Santé

Zika: pas de raison de paniquer en Europe et aux Etats-Unis

  • PubliĂ© le 11 avril 2016 Ă  18:44
Une mÚre et son enfant devant un panneau expliquant le virus de Zika, à Tegucigalpa, au Honduras, le 26 février 2016

Avec l'Ă©tĂ© qui approche dans l'hĂ©misphĂšre nord, Zika pourrait se frayer un chemin vers l'Europe et les États-Unis, ont averti lundi des experts rĂ©unis Ă  Amsterdam, mais les infections dues Ă  ce virus y seront localisĂ©es et de courte durĂ©e. Il n'y a aucune raison de paniquer et il serait inutile de dĂ©pister systĂ©matiquement les voyageurs au retour d'un pays oĂč sĂ©vit l'Ă©pidĂ©mie, selon des mĂ©decins et des scientifiques participant Ă  la confĂ©rence europĂ©enne sur les maladies infectieuses.

Transmis par la piqûre des moustiques Aedes aegypti, présents en Amérique latine et dans les Caraïbes, le virus Zika est tenu pour responsable de nombreux cas de malformations congénitales chez les nourrissons, notamment la microcéphalie (malformation de la boßte crùnienne) et de maladies neurologiques rares chez les adultes.

"Le sud des États-Unis et l'Europe mĂ©ridionale sont Ă  risque", a expliquĂ© Ă  l'AFP Eskild Petersen, professeur de mĂ©decine tropicale Ă  l'universitĂ© danoise d'Aarhus en marge de la confĂ©rence. Cependant, il a soulignĂ© que le risque de transmission ne devait pas ĂȘtre exagĂ©rĂ©. "C'est une maladie qui, dans la grande majoritĂ© des cas, est une maladie virale bĂ©nigne." De rares cas de transmission du virus par voie sexuelle ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© enregistrĂ©s.

En Europe, la menace potentielle provient de l'Aedes albopictus (moustique tigre), qui a commencé à se répandre en Europe du Sud il y a environ 25 ans. La transmission du virus par le moustique tigre a été démontré en laboratoire mais pas encore chez l'homme. Existe-t-il un réel risque pour l'Europe? "Non, je ne le pense pas", a déclaré Jean-Paul Stahl, expert des maladies infectieuses au Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble en France. "Le vecteur (le moustique) est présent dans les régions méditerranéennes, mais nous n'avons pas le virus. Pas encore", a-t-il précisé.

Il y a un risque que "quelques petits foyers" se développent autour d'un cas importé", a-t-il ajouté, "mais je ne pense pas, à ce stade, que le virus s'installe en Europe".

Le principal dĂ©fi, selon Eskild Petersen, va ĂȘtre d'empĂȘcher que le sang infectĂ© par le virus Zika contamine les banques de sang et soit administrĂ© Ă  un patient avec une faible protection immunitaire. Selon Nick Beeching de la Liverpool School of Tropical Medicine, il est difficile de prĂ©dire la menace Ă  partir des donnĂ©es disponibles.

Il reste beaucoup de choses à découvrir sur Zika: combien de temps peut-il resté caché dans un corps humain, le niveau du risque de transmission sexuelle, et les maladies qu'il peut causer.

"Nous pensons que Zika est principalement transmis par les moustiques vecteurs de la dengue et des infections similaires, c'est pourquoi nous croyons qu'il ne va probablement pas ĂȘtre un gros problĂšme dans les pays oĂč ces moustiques n?existent pas", a dĂ©clarĂ© Nick Beeching. Mais "nous ne sommes pas sĂ»rs", a-t-il ajoutĂ©.

Des études sont en cours pour définir si d'autres moustiques peuvent transmettre le virus.
Eskild Petersen a indiquĂ© qu'il pouvait aussi y avoir un risque de propagation du virus en Afrique, oĂč Zika a Ă©tĂ© identifiĂ© en Ouganda en 1947.

Si le virus a évolué génétiquement, cela pourrait signifier que les populations originaires d'Afrique tropicale - qui pouvaient à l'origine avoir été immunisées - ne le sont plus. "Le dernier rapport que j'ai lu indique qu'il (Zika) a été identifié sur les ßles du Cap-Vert qui sont à mi-chemin entre le Brésil et l'Afrique", a précisé Eskild Petersen. Mais le chercheur souligne que le dépistage systématique de tous les voyageurs en provenance d'Amérique du Sud est "absolument impossible" et ne serait pas la solution.

"EnormĂ©ment d'avions arrivent en Europe chaque jour en provenance d'AmĂ©rique du Sud. Et si des personnes veulent Ă©viter tout dĂ©pistage, il leur suffit de prendre du paracĂ©tamol une demi-heure avant l'atterrissage pour ne pas ĂȘtre dĂ©clarĂ© fiĂ©vreux."

AFP

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