Grùve dans l'Éducation nationale

Le rectorat bloqué

  • PubliĂ© le 31 mai 2003 Ă  00:00
Vendredi 30 mai 2003 -
Plusieurs centaines de manifestants ont bloquĂ© dĂšs l'aude les entrĂ©es du rectorat. Deux brĂȘves bousculades ont eu lieu avec les forces de l'ordre

En rĂ©ponse aux propos de Luc Ferry n'excluant pas le recours Ă  la force en cas de perturbation des examens, 500 grĂ©vistes de l'Éducation nationale ont bloquĂ© les accĂšs du rectorat vendredi 30 mai 2003 toute la journĂ©e. Une bousculade avec la police a eu lieu lorsque les forces de l'ordre ont voulu pĂ©nĂ©trer dans le bĂątiment. Les esprits se sont ensuite calmĂ©s. L'intersyndicale appelle Ă  la manifestation le mardi 3 juin Ă  Saint-Denis et Ă  Saint-Pierre

Les premiers grĂ©vistes sont arrivĂ©s devant le rectorat vers 6 heures du matin. Des groupes se sont formĂ©s devant les trois entrĂ©es du bĂątiment empĂȘchant toute entrĂ©e ou sortie. Les personnels non grĂ©vistes ne pouvaient entrer et les vigiles se trouvant Ă  l'intĂ©rieur ne pouvaient sortir.
Chez les grĂ©vistes se sont Ă©videmment les propos de Luc Ferry, ministre de l'Éducation nationale, qui Ă©taient au centre des commentaires. Alors qu'il assistait jeudi 29 mai 2003 au 84e congrĂšs de la FĂ©dĂ©ration des parents d'Ă©lĂšves de l'enseignement public (PEEP) en Moselle, Luc Ferry, ministre de l'Éducation nationale, n'a pas exclu le recours aux forces de l'ordre en cas de perturbation des examens par les grĂ©vistes de l'Éducation nationale. Il a qualifiĂ© la situation dans l'Ăźle de "presque insurrectionnelle". Il avait ajutĂ© "La RĂ©union a toujours voulu ĂȘtre traitĂ©e comme le reste de la MĂ©tropole (...) la fermetĂ© sera de mise lĂ -bas comme ailleurs".

Tension

Les grévistes n'ont pas du tout apprécié. "On se demande sur quoi se base Luc Ferry pour dire que nous sommes en état d'insurrection. Franchement, vous trouvez que nous avons l'air d'insurgés avec nos bouteilles thermos pleines de thé et nos sandwichs?" plaisantait un gréviste.
Le climat plutĂŽt bon enfant s'est brusquement tendu Ă  l'arrivĂ©e d'un fourgon de police devant l'un des portails. Tapant dans leurs mains et Scandant "la police avec nous", les grĂ©vistes se sont assis devant les grilles pour empĂȘcher le vĂ©hicule d'entrer Ă  l'intĂ©rieur. Le policier qui se trouvait au volant n'a pas hĂ©sitĂ©. Il a littĂ©ralement foncĂ© dans la foule acculant les manifestants contre les grilles. C'est finalement grĂące au sang-froid des grĂ©vistes que les choses n'ont pas dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es.

Cachée dans les feuillages

Mais un regain de tension a eu lieu vers 9 heures lorsque les gardes mobiles ont pris position à proximité des entrées. Une demie -heure plus tard, le ton est franchement monté. Les gendarmes ont essayé d'entrer dans le rectorat par le portail situé cÎté université. Les manifestants s'y sont opposés. AprÚs un rapide ralé poussé, les gendarmes se sont repliés. Ils sont finalement entrés dans l'enceinte du bùtiment par une porte dérobée située au fond d'un chemin de terre et cachée par les feuillages.
Le reste de la journée s'est déroulé sans incident.
En fin de matinée, le recteur Christian Duverger, a été reçu par le préfet. Les représentants de l'intersyndicale les ont rejoints un peu plus tard. Les discussions ont débouché sur un nouveau constat de désaccord entre les deux parties. Le recteur a confirmé que si le travail ne reprenait pas au rectorat d'ici lundi, il serait impossible d'organiser le bon fonctionnement des examens et notamment du bac. Il a également indiqué que toutes les mesures avaient été prises pour assurer le déroulement des examens sans avoir recours "à la force et la coercition".
Les syndicalistes ont estimé que la responsabilité d'une éventuelle perturbation des épreuves serait à mettre au compte du gouvernement et de son "intransigeance".
Les épreuves du du CAP sont prévues pour le lundi 2 juin au matin. Le bac devrait avoir lieu à partir du 13 juin.

Deux manifestations

Dans une conférence de presse tenue en milieu d'aprÚs-midi, les syndicats ont une nouvelle fois appelé au durcissement du mouvement et ont maintenu les mots d'ordre de manifestation pour le mardi 3 juin à Saint-Denis et à Saint-Pierre.
Au mĂȘme moment, le recteur recevait au lycĂ©e de Bellepierre une soixantaine de chefs d'Ă©tablissements du secondaire pour faire avec eux le point de la situation. Une cinquantaine de grĂ©vistes se sont rendus sur place. Il n'y a pas eu de tension. Par ailleurs, les locaux du conseil gĂ©nĂ©ral Ă  Saint-Pierre ont Ă©tĂ© occupĂ©s par quelque 200 manifestants.
Les grévistes ont prévu de rester devant le rectorat - un piquet de grÚve dormira sur place -, jusqu'à lundi au moins.
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