Le président américain, Donald Trump, a annoncé jeudi qu'il excluait d'attaquer l'Iran avant les élections législatives du 3 novembre aux Etats-Unis, en assurant que Washington avait des "discussions productives" avec Téhéran.
Cette mise au point arrive aprÚs le bond des cours du pétrole jeudi en raison d'informations de presse évoquant justement de nouvelles frappes américaines avant les "midterms".
"Je veux signifier clairement Ă tout le monde que, alors que l'Iran est en trĂšs mauvaise posture, Ă©conomiquement et militairement, et alors mĂȘme que le blocus (amĂ©ricain sur les expĂ©dition iraniennes, ndlr) restera pleinement en vigueur, avec des nombres record de barils de pĂ©trole passant par le dĂ©troit d'Ormuz (...), nous n'attaquerons l'Iran Ă aucun moment avant les Ă©lections de mi-mandat", a Ă©crit le prĂ©sident amĂ©ricain sur son rĂ©seau Truth Social.
"Nous avons des discussions productives avec la République islamique d'Iran", a-t-il aussi ajouté, sans donner de détails.
Pour sa part, le prĂ©sident iranien, Massoud Pezeshkian, a indiquĂ© jeudi que son pays Ă©tait engagĂ© dans un dialogue, "mais Ă chaque fois que nous nĂ©gocions avec les ĂtatsâUnis, ils attaquent de nouveau", a-t-il dĂ©clarĂ©, selon la tĂ©lĂ©vision d'Ătat iranienne Irib.
Le magazine The Atlantic a lui rapportĂ© que la Maison Blanche avait demandĂ© au Pentagone d'Ă©laborer des options pour frapper des cibles iraniennes qui pourraient ĂȘtre utilisĂ©es avant les Ă©lections de mi-mandat.
Le New York Times a publié jeudi des informations similaires indiquant que ces plans étaient élaborés malgré "l'ambivalence" de M. Trump.
Ces informations ont fait flamber jeudi de plus de 4% le baril de Brent de la mer du Nord à 104,28 dollars, et le WTI américain de plus de 3,60 % à 91,49 dollars.
Plus de sept mois aprĂšs les premiĂšres frappes des Ătats-Unis et d'IsraĂ«l contre l'Iran, les pourparlers entre Washington et TĂ©hĂ©ran sont dans l'impasse.
- Pétrolier touché -
MalgrĂ© la conclusion d'un cessez-le-feu en avril, la signature d'un protocole d'accord en juin et des Ă©changes en marge de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU en septembre, les Ătats-Unis et l'Iran continuent de s'opposer sur le dĂ©troit d'Ormuz, profĂ©rant rĂ©guliĂšrement des menaces de nouvelles frappes.
Mercredi, l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a encore rapporté qu'un pétrolier naviguant au large du Qatar avait signalé avoir été touché "par de multiples projectiles" et a fait état d'un nombre indéterminé de victimes.
Aux Ătats-Unis, les Ă©lecteurs interrogĂ©s par des instituts de sondage manifestent un fort mĂ©contentement face Ă la hausse des prix des carburants, liĂ©e au conflit au Moyen-Orient.
Le prĂ©sident amĂ©ricain a affirmĂ© Ă plusieurs reprises ces derniĂšres semaines que les Ătats-Unis avaient remportĂ© la guerre contre l'Iran, malgrĂ© les troubles persistants et une rĂ©cente menace sĂ©curitaire qui a contraint au retrait de bombardiers amĂ©ricains d'une base en Angleterre.
Mais les déclarations de M. Trump selon lesquelles les prix baisseront dÚs la fin de la guerre contre l'Iran sont restées jusqu'ici lettre morte auprÚs des électeurs.
La physionomie des deux derniÚres années du mandat de Donald Trump sera en partie dessinée par ces élections de mi-mandat.
Le prĂ©sident amĂ©ricain a averti qu'il risquait une possible troisiĂšme mise en accusation si les dĂ©mocrates reprenaient le contrĂŽle de la Chambre des reprĂ©sentants, et la Maison Blanche se prĂ©pare Ă une sĂ©rie dâenquĂȘtes pour corruption et abus de pouvoir.
Le parti rĂ©publicain, celui du prĂ©sident rĂ©publicain, redoute de perdre en novembre le contrĂŽle de la Chambre des reprĂ©sentants, voire mĂȘme celui du SĂ©nat, l'autre composante du CongrĂšs amĂ©ricain.
Donald Trump s'investit trĂšs fortement dans la campagne et multiplie les meetings pour tenter de limiter la casse, voire de changer la tendance.
AFP


