Mobilisation des ex-Arast

Les manifestants bloquent la circulation sur le Barachois

  • PubliĂ© le 18 janvier 2012 Ă  11:30
Mercredi 18 janvier 2012 - Mobilisation des ex-Arast

Le groupe de manifestants des ex-salariés de l'Arast et de leurs soutiens est arrivé devant la préfecture à 11 heures ce mercredi 18 janvier 2012. Ils se sont immédiatement assis sur la chaussée, bloquant la circulation dans les deux sens. Ils sont environ une quarantaine à avoir pris position sur le bitume. Les policiers sont postés aux alentours de la préfecture. Stéphane Fouassin, maire et conseiller de Salazie, et Cyrille Hamilcaro, conseiller général de Saint-Louis, sont à l'écart du groupe qui bloque la circulation.

MalgrĂ© le blocage de la circulation au niveau du Barachois, l'appel Ă  la mobilisation lancĂ© par une partie des ex-salariĂ©s de l'Arast n'a pas eu grand Ă©cho, ce mercredi 18 janvier 2012. À 9h30, moins d'une cinquantaine de personnes a pris le dĂ©part d'un dĂ©filĂ© qui va les conduire du palais de la Source Ă  la prĂ©fecture. Parmi ces personnes, seule une dizaine d'ex-Arast. Certains conseillers gĂ©nĂ©raux de droite sont par contre prĂ©sents. C'est notamment le cas de Cyrille Hamilcaro, conseiller gĂ©nĂ©ral de Saint-Louis, et de StĂ©phane Fouassin, maire et conseiller gĂ©nĂ©ral de Salazie.

"Je ne comprends pas pourquoi il y a aussi peu de monde. OĂč sont tous les gens qui ont promis de nous soutenir ? Nous avons parfois l'impression que tout le monde s'en fout", a lĂąchĂ© Carmen AlliĂ©, visiblement déçue et marquĂ©e physiquement par ses 29 jours de grĂšve de la faim. "On nous a dit que des gens allaient monter en car de l'est et du sud pour nous soutenir. Je ne les vois toujours pas", souffle la grĂ©viste de la faim.

"Il est certain que la mobilisation sur autant de jours est dure à obtenir. Mais nous irons jusqu'au bout. Il vaut mieux mourir libre que de vivre enchaßné, c'est une question de dignité et de respect de la démocratie", commente Paul Junot, secrétaire général de la CFTC et gréviste de la faim depuis 29 jours maintenant.

Par ailleurs, en fin de soirĂ©e ce mardi 17 janvier, dans une lettre adressĂ©e au dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional de DĂ©fense des Droits, Didier LefĂšvre, Nassimah Dindar a confirmĂ© les propositions formulĂ©es le vendredi 13 janvier. Des propositions concernant l'indemnisation Ă  hauteur de 50% Ă  la charge du DĂ©partement des 241 ex-salariĂ©s, qui n'ont pas engagĂ©s de procĂ©dure, et des 87 autres ex-Arast, en attente d'une dĂ©cision du conseil des Prud'Hommes, dont les salariĂ©s protĂ©gĂ©s. Les 50% restants Ă©tant Ă  la charge des AGS (caisse de garantie des salaires). "Selon les dĂ©cisions de justice dĂ©finitives rendues, les AGS rembourseraient alors le conseil gĂ©nĂ©ral, et rĂ©ciproquement si le conseil gĂ©nĂ©ral venait Ă  ĂȘtre condamnĂ©", explique la collectivitĂ©. Une cellule de reclassement sous l'autoritĂ© du PrĂ©fet, et ce, pour les personnes qui n'ont pas retrouvĂ© de travail, a Ă©tĂ© demandĂ©e "afin que des solutions soient trouvĂ©es".

Nassimah Dindar espĂšre ainsi que ces propositions "permettent de trouver une issue favorable". "C'est vrai que cela nous conforte un peu mais cette prise de position n'aura aucune valeur tant qu'un accord n'aura pas Ă©tĂ© signĂ©", continue d'affirmer Paul Junot. Il Ă©tait en tĂȘte du dĂ©filĂ© qui se dirige vers la prĂ©fecture. Carmen AlliĂ© fermait la marche. Sous un soleil de plomb.

"Il est Ă©vident qu'il existe encore Ă  La RĂ©union la peur de l'Ă©lu. Des gens m'ont fait savoir qu'ils ne pouvaient venir manifester car ils allaient ĂȘtre connotĂ©s et qu'ils risquaient ainsi de perdre un marchĂ©, un contrat ou leur emploi", explique Paul Junot. "Il n'y a peut-ĂȘtre Ă  La RĂ©union que 50 esprits libres", tente-t-il de plaisanter, en rĂ©fĂ©rence au nombre de manifestants. Il est vrai aussi que certains ex-salariĂ©s sont complĂštement dĂ©couragĂ©s et ont prĂ©fĂ©rĂ© passer Ă  autre chose", dit-il encore.

Lorsque le groupe est passĂ© devant sa permanence, rue de la victoire, RenĂ©-Paul Victoria, dĂ©putĂ© de Saint-Denis, s'est avancĂ© sur le trottoir Ă  la rencontre des journalistes. Les manifestants se sont arrĂȘtĂ©s pendant un moment, le temps d'attendre la fin des interviews. "Monsieur le maire, nou lĂ© devan chez ou, coze avec nou un ti instan siouplĂ©", s'est exclamĂ© un manifestant dans le porte-voix. Le dĂ©putĂ© dionysien a alors dit quelques mots de soutien en faveur des ex-salariĂ©s de l'Arast. ‹

À noter que le cortĂšge des manifestants jusqu'Ă  la prĂ©fecture s'est dĂ©roulĂ© sans incidents et dans la quasi-indiffĂ©rence des passants.‹‹

Mahdia Benhamla pour
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