À La Réunion, près d'un adolescent sur deux présente un risque modéré à sévère de dépression et un adulte sur dix a connu un épisode dépressif au cours des douze derniers mois. Face à ces chiffres préoccupants, l'État, l'Agence régionale de santé (ARS) et leurs partenaires ont signé, ce vendredi 6 novembre 2026, un nouveau contrat territorial de santé mentale pour la période 2026-2030. Au programme : 41 actions pour renforcer la prévention, améliorer l'accès aux soins et accompagner les personnes souffrant de troubles psychiques. (Photos ARS)
La santé mentale constitue un enjeu majeur de santé publique à La Réunion. Selon les données présentées par l'ARS, 36 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 42 % des familles sont monoparentales et 143.000 personnes sont concernées par le mal-logement. Autant de facteurs susceptibles de fragiliser la santé psychique des Réunionnais.
Les jeunes apparaissent particulièrement vulnérables, notamment les adolescentes. Près d'un adolescent sur deux présente un risque modéré à sévère de dépression, tandis qu'un adulte sur dix, âgé de 18 à 75 ans, a connu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois.
Face à cette situation, l'État, l'ARS La Réunion et la Communauté territoriale de santé mentale (CTSM 974) ont signé un nouveau contrat territorial pour la période 2026-2030, associant notamment les collectivités, l'Éducation nationale, les organismes de protection sociale et les professionnels de santé.
- La prévention auprès des jeunes au cœur des priorités -
Le nouveau contrat repose sur deux axes majeurs : améliorer les parcours de vie et de soins, et développer la prévention pour faire de la santé mentale une responsabilité collective. Parmi les 41 actions prévues, plusieurs concernent directement les enfants, les adolescents et les étudiants.
L'objectif est notamment de mieux repérer les premiers signes de mal-être, de développer les compétences psychosociales dès l'école et de faciliter l'accès à un accompagnement adapté.
Le dispositif prévoit également de former les professionnels et les bénévoles au repérage des situations de souffrance psychique, ainsi que de renforcer les actions de sensibilisation pour lutter contre les préjugés.
"La santé mentale n'est pas seulement une affaire de soins. Elle concerne l'école, le travail, le logement, le sport, la culture et la vie sociale. Ce pacte traduit cette conviction en engagements concrets pour les Réunionnais", souligne le communiqué de l'ARS.
- Des équipes mobiles et un meilleur accès aux soins -
Au-delà de la prévention, le contrat entend améliorer l'accès aux soins psychiatriques sur l'ensemble du territoire réunionnais. Il prévoit notamment le développement d'équipes mobiles pour intervenir plus rapidement auprès des personnes en situation de crise, ainsi qu'un meilleur repérage des premiers épisodes psychiatriques.
Une attention particulière sera portée aux publics les plus vulnérables, notamment les enfants accompagnés par l'aide sociale à l'enfance, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et celles confrontées à des troubles psychiques associés à des addictions.
L'accompagnement ne doit toutefois pas se limiter aux soins. Le contrat prévoit également des actions pour favoriser l'accès au logement, à l'emploi et à la vie sociale des personnes vivant avec des troubles psychiques, tout en renforçant le soutien aux familles et aux aidants.
- Près de 19 millions d'euros supplémentaires prévus d'ici 2030 -
Pour accompagner ces engagements, l'ARS La Réunion annonce avoir déjà attribué plus de 13,8 millions d'euros en 2026 à 27 projets de renforcement de la psychiatrie.
Une enveloppe supplémentaire de 1,7 million d'euros a également été mobilisée pour des actions de prévention et d'inclusion, notamment le développement de Points d'accueil écoute jeunes, la création d'un nouveau Groupe d'entraide mutuelle et d'un dispositif d'entraide favorisant l'insertion professionnelle dans le Sud.
Pour la période 2027-2030, environ 19 millions d'euros supplémentaires sont envisagés, sous réserve de confirmation des financements. Ils doivent notamment permettre de poursuivre le renforcement des soins psychiatriques et de développer l'accompagnement médico-social.
Ce nouveau contrat s'inscrit dans la continuité d'un premier programme déployé entre 2021 et 2024. Celui-ci avait permis de mobiliser plus de 25 millions d'euros pour les services publics de psychiatrie et 40 millions d'euros d'aides à l'investissement, ainsi que de renforcer les équipes avec plus de 300 professionnels non médicaux et 26 professionnels médicaux supplémentaires.
Avec cette nouvelle feuille de route, les signataires souhaitent désormais agir au-delà du seul secteur médical, en intégrant davantage les enjeux sociaux et les conditions de vie des Réunionnais.
L'ambition affichée est de "prévenir et repérer plus tôt, soigner au plus près des lieux de vie, accompagner le rétablissement et aider chacun à trouver sa place dans la société".
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