En 2023, 36% de la population réunionnaise vivait toujours sous le seuil de pauvreté

  • Publié le 6 octobre 2026 à 09:27
  • Actualisé le 6 octobre 2026 à 09:38
pauvreté SDF

En 2023, à La Réunion, la moitié des habitants a un niveau de vie inférieur à 19.110 euros par an. La pauvreté concerne 36,4 % de la population de l’île, une part 2,3 fois plus élevée que dans l’Hexagone (15,9 %). Notamment, les taux de pauvreté des seniors sont nettement supérieurs à La Réunion. Le niveau de vie médian de la population réunionnaise est ainsi bien plus faible que celui des habitants de l’Hexagone (-26 %) selon un rapport de l'Insee publié ce mardi 6 octobre 2026 (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

En 2023, 36,4 % de la population de La Réunion est en situation de pauvreté monétaire. Le taux de pauvreté est 2,3 fois plus élevé que dans l’Hexagone (15,9 %).

La pauvreté est plus marquée sur l’île que dans chacun des départements de la France hexagonale. 

- Toutes les tranches d'âge touchées par la pauvreté -

À La Réunion, toutes les tranches d’âges ou catégories de ménages sont davantage concernées par la pauvreté qu’au niveau national. Mais les écarts avec la France hexagonale sont les plus marqués pour les seniors. En particulier, 39 % des ménages dont le référent fiscal a 75 ans ou plus sont pauvres à La Réunion ; c’est quatre fois plus que dans l’Hexagone où le taux de pauvreté des plus âgés est plus faible que celui de toutes les autres tranches d’âges.

Les jeunes ménages sont, comme au niveau national, parmi les plus concernés par la pauvreté : 38,7 % des 18-29 ans sur l’île contre 19,2 % au niveau national.

Comme au niveau national, la pauvreté est plus fréquente à La Réunion parmi les ménages locataires que parmi les propriétaires : 47,4 % des ménages locataires sont pauvres contre 26,2 % des ménages propriétaires. Cependant, l’écart avec la France hexagonale est bien plus fort pour ces derniers. Ainsi, sur l’île, les propriétaires sont 4 fois plus souvent en situation de pauvreté que dans l’Hexagone, contre 1,5 fois plus pour les locataires.

- Une pauvreté généralisée sur l’île, mais plus marquée dans les cirques et l’Est -

La pauvreté est plus marquée dans neuf communes de l’île où plus de quatre habitants sur dix sont pauvres. C’est dans les cirques que la pauvreté est la plus forte, à Salazie (53 %) et à Cilaos (49 %). Elle est aussi importante dans plusieurs des communes de l’Est - à Sainte-Rose (48 %), Saint-Benoît (45,9 %) et Saint-André (43,6 %) -, ainsi que dans les deux communes du Sud, Saint-Joseph (43,8 %) et Saint-Philippe (43 %). La pauvreté concerne aussi 44 % des habitants du Port et 42 % de ceux de Saint-Louis.

À l’inverse, la pauvreté concerne moins de trois habitants sur dix dans trois communes de l’île : Les Avirons (28 %), L’Étang Salé (27 %) et La Possession (24,8 %).

Quant aux trois communes de l’île les plus peuplées, leur taux de pauvreté est proche de la moyenne régionale à Saint-Denis (35 %) et Saint-Pierre (34,8 %), et sensiblement moindre à Saint-Paul (30,4 %)

- Un niveau de vie médian bien inférieur à la moyenne nationale -

En 2023, la moitié de la population réunionnaise a un niveau de vie inférieur à 19.110 euros par an. Ce niveau de vie médian, inférieur de 26 % à celui en France hexagonale (25.800 euros), positionne l’île derrière l’ensemble des départements français hexagonaux juste après la Seine-Saint-Denis (21.250 euros).

Le niveau de vie plus faible à La Réunion qu’en moyenne hexagonale se retrouve sur toute la distribution des revenus, mais l’écart est moins important pour les ménages les plus aisés (10 % pour le 9e décile, 13 % pour le 8e) que pour les plus modestes (entre 25 et 30 % en dessous de la médiane). 

L’écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres (rapport interdécile) est ainsi plus élevé à La Réunion qu’au niveau national (4,3 contre 3,5).

Les nombreuses difficultés d’accès à l’emploi sur l’île expliquent en partie le faible niveau de vie des habitants. Ainsi, seules 50 % des personnes en âge de travailler y ont un emploi en 2023, une part inférieure de 19 points au niveau national. Les salaires sont également plus faibles dans le secteur privé. En contrepartie, les prestations sociales, et notamment les minimas sociaux, pèsent davantage en moyenne à

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