C'est une grande première pour La Réunion. Invités par le département des arts et de la culture du Gouvernement de Pondichéry, les Tambours Sacrés & Co sont le premier groupe étranger à performer durant les festivités de la ville (15-17 août), qui se tiennent dans le même temps que la fête de l’Indépendance le 15 août. Nous publions le communiqué de "Les Tambours Sacrés & CO de La Réunion". (Photos : Les Tambours Sacrés & CO de La Réunion)
L’histoire entre Pondichéry et La Réunion est un fil ténu, depuis l’engagisme, que le gouvernement de l’État indien ne souhaite pas voir se distendre. Bien au contraire. C’est dans cette optique de rapprochement et de maintien des relations que le directeur du département des Arts et de la Culture, S. Shakthyvel, a convié le groupe des Tambours Sacrés, dirigé par Philippe M’Roimana, accompagné par Kaloubadia (emmené par son leader, Benjam) et Kézia Lambert, leader du groupe Phil An Maloya et petit-fils de Gramoun Lélé, à venir se produire en Inde. « Pondichéry entretient une relation historique, culturelle et linguistique unique et durable avec La Réunion, et ce lien particulier reste cher aux populations des deux régions, explique le directeur du département artistique. Nous sommes convaincus que votre participation à la fête de Pondichéry 2026 renforcera ces liens culturels de longue date et jettera les bases d'une collaboration culturelle pérenne entre Pondichéry et La Réunion. Votre prestation dynamique de Maloya Fusion, reflétant la richesse des traditions musicales et culturelles de La Réunion, enrichira sans aucun doute le festival et offrira au public une expérience culturelle internationale exceptionnelle. »
- Une ambiance au beau fixe -
Soutenue par la Région, le Département et les collectivités locales, la troupe d’une quinzaine de personnes (deux chanteurs, trois danseuses, huit musiciens) a débarqué en Inde, mardi matin et a eu le temps de s’acclimater à la chaleur prégnante. Autant qu’aux repas locaux bien épicés.
"On a eu droit à un accueil bienveillant et positif, de circonstance, qui correspond à celui des Pondichériens, glisse ainsi Philippe M’Roimana, le président des Tambours Sacrés de La Réunion. Notre mission est une découverte, car c’est une grande première. Autant pour nous, que pour les instances locales." En attendant les premières performances scéniques, prévues dès ce soir (samedi), l’ambiance et le moral sont au beau fixe.
"Tout le monde est en découverte ici, explique Jean-Bernard Ichaye, plus connu sous le nom de Benjam, qui découvre le sous-continent indien. Et ça reflète tout le sens de ce qu’est La Réunion. En dépit des différences d’âge et de provenances (Saint-Denis, Saint-Pierre, Bras-Fusil, Saint-Paul…), on parvient à discuter, à échanger et à avancer ensemble. C’est une base dans tout ce que l’on pourrait changer chez nous. Car on ne prend pas le temps de le faire : à savoir la communication. On arrive à se mélanger et à rigoler depuis notre arrivée. C’est énorme ! Ce petit groupe représente La Réunion ! C’est le début d’un rêve pour changer nos mentalités et revenir à l’essentiel. Ici, on ne peut pas faire les difficiles. C’est très bien qu’on ait pris ce temps avant de jouer."
- Un accueil de qualité -
La cohésion a été magnifiée et sublimée par une soirée concoctée par Anita Reehman, docteure en philosophie en français à l’université de Pondichéry, connue pour avoir réalisé son mémoire sur l’apport de la musique folklorique du Tamil Nadu à la musique de l’île de La Réunion. "Quand j’ai écouté les musiques réunionnaises, j’ai retrouvé les sonorités de l’Inde en créole, évoque cette grande personnalité de Pondichéry devant un parterre d’invités de prestige (vice-consul de France, président de l'Alliance Française…). J’ai aussi entendu des termes indiens. Et c’est ainsi que j’ai compris que les engagés avaient laissé un héritage à travers la musique. " "On a reçu un accueil extraordinaire d’une femme de renom qui nous a vus comme des artistes internationaux, lâche Benjam. Cela remet les choses dans un contexte de valorisation de notre culture, de notre richesse. Elle nous a mis en haut avec une petite pensée sur l’histoire de l’île. Tout le monde a été émerveillé. Comme on est dedans, on oublie bien souvent notre richesse. Les gens externes remettent ça en avant, en disant qu’on a de la chance d’avoir cette histoire, ce mélange dans le corps, des nations et des cultures. " Un melting-pot que les Pondichériens et les nombreuses personnalités des instances tricolores auront l’occasion de découvrir ce soir (samedi, 21 heures*), demain (dimanche, 19h30) et après-demain (19h) lors du maloya fusion proposé par la troupe des Tambours Sacrés & Co.
Ils ont dit :
Laurent Jalicous, directeur Alliance Française Pondichéry :
"L’objectif de l’alliance Française est de promouvoir la pensée française que ce soit ici ou à la Réunion. D’ailleurs, on a quatre agents actuellement dans votre département. Et la prochaine chargée de communication, choisie sur la base du volontariat, est originaire de votre île. L’alliance a pris une grande position en proposant le mois de la Réunion en octobre. Ce qui nous a permis d’accueillir de grands artistes tels que Jace, Meo, Gaëlle Belem, Gilles Gauvin… On va en rediscuter, mais il est clair que l’on a envie que vous reveniez le plus souvent possible dans le cadre de ce mois de La Réunion."
Jean-Philippe Huther, chancelier et consul adjoint au consulat de France à Pondichéry.
" Votre présence rappelle qu’il y a des liens très forts, ténus et étroits entre la Réunion et le territoire de Pondichéry. À La Réunion, il y a une communauté indienne importante. Et il y a une grande interactivité entre les deux territoires. À travers diverses organisations et associations, comme le club des entrepreneurs français, nous essayons de maintenir des liens économiques. L’alliance française organise régulièrement des événements avec des troupes de musique réunionnaises. J’ai pu assister dernièrement à un superbe concert. L’Île de la Réunion fait partie définitivement du paysage des partenaires avec qui on collabore."
- Plus encore -
Pour les membres de la délégation Les tambours sacrés & Co, venir — ou revenir pour certains — sur la terre indienne est bien plus qu'un simple voyage musical. C’est aussi un retour aux sources. Un retour sur la terre de leurs ancêtres engagés, ces femmes et ces hommes venus d’Inde travailler à La Réunion après l’abolition de l’esclavage en 1848, et dont l’histoire, les traditions, les croyances, les rythmes et la culture continuent aujourd’hui encore de vivre au cœur de l’identité réunionnaise. Être à Pondichéry, c’est donc pour nous honorer leur mémoire, marcher symboliquement sur leurs traces et faire vivre, par la musique, les liens historiques, humains et culturels qui unissent La Réunion et l’Inde. Et quelle plus belle manière de célébrer ces liens que de le faire ensemble, en musique ?
* heure Pondichéry, -1h30 pour avoir l’heure de La Réunion.

