De violents affrontements ont opposĂ© ce jeudi 5 juin 2003 au petit matin les forces de l'ordre et 300 grĂ©vistes de l'Ăducation nationale qui bloquaient pacifiquement les entrĂ©es du rectorat. Au moins deux manifestants ont Ă©tĂ© blessĂ©s et huit interpellĂ©s. En dĂ©but de soirĂ©e un calme prĂ©caire Ă©tait revenu Ă proximitĂ© du rectorat
L'intervention des forces de l'ordre a commencé à 6 heures 10. Plusieurs véhicules de la CDI (compagnie départementale d'intervention) et du GIPN (groupement d'intervention de la police nationale) prenaient position devant le portail donnant accÚs au parking du rectorat. Quelque 300 grévistes les attendaient devant une barricade faite de poubelles, de barriÚres métalliques, de planches etc.Corps à corps
L'affrontement Ă©clatait presque immĂ©diatement. Cette fois il ne s'agissait pas d'une bousculade ou d'un Ă©change de projectiles entre les deux camps, mais d'un vĂ©ritable corps Ă corps. Refusant de reculer devant la charge des policiers, les grĂ©vistes commençaient Ă les repousser. Les forces de l'ordre faisaient alors usage de leurs matraque. Un enseignant d'une cinquantaine d'annĂ©es Ă©tait touchĂ© Ă la tĂȘte. EnsanglantĂ© il Ă©tait Ă©vacuĂ© par ces collĂšgues. Deux jeunes femmes Ă©taient victimes de malaise aprĂšs avoir inhalĂ© les gaz. Didier Debals, dirigeant syndical du SAIPER, Ă©tait interpellĂ© (il sera relĂąchĂ© quelques heures plus tard).
Des policiers dans les immeubles
Peu de temps aprĂšs, la cinquantaine de policiers prĂ©sents sur le site Ă©taient rejoints par une centaine de gardes mobiles. Les affrontements se poursuivaient tout autour du rectorat noyĂ© sous la fumĂ©e de plusieurs dizaines de grenades lacrymogĂšnes. Un manifestant qui avait trouvĂ© refuge dans un immeuble Ă©tait poursuivis par deux policiers. Ces derniers escaladaient la façade du bĂątiment et tentaient de se faire ouvrir les portes des appartements oĂč le grĂ©viste Ă©tait supposĂ© avoir trouvĂ© refuge. Sous les huĂ©es de la foule, les deux policiers finissaient par repartir bredouilles. Au cours de la journĂ©e, ils procĂ©deront Ă plusieurs interpellations.
Barricades détruites
Peu aprÚs la charge du matin, les barricades érigées devant les portes du bùtiment étaient été détruites et le personnel non gréviste pouvaient pénétrer dans les locaux. C'est pour leur permettre de finir de préparer le matériel d'examen pour le bac que le recteur a demandé au préfet de faire évacuer les piquets de grÚve.
Un calme précaire revenait aux abords du rectorat jusqu'en milieu d'aprÚs-midi. Le face à face entre les deux camps s'est brusquement tenu lorsque les manifestants ont fait mine de vouloir forcer le cordon de sécurité établi par les forces de l'ordre.
Pluie de grenades
Une pluie de grenades lacrymogÚne répondait aux jets de galets. Les habitants des immeubles avoisinants n'avaient d'autre recours que de se barricader chez en essayant de calfeutrer la moindre ouverture pour empécher les gaz d'entrer. De nombreux locataires aidaient les manifestants en leur donnant de l'eau et des foulards pour se protéger des inhalations de lacrymogÚne.
Le GIPN poursuivait les grévistes jusqu'aux grilles de l'Université située en contrebas. Le vice président Gilles Lajoie s'opposait à leur entrée sur le campus en rappelant que seule une réquisition du président pouvaient leur permettre de le faire.
Journalistes enfumés
Un groupe de journalistes filmant l'arrestation trÚs musclée d'un manifestant a ensuite été noyé sous les fumées de deux grandes jetées en leur direction par la police.
Les affrontements ont continué jusqu'en fin d'aprÚs-midi. Les gardes mobiles ont commencé à se replier ves 18 heures. Les personnels non grévises du rectorat avaient terminé la reprogaphie ainsi que l'acheminement des sujets et des autres documents nécessaires au bon déroulement du bac. La question qui se pose maintenant est de savoir s'il y aura suffisament d'enseignants non grévistes pour surveiller les épreuves et corriger les copies.
Sous des jets de galets, le dispositif de sécurité a été entiÚrement levé à 18 heures 20. Un groupe de personnes a alors essauyé de pénétrer dans le rectorat, brisant des vitres au passage. Alerté par les deux vigiles restés sur place, les policiers de la CDI et du GIPN sont revenus. De nouveaux échanges de galets et de lacrymogÚnes ont eu lieu.
Manifestation Ă Saint-Denis
En début de soirée, un calme plus que précaire semblait revenu. L'intersyndicale et la coordination des grévistes a fermement condamné "l'agression perpetrée par les autorités contre des grévistes pacifiques". Ils ont décidé d'annuler les deux manifestations prévues pour le mardi 10 juin à Saint-Louis et à Bras-Panon pour les remplacer par un seul défilé à Saint-Denis. Le rendez-vous est fixé à partir de 9 heures 30 au petit marché.
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