Onze sénateurs ultramarins ont co-signé une tribune, en y associant le Syndicat des professionnels de l'audiovisuel des départements d'Outre-mer (SPADOM) pour rappeler à l'Etat de ne plus exclure les Outre-mer des grandes campagnes de communication. Une lacune qui pénalise les citoyens ultramarins, comme l'explique un communiqué de presse, selon des signataires qui comptent Audrey Belim, Evelyne Corbière Naminzo et Stéphane Fouassin dans leurs rangs. (photo : Richard Bouhet/ www.imazpress.com)
Le Gouvernement a engagé une réforme de la communication de l’État pour rendre rendre la parole publique plus sobre, plus lisible et plus efficace.
Cette réforme doit être l’occasion de réparer une rupture d’égalité ancienne : l’exclusion des Outre-mer des grandes campagnes nationales d’information.
Depuis des décennies, les territoires ultramarins bénéficient rarement de campagnes nationales complètes, conçues, financées et diffusées à la même échelle que dans l’Hexagone. Nos concitoyens sont moins bien informés sur leurs droits, les risques sanitaires et sociaux ou encore les comportements de prévention à adopter.
Malgré des alertes répétées, aucun mécanisme pérenne ne garantit l’inclusion des Outre-mer dans la communication gouvernementale.
Les Outre-mer rassemblent près de 2,8 millions d’habitants, soit environ 4 % de la population française. Rapporté au nouveau budget national annoncé de 700 millions d’euros, leur poids démographique représenterait un socle minimal de 28 millions d’euros. Il constitue un plancher d’équité, qui devrait être renforcé pour tenir compte des réalités sanitaires, sociales, climatiques et géographiques de chaque territoire.
La communication publique est un outil de prévention et de protection : elle informe, alerte et peut sauver des vies. La réduction annoncée de 300 millions d’euros des dépenses de communication risque de faire des territoires déjà insuffisamment couverts une nouvelle variable d’ajustement budgétaire.
- Exigence d’égalité républicaine -
Trois garanties pour une réforme réellement nationale
La première est la création d’une enveloppe ultramarine territorialisée, identifiée et protégée, attribuée aux bureaux uniques de communication de l’État créés par la circulaire du 25 août 2026 au sein des préfectures des DROM-COM, couvrant la conception, la production et la diffusion des campagnes. Son montant ne devra pas être inférieur au poids démographique des populations concernées et devra être majoré selon les vulnérabilités de chaque territoire. Les dépenses engagées devront être rendues publiques chaque année, territoire par territoire.
La deuxième est l’inclusion obligatoire des médias ultramarins dans les mandats nationaux d’achat média. Toute campagne portant sur une politique publique applicable ou sur un enjeu pertinent dans les Outre-mer devra intégrer, dès sa conception, un volet ultramarin adapté et financé.
La troisième est l’association des agences, producteurs, régies et médias locaux aux nouvelles structures de communication de l’État. Leur expertise est indispensable pour adapter les messages et choisir les canaux permettant de toucher réellement les publics.
Une campagne nationale qui ne touche pas plusieurs millions de citoyens français ne peut être considérée comme pleinement nationale. Mais la sobriété ne peut servir de prétexte à l’effacement des Outre-mer.
Informer tous les citoyens de la République, où qu’ils vivent, n’est ni une faveur ni une option budgétaire. C’est une exigence d’égalité républicaine.
