Gigantesque incendie dans le massif du MaĂŻdo

1 500 hectares en feu

  • PubliĂ© le 28 octobre 2011 Ă  11:50
Mercredi 26 Octobre 2011

Incendie au MaĂŻdo

La prĂ©fecture indique, ce vendredi 28 octobre 2011, dans un communiquĂ©, que 1 500 hectares ont Ă©tĂ© parcourus par le feu. Dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 octobre 2011, la situation s'est dĂ©gradĂ©e. Le feu, attisĂ© par un vent violent, a progressĂ© en direction du sud vers la forĂȘt des Makes et vers l'est atteignant le sommet des remparts de Cilaos. MĂ©tĂ©o France prĂ©voit un renforcement des vents ce vendredi. Ce qui risque de compliquer la tĂąche des pompiers. La prioritĂ© est donnĂ©e Ă  la lutte contre la propagation du feu sur le front sud pour tenter de prĂ©server la forĂȘt domaniale des Makes.

Ce vendredi au matin, une mission d'appui de la sĂ©curitĂ© civile est arrivĂ©e. Il s'agit d'un renfort de commandement de 3 personnes, spĂ©cialistes de la lutte contre le feu de forĂȘt. "200 autres militaires et sapeurs-pompiers mĂ©tropolitains sont en cours de mobilisation pour venir Ă©pauler et relayer les Ă©quipes rĂ©unionnaises", prĂ©cise la prĂ©fecture. Au total, plus de 400 personnels luttent toujours contre le sinistre et 8 hĂ©licoptĂšres sont engagĂ©s sur zone, dont 4 hĂ©licoptĂšres bombardiers d'eau. Les agents de l'ONF, renforcĂ©s par les FAZSOI, les agents communaux de Saint-Louis, Saint-Leu, s'emploient Ă  ouvrir des pistes et construire des pare-feux.

La prĂ©fecture souligne que "l'engagement d'un Dash 8 (avion bombardier d'eau - ndlr) Ă  La RĂ©union a Ă©tĂ© expertisĂ© par la direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© civile et de la gestion des crises". UtilisĂ© dans la lutte contre les feux de forĂȘt pour l'attaque indirecte des feux, le Dash est un avion bombardier d'eau lourd. Son action consiste Ă  larguer des barriĂšres de 10 tonnes de produit retardant, qui permet de multiplier par 10 le pouvoir d'extinction de l'eau et d'Ă©viter la reprise du feu. Mais, selon la prĂ©fecture, La RĂ©union, ne disposant pas d'infrastructures adaptĂ©es, les pĂ©licandrĂŽmes avec retardant, le Dash 8 ne pourrait que ravitailler et larguer de l'eau. "Son utilitĂ© serait limitĂ©e. C'est d'ailleurs le bilan dressĂ© aprĂšs son emploi au MaĂŻdo en 2010. Appareil peu maniable compte tenu de son gabarit, le Dash 8 ne peut pas procĂ©der Ă  des largages de prĂ©cision dans des zones accidentĂ©es, contrairement aux hĂ©licoptĂšres", explique la prĂ©fecture.

Compte tenu des conditions mĂ©tĂ©o, cette journĂ©e risque de ne pas ĂȘtre favorable Ă  une baisse d'intensitĂ© du feu. MĂ©tĂ©o France prĂ©voit de fortes rafales de vent soufflant cette fois au nord. Ce qui aurait pour consĂ©quence de pousser les flammes vers le secteur qui a dĂ©jĂ  brĂ»lĂ© en 2010 et donc d'agrandir encore la zone de ce gigantesque incendie. "Nous sommes en phase critique" ne cachait pas ce vendredi matin, le colonel Boucheron, officier commandant le dĂ©tachement des sapeurs pompiers prĂ©sents sur place. ‹‹

Jeudi soir déjà il soulignait la complexité du travail des soldats du feu qui doivent s'adapter en permanence à "la configuration changeante du sinistre". Il ajoutait "nous n'avons aucune certitude. Nous sommes obligés de recalibrer nos interventions en permanence. La situation est trÚs complexe et il est maintenant évident que nous engageons un combat de longue haleine".

Présent sur les lieux ce jeudi matin, le préfet de La Réunion, a convié le président du conseil régional et la présidente du conseil général ainsi que les maires des communes concernées par l'incendie "afin, d'une part, de les informer de la situation, et d'autre part, d'envisager dÚs maintenant les suites qu'exige cet incendie exceptionnel".

Rappelons par ailleurs que selon l'enquĂȘte menĂ©e par les gendarmes, l'origine criminelle du sinistre ne fait aucun doute. Ce sont des personnes "connaissant bien la rĂ©gion et trĂšs au fait des techniques de lutte contre l'incendie" qui ont dĂ©clenchĂ©, ce mardi aprĂšs-midi, les six dĂ©parts quasi simultanĂ©s de feu (dont trois dans le massif du MaĂŻdo), indiquent les enquĂȘteurs. Les auteurs de ces faits sont activement recherchĂ©s. Ils risquent jusqu'Ă  15 ans de prison.

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