La difficulté pour les travailleurs handicapés de s'insérer dans le monde du travail n'est pas une nouveauté en France. Malgré tout, la politique des quotas instaurée dans la fonction publique a permis une certaine progression. Mais on est encore loin des 6% imposés par la loi du 10 juillet 2005. à La Réunion, sur les 3 derniÚres années, on est passé de 1,41% de travailleurs handicapés et assimilés dans la fonction publique en 2006 à 2,88% en 2008. Mais les chiffres restent en dessous de la moyenne nationale qui est de 4,38%. Pour atteindre ces objectifs, une convention triennale, pour un montant de 485 000 euros, a été signée le 4 novembre dernier entre le centre de gestion de la fonction publique territoriale (CDG) et le fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP).
En signant cette convention, le CDG s'engage Ă accompagner les collectivitĂ©s locales pour qu'elles favorisent l'emploi des personnes handicapĂ©es. L'objectif Ă©tant de 50 recrutements par an sur 3 ans. La fonction publique territoriale reste la plus mauvaise Ă©lĂšve avec 2,07% de travailleurs handicapĂ©s. Suivi de la fonction publique d'Etat avec 3,09%. La fonction publique hospitaliĂšre atteint quasiment les 6%, puisqu'en 2008, 5,58% de son effectif Ă©taient des bĂ©nĂ©ficiaires de l'obligation d'emploi. Un chiffre qui s'explique par les 143 reclassements qu'elle a effectuĂ© en interne. "L'employeur public a deux solutions, soit il recrute, soit il reclasse les salariĂ©s reconnus comme travailleurs handicapĂ©s en interne", prĂ©cise Sophie Tiano, dĂ©lĂ©guĂ©e rĂ©gionale du FIPHFP.Plus gĂ©nĂ©ralement, l'an dernier, sur les 29 990 agents employĂ©s par les 55 employeurs publics de l'Ăźle, assujettis Ă l'obligation d'emploi, 723 Ă©taient bĂ©nĂ©ficiaires de l'obligation d'emploi contre 495 l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. "Pour atteindre le taux d'obligation lĂ©gale de 6%, les trois fonctions publiques devraient recruter 931 personnes handicapĂ©es supplĂ©mentaires", prĂ©cise Sophie Tiano, dĂ©lĂ©guĂ©e rĂ©gionale du FIPHFP. Les chiffres parlent d'eux mĂȘmes, le quota des 6% est loin d'ĂȘtre atteint.
Pour autant, plusieurs facteurs ralentissent cette insertion. Tout d'abord, souligne Sophie Tiano, dĂ©lĂ©guĂ©e rĂ©gionale du FIPHFP, "il y a une inadĂ©quation entre les offres d'emplois et les qualifications des demandeurs d'emploi. Les freins Ă l'embauche sont aussi culturels. Et Cap emploi a pour rĂŽle de rĂ©tablir l'Ă©quilibre". Michel Dennemont prĂ©sident du CDG fait le mĂȘme constat : "les collectivitĂ©s sont presque Ă la recherche de travailleurs handicapĂ©s pour atteindre les quotas et Ă©viter une amende, mais il faut trouver les personnes qui correspondent au poste". "Mais nous avons dĂ©couvert qu'il y a des situations Ă amĂ©liorer au sein mĂȘme des collectivitĂ©s. GrĂące Ă la convention, nous allons crĂ©er un rĂ©seau de prĂ©vention et de mĂ©decins, afin de procĂ©der Ă un reclassement en interne et ainsi maintenir dans l'emploi des agents sur des postes adaptĂ©s au handicap", annonce le prĂ©sident du CDG.
A noter que les fonds du FIPHFP sont alimentés par les contributions versées par les employeurs qui n'atteignent pas le taux d'emploi légal. En 2010 à la Réunion, les contributions se sont élevées à 2,7 millions d'euros.
Julie Fioretti pour
