Recueillement et médiation

L'animal de compagnie, ami et remĂšde

  • PubliĂ© le 12 septembre 2015 Ă  05:00
Animascottes

Du recueillement à la médiation animale, Patricia Jacquet est spécialisée dans le milieu animalier. Elle a créé sa propre structure baptisée les "Animascottes" et propose séances avec des autistes ou handicapés autour de petits animaux. Son moteur : l'amour de ses boules de poils qui l'a poussée à se former en massage canin et à organiser une prévention contre les morsures.

Entre ses cheveux rapidement attachĂ©s et ses vĂȘtements pratiques, Patricia Jacquet ne cherche pas Ă  ĂȘtre coquette, et pour cause : juste derriĂšre elle, une petite chienne au regard malicieux et aux poils brillants la suit avec enthousiasme et n'hĂ©site pas Ă  sauter sur ses genoux ou Ă  se frotter affectueusement contre elle. A 55 ans, Patricia Jacquet consacre sa vie aux animaux de compagnie. Une passion dĂ©sormais devenue un mĂ©tier. Dans sa maison situĂ©e sur les hauteurs de Saint-Marie, elle a dĂ©jĂ  recueilli une dizaine d’animaux. "Avec ma famille, on a commencĂ© par recueillir des chiens ou chats, et on avait eu l’idĂ©e de garder des animaux dont les propriĂ©taires Ă©taient en vacances ou Ă  l’hĂŽpital" se remĂ©more la chef d’entreprise.

Elle est effectivement Ă  l’origine d’une structure baptisĂ©e les "Animascottes". Aujourd’hui, le coeur de travail de l’entreprise est la mĂ©diation animale. Le concept : faire intervenir un animal, que ce soit un chien, chat ou petit rongeur auprĂšs d’une personne fragilisĂ©e. Patricia Jacquet prĂ©cise le dĂ©roulement des sĂ©ances : "On fait intervenir un animal pour apporter un mieux-ĂȘtre au patient, ça peut ĂȘtre un enfant polyhandicapĂ© ou un malade d’Alzheimer". S’opĂšre une relation en triade entre le patient, l’animal et Patricia. Cette derniĂšre se remĂ©more l’une de ses sessions avec un adulte trisomique. "Il ne voulait pas toucher les animaux et je suis donc intervenue avec un lapin, il y avait une couverture sur l’animal pour qu’il puisse y aller progressivement" relate l’animatrice.

En ce qui concerne l’impact sur le patient, il peut ĂȘtre "d’ordre Ă©motionnel". L’animal devient alors "une porte pour renouer avec le lien social" et peut Ă©galement "combler un manque affectif". Cette activitĂ©, que Patricia Jacquet lance cette annĂ©e, peut s’inscrire dans le cadre de thĂ©rapies auprĂšs de personnes aux capacitĂ©s motrices ou psychologiques touchĂ©es. La crĂ©atrice des Anismacottes tient Ă  souligner que la mĂ©diation animale nĂ©cessite des "connaissances pratiques et thĂ©oriques de l’univers animalier".

"Nous ne remplaçons pas le vétérinaire ni les ostéopathes"

Ancienne conseillĂšre en insertion sociale et professionnelle, Patricia Jacquet a toujours gardĂ© sa passion Ă  l’esprit... et en pratique. Elle reçoit en premier lieu une habilitation de la direction des services vĂ©tĂ©rinaires de la prĂ©fecture avant de sauter la mer Ă  la fin de l’annĂ©e 2014 pour se former en mĂ©diation animale dans deux instituts. "J’ai Ă©tĂ© briefĂ©e dans le sens thĂ©orique et pratique Ă  travers des stages, notamment sur l’éducation des chiens mĂ©diateurs" indique t-elle. Incollable sur les comportements des animaux de compagnie, elle reçoit son certificat. 

Cerise sur le gĂąteau, elle suit une formation sur le massage canin avec un spĂ©cialiste amĂ©ricain. Une pratique peu connue sĂ»r l’üle, et similaire au massage "humain". Il s’agit de dĂ©tendre les muscles du chien et de le relaxer en cas de stress. La pratique s’adresse Ă  tous les chiens, notamment ĂągĂ©s ou en situation post-opĂ©ratoire. Patricia le rĂ©alise rĂ©guliĂšrement sur un de ses propres chiens, privĂ© d’une patte arriĂšre droite. Elle prĂ©cise : "Je n’interviens que sur les directives du vĂ©tĂ©rinaire, je n’interviens jamais sans ordonnance, nous sommes lĂ  pour favoriser le mieux ĂȘtre du chien mais pas pour remplacer le vĂ©tĂ©rinaire ni les ostĂ©opathes".

MĂ©diation animale, massage canin : les Anismacottes ont autant Ă  coeur le bien ĂȘtre des animaux que leur formation. Un des chiens de Patricia, Joudy, a d’ailleurs "deux casquettes". La chef d’entreprise commente en souriant : "Joudy a huit mois, elle est toute jeune, elle sera opĂ©rationnelle plutĂŽt en fin d’annĂ©e, elle est Ă  la fois chargĂ©e des relations publiques et elle pourra intervenir sur le terrain".

Comprendre les bons codes canins

Le futur terrain souhaitĂ© par l’animatrice est d’abord le milieu scolaire. Elle souhaite effectivement intervenir sur un autre sujet qui lui est cher, la prĂ©vention des morsures. Un livret intitulĂ© "Ian et compagnie" est prĂ©vu afin de rendre compte des risques principaux et des comportements Ă  adopter. "L’idĂ©e, c’est de comprendre le langage des chiens et connaĂźtre les bons codes car les morsures sont souvent provoquĂ©es par des erreurs de langage canin" dĂ©plore t-elle. Avec ses boules de poils, Patricia espĂšre ainsi mettre en place des ateliers de sensibilisation auprĂšs des enfants de trois Ă  cinq ans afin des les Ă©duquer sur ce thĂšme. Selon elle, la majoritĂ© de ces morsures peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e : "60 % des morsures se font par des animaux connus des victimes, cela dĂ©montre bien les erreurs de positionnement des propriĂ©taires" illustre t-elle.

L’association a tenu un stand au salon Zanimos : l’occasion de rencontrer des enfants et professionnels intĂ©ressĂ©s. Si la mĂ©diation animale, le massage canin ou encore la prĂ©vention des morsures peuvent ĂȘtre proposĂ©es par des associations, Patricia Jacquet est sans doute la seule professionnelle Ă  proposer l’ensemble de ces activitĂ©s. Elle espĂšre pouvoir intervenir auprĂšs des Ă©coles ou personnes ĂągĂ©es cette annĂ©e, au plus tĂŽt. "Les RĂ©unionnais s’intĂ©ressent Ă  ce genre de service, mais il faut les sensibiliser pour qu’ils puissent faire appel Ă  nous" estime l’animatrice. Ce qui est sĂ»r, c’est que cĂąliner un chien ou un chat n’a jamais fait de mal Ă  personne... et pourrait bien faire office de remĂšde au manque affectif et Ă  la solitude.

Maëva Pausé pour www.ipreunion.com

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1 Commentaires
Domdedom
Domdedom
11 ans

Belle initiative. Je lui souhaite le succĂšs.