[Vidéo] Carburants, guerre, pouvoir d'achat : Macron affirme que "la situation est grave", promet d'agir, mais appelle encore les Français à patienter

  • Publié le 25 septembre 2026 à 06:09
  • Actualisé le 25 septembre 2026 à 06:13
Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias à la résidence de l'ambassadeur de France à Washington, le 18 août 2025

Prix des carburants, menace russe, guerre en Ukraine, colère sociale ou encore pouvoir d'achat : Emmanuel Macron s'est exprimé ce jeudi 24 septembre 2026, lors d'une interview diffusée simultanément sur TF1 et France 2. À sept mois de son départ de l'Élysée, le chef de l'État a surtout voulu se présenter en président protecteur face aux crises internationales. Sur le sujet brûlant des carburants, pas de baisse immédiate des taxes ni de nouveau chèque annoncé : Emmanuel Macron mise d'abord sur la diplomatie pour faire baisser les prix, tout en promettant que "rien" ne sera exclu si la flambée se poursuit. Surtout, le président a formulé avec une rare clarté la menace que représente désormais la Russie pour la France, appelant le pays à "se préparer" face à "la multiplication des actes hostiles en Europe".

Une quarantaine de minutes depuis le jardin d'hiver de l'Elysée pour parler guerres, Russie, pétrole, pouvoir d'achat et même dissolution. Face à Gilles Bouleau et Caroline Roux, Emmanuel Macron avait un message à faire passer : si les prix flambent à la pompe, la faute est à chercher du côté de la géopolitique, pas de l'Élysée. Écoutez.

"La montée des prix à la pompe, c'est terrible pour beaucoup de familles. Certains sont obligés de faire des sacrifices pour ne pas utiliser leur voiture", a reconnu le président. Selon lui, cette situation est notamment la triste conséquence des tensions autour du détroit d'Ormuz, par lequel transite une part importante des hydrocarbures mondiaux, et plus largement les conflits internationaux alimentent cette hausse. 

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Mercredi, le gazole atteignait en moyenne 2,40 euros le litre dans l'Hexagone, contre 2,26 euros pour le SP98 et 2,16 euros pour le SP95-E10. À La Réunion, depuis le mardi 1er septembre, les prix ont flambé à la pompe. Le sans-plomb a augmenté de 5 centimes, il est passé à 1,68 euro. Le gazole a connue la plus forte augmentation avec 13 centimes en plus à la pompe, passant à 1,83 euro le litre.

- À la pompe, Macron préfère la diplomatie à la baisse des taxes -

Pour tenter de desserrer l'étau, Emmanuel Macron mise d'abord sur l'international. Il assure avoir multiplié les échanges avec les fournisseurs de la France, à l'instar du Nigeria ou de l'Arabie Saoudite, afin de sécuriser les approvisionnements et affirme que les stocks de gaz français devraient atteindre environ 80 % dans les prochaines semaines. L'Élysée avait déjà détaillé cette stratégie quelques jours auparavant. La France doit également participer à la sécurisation d'une voie pétrolière en Arabie saoudite. "Dès qu'on détend ces endroits, le prix va se faire ressentir à la pompe", a assuré le chef de l'État. 

Autre levier : les réserves stratégiques évoquées par Emmanuel Macron qui veut réunir les pays du G7 afin d'examiner la possibilité d'en libérer davantage et ainsi soulager le marché. Une option qu'il dit avoir évoquée avec Donald Trump. 

Pour les automobilistes qui espéraient surtout entendre parler de leur prochain passage à la station-service, le remède est donc, pour l'instant, essentiellement diplomatique. Car baisser les taxes sur les carburants n'est pas la solution privilégiée par Emmanuel Macron. "À ceux qui disent : baissons les taxes, je dis : d'abord, essayons de baisser les prix", a-t-il lancé, qualifiant les propositions (formulées par ses opposants, ndlr) de baisse fiscale sans réduction parallèle des dépenses de "démagogie budgétaire". Et le président insiste : "Aujourd'hui, la hausse que nous vivons n'est pas due à une décision gouvernementale mais à des conditions géopolitiques".  

- "On ne laissera pas les prix s'envoler" -

Pas question pour autant de fermer complètement la porte à de nouvelles mesures si le portefeuille des Français continue de se vider. "On ne laissera pas les prix s'envoler", a promis Emmanuel Macron, indiquant avoir échangé avec le Premier ministre. "En fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure", a-t-il ajouté, tout en répétant qu'il juge plus "intelligent" de cibler les aides vers ceux qui en ont le plus besoin plutôt que de réduire uniformément les taxes. 

Au cours de l'interview, le président a aussi été interrogé sur TotalEnergies. Les journalistes lui ont rappelé que le groupe avait réalisé 10 milliards d'euros de bénéfices au cours des six derniers mois, quand le plafonnement des prix à la pompe lui aurait coûté environ 300 millions d'euros. Peut-être faut-il demander au pétrolier un effort supplémentaire ? Emmanuel Macron préfère, pour l'instant, ne pas trop toucher à la pompe à profits. "Au nom de l'équité, est-ce qu'on peut demander à Total de donner plus ? Ce débat viendra et il est légitime au moment du budget", il répond, avant de voler plutôt au secours du groupe : "Ils sont Français, ils sont patriotes et ils ne font pas de marge chez nous". Pour mettre davantage TotalEnergies à contribution, il faudra donc attendre le débat budgétaire selon le président.

À ceux qui lui reprochent les dépenses accumulées pendant ses mandats, Emmanuel Macron défend aussi son bilan : "Je ne crois pas avoir dépensé à mauvais escient". Covid, crise énergétique, investissements : le chef de l'État assume notamment le "quoi qu'il en coûte", tout en regrettant de ne pas avoir réussi à faire adopter davantage de réformes permettant, selon lui, de réaliser des économies. 

- Face à la Russie, "nous devons nous préparer" -

Changement de sujet, mais pas vraiment d'ambiance. Emmanuel Macron a également consacré une large partie de son intervention à la menace russe en Europe. Le président a d'abord démenti une information selon laquelle la CIA aurait prévenu les services français de l'imminence d'une attaque. Mais il n'a pas pour autant cherché à rassurer sur le fond. "Nous devons être lucides sur l'évolution de la menace. Nous devons nous préparer", il déclare. Selon lui, les actes hostiles attribués à la Russie se sont multipliés en Europe ces dernières années, entre cyberattaques, désinformation et opérations hybrides. 

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La France n'a pas subi, selon le président, d'attaque russe contre l'un de ses sites stratégiques, mais ce scénario est "crédible", assure le chef d'État. Le ministre de l'Intérieur a notamment réuni les préfets de zone afin d'identifier les sites civils sensibles, industriels et militaires à protéger.  Ces inquiétudes avaient déjà été exposées par Emmanuel Macron le 18 septembre après sa réunion avec les responsables politiques, lorsqu'il avait évoqué une intensification des menaces hybrides russes. 

- L'Ukraine soutenue, malgré la facture énergétique -

Sur la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron n'entend pas faire de la hausse des carburants un argument pour réduire le soutien français à Kiev. "Notre responsabilité est d'aider l'Ukraine à résister, c'est ce qu'on fait depuis le début", a-t-il affirmé, évoquant notamment la fourniture supplémentaire de radars et de missiles après une rencontre avec Volodymyr Zelensky. 

Pour tenter de réduire les conséquences énergétiques de la guerre, Paris pousse parallèlement l'idée d'un double moratoire : mettre fin aux affrontements en mer Noire et cesser les frappes contre certaines infrastructures énergétiques. Une proposition également évoquée avec Donald Trump.

- La colère "normale", mais pas question de rallumer les Gilets jaunes -

Avec des carburants à des prix records et un pouvoir d'achat tendu, l'hypothèse d'une nouvelle colère sociale s'est logiquement invité dans l'interview. Sur ce terrain, Emmanuel Macron reconnaît que "la colère est normale puisque la situation est difficile". Mais le chef de l'État voit d'un mauvais œil les appels à une mobilisation plus large : "J'entends des voix qui s'élèvent pour tenter de raviver un mouvement social généralisé... mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée". 

Pour lui, la solution tient en quelques mots : solidarité, décisions "responsables" et recherche d'une issue aux conflits internationaux. Autrement dit, à ceux qui regardent le compteur de la pompe grimper, Emmanuel Macron demande encore un peu de patience. Elle guérit, paraît-il, la gale... à en croire le président, elle pourrait désormais aussi soigner nos portefeuilles.

- Une nouvelle dissolution ? "Ce serait mauvais pour le pays" -

Enfin, le président a refermé, au moins pour l'instant, la porte à une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale. "Je pense que ce serait mauvais de faire une dissolution aujourd'hui à huit mois de la présidentielle", il estime. Selon Macron, une nouvelle élection législative ajouterait une "fragilité politique" aux guerres et aux difficultés de pouvoir d'achat concernnat déjà le pays. 

Emmanuel Macron a par ailleurs défendu les grandes orientations du prochain budget, présenté jeudi par Sébastien Lecocrnu. Le chef de l'État l'assure, il ne s'agit là "pas d'un budget offensif", préférant le qualifier de "budget de responsabilité". Mais à défaut d'un budget offensif, l'objectif est surtout d'éviter que les comptes ne battent davantage en retraite : laisser filer le déficit ne serait "pas juste", affirme le président, pour qui "la priorité du moment, c'est la stabilité politique et financière". Bref, après le "quoi qu'il en coûte", place au "attention à combien ça coûte".

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Et le chef du gouvernemnt de conclure : "Mon devoir aujourd'hui, c'est d'agir face à la crise qu'on vit. Je dois agir pour protéger et défendre le pays, défendre les intérêts de la nation". Une intervention durant laquelle Emmanuel Macron aura donc surtout cherché à convaincre que la réponse à la facture des Français se joue désormais autant à Ormuz, en Ukraine et autour de la table du G7 qu'à Bercy. Pour la baisse des prix à la pompe, il faudra encore attendre de voir si la diplomatie finit, elle aussi, par faire le plein.

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1 Commentaires
Jmt
Jmt
3 heures

Je propose à Mr Macron de créer un nouveau chéquier avec marque dessus "patiente" qu'on pourra donner aux pompistes quand on ira faire le plein et qux caissières pour les courses....