femme secrétaire générale du parti conservateur.
En 2005, elle prĂȘte main forte Ă  David Cameron dans sa conquĂȘte du parti et est rĂ©compensĂ©e en 2010 en obtenant le portefeuille de l'IntĂ©rieur, qu'elle occupera jusqu'Ă  sa prise de pouvoir en 2016. Elle y tiendra une ligne trĂšs ferme, qu'il s'agisse des dĂ©linquants, des immigrĂ©s clandestins ou des prĂȘcheurs islamistes.
Présentée comme "une femme drÎlement difficile" par l'ex-ministre Kenneth Clarke, député conservateur, celle dont le classicisme vestimentaire est atténué par des chaussures fantaisie notamment léopard, est jugée "calme", "bosseuse", "réservée mais trÚs abordable" par ses administrés interrogés par l'AFP aprÚs son arrivée au pouvoir.
Une de ses collaboratrices, sous couvert de l'anonymat a salué "sa capacité de travail incroyable" et son "exigence", soulignant qu'"elle déteste le risque".
Pour tenter de corriger un déficit en chaleur humaine, elle a confié, lors d'une série d'interviews accordées avec son mari pendant la campagne, aimer notamment la marche et la cuisine et que l'artiste de rue Banksy n'était pas "sa tasse de thé".
En 2013, elle a rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre diabĂ©tique mais a insistĂ© sur le fait que ça n'affectait pas sa carriĂšre mĂȘme si elle est contrainte de s'injecter de l'insuline plusieurs fois par jour. Il faut "faire avec", avait-elle dit stoĂŻquement.

Par Ludovic EHRET - © 2017 AFP

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