L'annonce faite par la RĂ©gion de l'abandon du projet tram-train, le 31 mai dernier, ne laisse pas indiffĂ©rents les syndicats et les politiques. Du cĂŽtĂ© de la CGTR, Jacky Balmine se dit "choquĂ©" par l'absence de Didier Robert "pour une dĂ©cision si importante". L'Alliance, par la voix de Pierre VergĂšs, parle de "gĂąchis". Les Verts jugent qu' "un projet de rail, mĂȘme amendĂ©, Ă©tait nĂ©cessaire pour l'avenir de La RĂ©union". Le PS "prend acte de la dĂ©cision de la majoritĂ© rĂ©gionale". Une interrogation est partagĂ©e par tous : "Que va proposer le prĂ©sident de RĂ©gion dĂ©sormais ?". Du cĂŽtĂ© Tram'Tiss, groupement qui Ă©tait chargĂ© de la mise en ?uvre du projet tram-train, on se donne "1 mois pour rĂ©flĂ©chir aux actions qui suivront cette annonce".
Inouk Moncorgé, président du groupement Tram'Tiss : "Nous prendrons le temps d'analyser le courrier qui nous a été adressé par la Région pour en tirer les conséquences. Tram'Tiss étant une société par action simplifiée, nous devons au préalable informer nos actionnaires et les consulter. Nous avons un délai de deux mois si nous voulons intenter une action. Mais je pense que nous serons fixé dans un mois. Dans ce courrier, la Région affirme que nous n'avons demandé ni la prolongation du délai de réalisation de la condition suspensive, ni formulé aucune proposition. La collectivité semble avoir oublié nos courriers du 13 avril et du 5 mai dans lesquels nous leur demandons une réunion pour discuter d'un nouveau projet de tram-train. Et il revient au conseil régional de demander la prolongation du délai, pas à nous".Jacky Balmine, secrétaire général à la CGTR BTP : "L'heure n'est pas au rÚglement de compte. La Région a pris une décision, je la respecte. Maintenant qu'ils ont enterré un projet de prÚs de 2 milliards d'euros, il faut que les élus nous disent ce qu'ils vont mettre en place pour aider le secteur du BTP immédiatement. J'entends souvent qu'il n'y a pas que le bùtiment à La Réunion. C'est vrai, mais il ne faut pas oublier que jusqu'à récemment, c'était le secteur le plus porteur sur l'ßle. Aujourd'hui, les entreprises meurent à petit feu et rien n'est fait. C'est pour cela que nous demandons une table ronde avec l'ensemble des acteurs économiques et politiques. Je tiens aussi à dire que je suis choqué par l'absence de Didier Robert pour une décision si importante".
Hermann Elise, président du syndicat Vigilance des Terrassiers de La Réunion : "Je m'attendais à cette décision. à mon sens, il ne souhaite pas faire le tram-train parce que ce n'est pas son projet mais celui de l'ancienne majorité. C'est une catastrophe, il tue les entreprises réunionnaises. Je n'abandonnerai pas. Si à un moment j'ai des difficultés avec les banques, je viendrai devant le conseil régional me faire entendre. Ce sont ces élus qui me mettent dans une situation difficile. Et cette fois-ci, je ne me contenterai pas de garer mon camion sur le trottoir".
La FĂ©dĂ©ration rĂ©unionnaise du BTP n'a pas souhaitĂ© s'exprimer sur le sujet "pour l'instant". Une position devrait ĂȘtre arrĂȘtĂ©e ce mercredi 2 juin Ă l'issue d'une rĂ©union du conseil d'administration.
Eric Magamootoo, président de la chambre de commerce, est actuellement hors du département. Contacté par téléphone, il n'a pas souhaité s'exprimer. Le responsable de la chambre consulaire, qui avait appelé à voter Didier Robert entre les deux tours, puis avait rappelé l'importance pour La Réunion du projet tram-train, invoque aujourd'hui son "devoir de réserve"... Il a néanmoins confirmé qu'une table ronde sera organisée à la CCIR le 25 juin prochain, conformément à la demande des syndicats du BTP.
Pierre VergĂšs, membre de l'Alliance et ancien conseiller rĂ©gional en charge du projet tram-train : "Cette dĂ©cision n'est pas une surprise. La dĂ©fiance de Didier Robert Ă l'Ă©gard du tram-train est constante depuis son Ă©lection. Le 15 avril dernier, il s'est fĂ©licitĂ© de la renĂ©gociation de l'Accord de Matignon et de la rĂ©affectation des sommes prĂ©vues pour le tram-train. Il a fait tout ce qu'il ne fallait pas faire. La clause incluse dans le contrat entre la RĂ©gion et Tram'Tiss prĂ©voyait que la collectivitĂ© accomplirait toutes les dĂ©marches nĂ©cessaires pour obtenir le rallongement financier de l'Etat. Si elle n'y parvenait pas, le contrat devenait caduc. C'est ce que Didier Rober aurait dĂ» faire. Une fois le refus de l'Etat confirmĂ©, il aurait pu renĂ©gocier le protocole. Au regard de son attitude, je ne pense pas qu'il pourra opposer le courrier de refus du Premier ministre du 27 mai dernier si Tram'Tiss engage un contentieux, ce que je ne souhaite pas. Mais je tiens Ă dire qu'en aucun cas, l'ancienne majoritĂ© n'est responsable de ce gĂąchis. Si le courrier de François Fillon datĂ© du 27 mai Ă©tait de la mĂȘme teneur de celui du 30 novembre 2009, nous n'aurions jamais signĂ© ce contrat avec Tram'Tiss. Le chef du gouvernement avait laissĂ© la porte ouverte Ă l'Ă©poque. Nous avons donc Ă©tabli le partenariat tout en gardant une certaine sĂ©curitĂ© en ajoutant cette clause suspensive. DĂ©sormais, nous attendons des solutions alternatives susceptibles d'aider Ă la relance du BTP et de sortir La RĂ©union du tout-voiture".
Alain Erpeldinger, porte-parole des Verts RĂ©union : "Les Verts ont toujours Ă©tĂ© pour le tram-train mais dans une version amendĂ©e. Nous estimons que le coĂ»t du projet pouvait ĂȘtre revu Ă la baisse. Aujourd'hui le dĂ©faut de financement a provoquĂ© l'arrĂȘt du projet. Il faut dĂ©sormais que la RĂ©gion propose autre chose mais il faut un train immĂ©diatement".
Monique Orphé, conseillÚre régionale PS : "Nous prenons acte de la décision de la majorité régionale de mettre fin au projet tram-train. La population était majoritairement favorable à ce projet. Mais il ne pouvait pas se faire sans financement. La lettre du Premier ministre datant du 27 mai est claire. L'Etat ne participant pas, le tram-train est enterré. Il faudrait désormais trouver un projet alternatif avec la mise en place d'un réel transport en commun en site propre pour éviter le coma circulatoire. Nous attendons de voir ce que proposera Didier Robert. Ses propositions actuelles sont trop floues. Il faut qu'il apporte de la clarté dans son discours".
