La systématisation du suivi mensuel personnalisé (SMP) des demandeurs d'emplois a déclenché la colÚre des agents de l'ANPE. Les syndicats nationaux ont appelé à une journée d'action pour ce mardi 13 juin 2006. à La Réunion, l'appel à la grÚve a été relayé par l'intersyndicale CGTR - FO - SNU - CFDT. Les grévistes se sont rassemblés dans la matinée devant les agences de Sainte-Clotilde et de Saint-Louis. Le fonctionnement des ANPE a été plus ou moins perturbé dans les 15 agences de l'ßle. Les grévistes réclament une adaptation du dispositif SMP à la réalité de la situation réunionnaise
Selon les nouvelles dispositions rĂ©glementaires rĂ©cemment adoptĂ©es par l'Ătat le SMP est applicable aux demandeurs d'emplois des catĂ©gories 1, 2 et 3. C'est-Ă -dire aux personnes sans emploi recherchant un travail dans l'immĂ©diat (les autres catĂ©gories regroupent des demandeurs d'emplois en poste voulant changer de travail, passer d'un temps plein Ă un temps partiel etc). Le nouveau dispositif implique une rencontre mensuelle obligatoire "en face Ă face" entre le demandeur d'emploi et un agent, toujours le mĂȘme, assurant le suivi de son dossier.Le SMP a vocation Ă humaniser les rapports entre chĂŽmeurs et salariĂ©s de l'ANPE, Ă mieux cerner le profil et la demande de chaque demandeur d'emploi et donc Ă lui proposer de postes, des formations ou des stages lui donnant le plus de chances d'insertion. Le problĂšme, selon les syndicats nationaux, est que le dispositif alourdit encore les conditions de travail dĂ©jĂ fortement marquĂ©es par "un Ă©vident manque d'effectif".
250 chĂŽmeurs POUR 1 agent
Ă La RĂ©union," la situation est encore plus prĂ©occupante", estime LoĂŻc Brown, dĂ©lĂ©guĂ© CGTR de l'ANPE RĂ©union. Il explique que sur les 513 agents, 350 sont affectĂ©s Ă la rĂ©ception du public. "Sachant que 90 000 demandeurs d'emploi sont inscrits dans les catĂ©gories 1, 2 et 3, nous devrons recevoir entre 200 et 250 personnes par mois. C'est Ă©norme" remarque-t-il avant d'ajouter, "en mĂ©tropole, chaque agent doit recevoir entre 100 et 150 personnes et les collĂšgues estiment, Ă juste titre, que cela n'est pas possible". L'intersyndicale demande donc que le SMP soit adaptĂ© Ă la rĂ©alitĂ© rĂ©unionnaise; "Nous sommes compĂ©tents et consciencieux. Nous sommes en mesure de dĂ©terminer Ă quel moment un usager doit ĂȘtre reçu "en face Ă face" ou lorsqu'il suffit d'une conversation tĂ©lĂ©phonique pour rĂ©gler un problĂšme ou rĂ©pondre Ă une question" lance Christophe QuĂ©land, dĂ©lĂ©guĂ© confĂ©dĂ©ral CGTR. "Appliquer un dispositif de maniĂšre mĂ©canique sans tenir compte de la rĂ©alitĂ© de terrain a d'autant moins de sens que cela va dĂ©sorganiser les services, sans que nous ayons, pour autant, les moyens d'apporter des rĂ©ponses aux problĂšmes spĂ©cifiques des usagers. C'est d'ailleurs d'abord de cela qu'il faudrait se prĂ©occuper" commente LoĂŻc Brown.
"Totalement inadapté"
Les deux syndicalistes rappellent en effet que depuis janvier 2006, les ASSEDIC ne participent plus au financement des formations pour les demandeurs d'emploi des catégories 1, 2 et 3. Jusqu'à présent cet organisme prenait en charge 30% du montant de la formation, le reste étant payé par la Région. "Nous ne savons pas si le conseil régional va maintenir cette enveloppe. Du coup lorsqu'un usager vient nous voir pour une formation, tout ce que nous pouvons lui conseiller est d'aller se renseigner à l'ADI (agence départementale d'insertion - ndlr) s'il est rmiste ou la Région ou d'attendre que nous ayons des précisions sur les financements" déplore Christophe Quéland. "C'est cela qu'il faudrait régler avant d'imposer un dispositif totalement inadapté" dit-il encore.
Les agents ont mis fin Ă leur mouvement dans l'aprĂšs-midi. Le travail reprend normalement ce mercredi matin.
