Don d’organes : le Groupe de dialogue interreligieux de La Réunion se mobilise pour accompagner les familles face à la question du don

  • Publié le 22 juin 2026 à 17:59
  • Actualisé le 22 juin 2026 à 18:08
CHU : lancement de la campagne sur le don d'organes

Ce lundi 22 juin 2026, les représentants des grandes traditions religieuses de l’île se mobilisent afin d'accompagner les familles face à la question du don d’organes. Lors d'une cérémonie qui s’est ouverte sur la signature d’une convention de partenariat entre le CHU de La Réunion et le Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion (GDIR) un engagement inédit a été formalisé. Objectif : accompagner dans le respect de leurs convictions et des rites de chacun les familles au moment du décès d'un proche. Lors de cette journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, le CHU de La Réunion a officiellement inauguré son statut d’"Hôpital Ambassadeur du Don d’Organes". ( Photo d'illustration : www.imazpress.com) (Photo dm/www.imazpress.com)

C'est dans le cadre du "Mois du Don d’Organes et de Tissus" que le CHU de La Réunion, avec le soutien de l’ARS La Réunion et de l’Agence de la biomédecine, a déployé tout au long du mois de juin 2026 sur l’ensemble du territoire réunionnais un programme de communication autour du don d'organes.

Ce lundi 22 juin, une convention de partenariat entre le CHU de La Réunion et le Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion (GDIR) a été signée. Ce texte formalise un engagement inédit : mobiliser les représentants des grandes traditions religieuses de l’île pour accompagner les familles face à la question du don d’organes, dans le respect de leurs convictions et des rites de chacun.

- Une convention avec le Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion - 

À La Réunion, la diversité culturelle et spirituelle est une réalité du quotidien. Les convictions religieuses constituent un facteur déterminant dans la compréhension, l’acceptation ou le refus du don d’organes. Face au taux d’opposition encore trop élevé sur l’île, le CHU et le GDIR ont choisi de structurer leur collaboration dans un cadre formel, éthique et institutionnel.

Lorsqu’un don d’organes est possible, les proches du défunt sont systématiquement sollicités par les équipes médicales pour témoigner de sa volonté. Dans un contexte émotionnel extrêmement difficile, les convictions religieuses de la famille peuvent jouer un rôle décisif. Faute d’information ou de réponses adaptées, le doute conduit fréquemment au refus.

La présence de représentants religieux formés et disponibles, en appui des équipes de coordination hospitalière, permet d’apporter un éclairage éthique, culturel et spirituel à ces moments singuliers, dans le strict respect de la laïcité et du libre choix de chaque famille.

A ensuite été dévoilé un totem réalisé par un artiste réunionnais, désormais installé dans le hall principal de l’établissement de Saint Pierre. Cette plaque et ce totem, arborant le ruban vert, symbole national du don d’organes, matérialisent l’engagement durable du CHU de La Réunion auprès de ses patients, de ses soignants et de l’ensemble de la population réunionnaise.

- Une culture du don à développer - 

La Réunion présente une prévalence des maladies rénales chroniques nettement supérieure à la moyenne nationale, ce qui rend les besoins en greffes particulièrement importants. En 2025, l’activité de greffe au CHU a poursuivi sa progression avec 94 greffes rénales, dont 2 pédiatriques, 10 greffes cardiaques et 65 donneurs de cornées.

En France, le consentement présumé s’applique : toute personne est considérée comme donneuse sauf si elle a exprimé son refus de son vivant, notamment via le Registre National des Refus. Pourtant, la loi prévoit que les proches soient systématiquement interrogés sur la volonté du défunt au moment du décès. Or, plus de 80 % des Français sont favorables au don, mais moins d’un sur deux en a parlé à ses proches. Dans le doute, un tiers des familles répond par le refus.

À La Réunion, ce phénomène est amplifié par des spécificités culturelles et religieuses qui rendent d’autant plus nécessaire la parole et le dialogue au sein des familles.

Le don d’organes est un acte médical extrêmement encadré, réalisé dans le respect absolu de la règlementation, de la dignité humaine, des croyances et des volontés exprimées.

Les prélèvements sont effectués par des équipes spécialisées formées à l’accompagnement des proches. Le corps du donneur est traité avec le plus grand respect et peut être restitué à la famille dans des conditions compatibles avec les rites funéraires.

- Un suivi dans la durée - 

La convention prévoit un suivi annuel commun entre le CHU et le GDIR : analyse du taux d’opposition, bilan des actions menées, évaluation qualitative des interventions et ajustement des pratiques. Des formations conjointes seront organisées régulièrement, tant à destination des référents religieux, formés au cadre hospitalier et au don d’organes, qu’à celle des soignants, sensibilisés aux enjeux religieux et culturels.

Initié par le collectif Greffes+ en 2023, le programme « Ambassadeurs du Don d’Organes » (ADO) est un mouvement national qui permet à des collectivités, entreprises, pharmacies, écoles et établissements de santé de s’engager visiblement et durablement en faveur du don d’organes.

En signant la charte « Hôpital Ambassadeur du Don d’Organes » avec le collectif Greffes+, le CHU de La Réunion s’est engagé à :

Installer dans un lieu de passage une plaque arborant le ruban vert, symbole national du don d’organes

Sensibiliser en continu patients, visiteurs et personnels à cet enjeu de santé publique

Contribuer aux temps forts nationaux : Journée nationale du don d’organes (22 juin) et Journée mondiale du don d’organes (17 octobre)
Soutenir la mobilisation des associations œuvrant en faveur du don et de la greffe

- Le CHU de La Réunion, Hôpital Ambassadeur du Don d’Organes - 

Le taux de refus demeure élevé à La Réunion. Cette opposition est le plus souvent liée à la méconnaissance de la volonté du défunt par ses proches au moment du décès. Devenir Hôpital Ambassadeur, c’est rappeler chaque jour, dans les murs mêmes de l’établissement, l’importance d’en parler avec ses proches.

Le CHU de La Réunion a ainsi rejoint un réseau national qui compte déjà plus de 1.000 villes ambassadrices en France, ainsi que des centaines de pharmacies, entreprises et écoles engagées dans cette même démarche de solidarité.

Le totem dévoilé le 22 juin dans le hall principal du CHU sites Sud en est le symbole visible et pérenne. Réalisé par un artiste réunionnais, il incarne la volonté de l’établissement d’ancrer la culture du don dans le quotidien hospitalier, et d’inviter chaque personne qui le croise à réfléchir à sa position vis-à-vis du don d’organes et à en parler à ses proches.

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
21 minutes

Il me semble que sauver une vie, c'est sacré. Certains (j'en suis) donnent leur sang régulièrement, il me semble donc qu'on ne devrait pas demander l'avis des gens...