Donald Trump a nommé vendresi son fidèle conseiller Stephen Miller, un représentant de la droite dure, au poste influent de directeur de cabinet de la Maison Blanche, indiquant une volonté de confrontation plus que de modération après la déroute de son parti aux élections de mi-mandat.
"La mission est plus claire que jamais : nous battre de toute notre âme pour soutenir le président et défendre cette magnifique république", a réagi le principal intéressé sur X.
Donald Trump a précisé sur son réseau Truth Social que Stephen Miller, 41 ans, prendrait lundi la place de l'actuelle directrice de cabinet, Susie Wiles, 69 ans, appelée à occuper d'autres fonctions dans l'orbite du milliardaire, hors du gouvernement.
"C'est un vrai battant. Il est avec moi depuis le début (...) et il est très loyal, intelligent", a déclaré le président américain à des journalistes.
Susie Wiles "a fait un excellent travail", a écrit le républicain de 80 ans sur son réseau, mais "je voulais faire un changement", a-t-il dit à la presse.
Pilote de la campagne 2024, Mme Wiles fait les frais du premier grand remaniement après la victoire éclatante mardi du Parti démocrate lors des élections de mi-mandat, interprétée comme un rejet en bloc des deux premières années du second mandat Trump, dont la brutale politique migratoire inspirée par Stephen Miller.
Dans un entretien à la chaîne CBS, qui sera diffusé dimanche, Donald Trump a laissé entendre que d'autres mouvements pourraient venir.
"J'aime mon cabinet (...) Mais je vais peut-être procéder à quelques changements", a-t-il déclaré dans un extrait de cet entretien diffusé vendredi.
Interrogé sur le cas de son ministre de la Défense, Pete Hegseth, fragilisé par son rôle dans la très impopulaire guerre en Iran, Donald Trump a assuré qu'il lui maintenait sa confiance.
- Chef d'orchestre -
"Mon engagement pour le président et sa mission ne changeront jamais", a écrit sur X Susie Wiles, première femme à occuper son poste, auquel elle a imprimé une certaine discipline, contrastant avec le chaos du premier mandat Trump.
Traitée récemment d'un cancer du sein, elle a annoncé en septembre être guérie.
Avec Susie Wiles, c'est aussi l'une des dernières femmes occupant de hautes responsabilités dans l'administration Trump qui part. Le président a déjà renvoyé une ministre de la Justice, une ministre à la Sécurité intérieure et une directrice du renseignement, toutes remplacées par des hommes.
Selon une source à la Maison Blanche, la directrice de cabinet a remis sa démission jeudi soir. Elle se trouvait dans une position précaire depuis un certain temps, selon les médias américains.
Le poste de "chief of staff" est hautement stratégique. Ce chef d'orchestre de l'action gouvernementale filtre les personnes ou informations parvenant au président.
L'arrivée de Stephen Miller a été immédiatement saluée par d'autres représentants de la droite dure au sein du gouvernement.
"Stephen Miller est un formidable patriote qui va faire de grandes choses", a écrit le vice-président JD Vance sur X.
M. Miller a pris la parole vendredi soir dans la résidence de M. Trump à Mar-a-Lago en Floride, devant un parterre de fidèles du Parti républicain.
"C'est l'honneur de ma vie que d'être le chef de cabinet du président Trump", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur le compte Truth Social du président. "Je vous le jure et je vous le promets, Monsieur le président, je vous offre ma loyauté absolue, mon engagement inébranlable et mon dévouement total à votre réussite et à la réussite de ce pays", a-t-il ajouté.
- "Sang sur les mains" -
Le quadragénaire, aux traits toujours tendus et à la parole souvent stridente, est le porte-voix à la Maison Blanche des identitaires qui décrivent l'immigration comme une menace existentielle pour l'Amérique, présentée comme une nation blanche chrétienne.
Les démocrates ont dénoncé sa nomination, en faisant valoir que les élections de mi-mandat avaient également été une condamnation des méthodes de la police de l'immigration, ICE, qui mène une campagne d'expulsions massives.
"Stephen Miller est un xénophobe dangereux et un extrémiste fou qui a du sang américain sur les mains", a protesté Hakeem Jeffries, meneur des démocrates à la Chambre des représentants.
AFP


