Grève dans les crèches : le cri d'alarme des professionnels de la petite enfance à La Réunion

  • Publié le 8 octobre 2026 à 02:58
crèche Le Jardin des Marionnettes

À l'appel d'un mouvement national (SNPPE, CGT, collectif "Pas de bébés à la consigne"), une partie des professionnelles de la petite enfance de La Réunion sera en grève ce jeudi 8 octobre 2026. Le secteur dénonce des conditions de travail dégradées et des professionnels épuisés. L’objectif est clair, à quelques mois de l’élection présidentielle : interpeller l’opinion publique et les élus sur les difficultés du métier (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

"La petite enfance ce n'est pas seulement changer des couches et jouer aux Lego", lance une directrice de crèche et référente technique, dans le sud de l'île. "On nous demande toujours plus avec peu de moyens, moins de places et plus d'enfants."

Elle cite en exemple sa situation actuelle. "Nous sommes à deux à faire 7h30-18h pour gérer les enfants car certaines collègues sont en arrêt ou en congés."

Pas de rassemblement prévu mais des fermetures de certaines crèches dans le sud de l'île et des mobilisations symboliques avec une porte-parole dans celles restées ouvertes.

Tous les parents des établissements concernés ont été informés.

- Un taux d’encadrement à revoir dans les crèches de La Réunion -

La revendication principale est l’instauration d’un meilleur taux d’encadrement dans les lieux d’accueil.

Actuellement, le ratio obligatoire est d’un professionnel pour cinq enfants qui ne marchent pas, un pour huit enfants marcheurs ou un pour six enfants quel que soit leur âge.

En 2017, "nous accueillions 10 enfants avec une équipe de 4 professionnelles. Aujourd'hui, en 2026, la loi nous autorise à accueillir 13 enfants, avec le même nombre de professionnelles".

"L'État ne réalise pas que le taux d'encadrement d'un professionnel pour cinq bébés n'est pas bon du tout. Au quotidien c'est invivable et l'on a beau essayé de crier et de sonner l'alerte, on parle dans le vide", dit la directrice de crèche.

- Des professionnels diplômés payés au Smic -

Les professionnels de la petite enfance défendent également la reconnaissance salariale, avec une rémunération à la hauteur dans ces structures, premier mode d’accueil des jeunes enfants en France.

"Dans un groupe vous avez autant d'animatrices avec des CAP petite enfance que des auxiliaires de puéricultures, certaines cela fait 10 ans qu'elles travaillent et toutes sont payés au même niveau", interpelle la directrice.

- Un secteur en manque d’attractivité -

Et le cercle vicieux se poursuit, dans ce secteur à majorité féminin. Les équipes sont épuisées, les arrêts de travail et le turn-over se renforcent.

La directrice de crèche le constate, "il y a un véritable désintérêt pour la profession. Il y a deux ans de cela j'accueillais pas mal de stagiaires et apprentis et depuis je n'en ai pas vu une seule".

"Même nous, quand on rentre à la maison, on se demande ce qu'on fait là alors qu'on adore notre métier. C'est triste", dit-elle, peinée.

D’ici 2033, 100.000 places d’accueil pourraient manquer en France faut de personnel.

Un rendez-vous a été demandé à la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, qui vient d’annoncer un plan d’urgence de 90 millions d’euros, répartis sur trois ans, pour la petite enfance. Il permettra de soutenir les crèches, en particulier dans les territoires les plus fragiles, de renforcer l’accueil individuel et de préserver une offre d’accueil accessible et de qualité pour toutes les familles.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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