Les six des 7 guides de la Boutique "Tafia et Galabé ", intégrée à la distillerie de Savanna, à Bois-Rouge, continuent leur mouvement de grÚve ce mercredi 04 novembre 2009, soutenues par la CGTR, l'association Agir Pou Nout Tout et l'Union des femmes réunionnaises (UFR). Une réunion de négociation a été annulée ce mardi 03 novembre. La direction s'est alors engagée à revenir vers les grévistes dÚs ce mardi afin de fixer un nouveau rendez-vous. Les six femmes attendent encore. Si la direction ne donne pas de nouvelle d'ici à ce soir, les salariées grévistes envisageront de nouvelles actions.
Suite Ă la demande des grĂ©vistes de discuter en prĂ©sence d'une personne neutre capable de dresser un procĂšs verbal des nĂ©gociations, la direction a du reporter la rĂ©union qui Ă©tait prĂ©vue ce mardi 03 novembre, "faute d'avoir un greffier Ă disposition". "Leurs exigences sont dĂ©mesurĂ©es. Nous aurions pu commencer Ă nĂ©gocier, et en cas de blocage nous aurions fait appel Ă un mĂ©diateur. J'Ă©tais ouvert aux nĂ©gociations", dĂ©clare le directeur de la boutique "Tafia et GalabĂ©". En revanche, M. Broc ne souhaite plus nĂ©gocier pour l'heure : "nous ne pouvons avoir une discussion saine sous la contrainte. Or les grĂ©vistes bloquent illĂ©galement l'entrĂ©e de magasin et ce n'est pas tolĂ©rable". Une affirmation que rĂ©fute formellement les salariĂ©es concernĂ©es. "Nous gĂȘnons, bien sĂ»r. Lorsque des touristes passent, nous leur faisons part de nos revendications. Mais jamais nous n'avons bloquĂ© leur passage dans la boutique", rĂ©pond Sandrine Honorine, porte-parole des grĂ©vistes.Trois points de revendications relatives aux conditions de rĂ©munĂ©ration et de travail motivent les six femmes guides de la boutique "Tafia et GalabĂ©", en grĂšve depuis ce lundi 02 novembre.
Tout d'abord, les grĂ©vistes affirment n'avoir pas Ă©tĂ© payĂ© Ă la hauteur des engagements pris par la direction. Une enquĂȘte menĂ©e par l'inspection du travail confirme l'irrĂ©gularitĂ© du paiement effectuĂ© depuis l'embauche de ces intĂ©rimaires en juillet dernier. Leur contrat de travail stipule un temps plein rĂ©munĂ©rĂ© sur une base salariale mensuelle tandis qu'elles ont Ă©tĂ© payĂ©es en fonction du nombre d'heures travaillĂ©es, qui correspond plus Ă un temps partiel. Deux grĂ©vistes ont d'ores et dĂ©jĂ saisi les prud'hommes et les quatre autres sont en cours d'Ă©laboration de leur dossier. La direction affirme donc, pour l'heure, son souhait de laisser la justice trancher.
DeuxiĂšme point du litige, ces guides, chargĂ©es de faire visiter l'usine de sucrerie et la distillerie de Savannah, affirment ne pas avoir Ă©tĂ© formĂ©es aux gestes de sĂ©curitĂ© en cas d'incendie ou mĂȘme d'accident. Une plainte que la direction dit ne pas comprendre : "une formation lors d'une campagne de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© dispensĂ©e au moins Ă cinq des six grĂ©vistes". Une rĂ©ponse que conteste les grĂ©vistes. "Je ne sais pas de quoi parle M. Broc ! Nous avons bien eu une visite de l'usine menĂ©e par une responsable de la sĂ©curitĂ© le temps d'une journĂ©e, mais elle ne nous a enseignĂ© aucun geste de base. Elle s'est contentĂ©e de nous montrer les machines", prĂ©cise Sandrine Honorine.
Le dernier point de discorde concerne le responsable commercial, accusĂ© d'avoir usĂ© de "mĂ©thodes douteuses", notamment par le biais de "chantages et de pressions" effectuĂ©es sur les employĂ©es. Sur ce dernier point les grĂ©vistes ne se montrent pas disposĂ©es Ă transiger. "Nous ne retournerons pas travailler tant qu'il sera dans les bureaux", insiste la porte-parole. M Broc affirme soutenir "a priori" ce responsable commercial et attend des grĂ©vistes qu'elles apportent les preuves de leurs accusations. L'annĂ©e derniĂšre, 13 femmes guides avaient accusĂ© ce mĂȘme homme de harcĂšlement moral et sexuel, mais les plaintes n'avaient pas abouti faute de preuve.

