SWIOCOF-15 : des températures exceptionnelles et une saison avec moins de cyclones à prévoir à La Réunion

  • Publié le 6 octobre 2026 à 16:50
  • Actualisé le 6 octobre 2026 à 16:59
sécheresse

Réunis aux Seychelles du 15 au 18 septembre 2026, les responsables des services météorologiques de neuf pays de la région ont adopté les perspectives pour la saison estivale 2026-2027. Elles annoncent un climat plus chaud que la normale sur l’ensemble de la zone, des précipitations très contrastées d’un territoire à l’autre et une activité cyclonique nettement inférieure à la normale. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

La 15ème session du Forum de prévision climatique pour le Sud-Ouest de l’océan Indien (SWIOCOF-15) a été organisée à Anse Royale par l’Autorité météorologique des Seychelles, avec la Commission de l’océan Indien (COI), l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et Météo-France.

Elle a réuni les services météorologiques nationaux et des représentants des secteurs concernés des États membres de la COI, d’Afrique du Sud, du Malawi, du Mozambique et de Tanzanie.

Un épisode El Niño s’installe dans le Pacifique et devrait rester fort au coeur de la saison des pluies, avec un dipôle de l’océan Indien (IOD) positif dont le pic est attendu d’octobre à décembre et un dipôle subtropical de l’océan Indien (SIOD) neutre à négatif de décembre 2026 à mars-avril 2027.

La tendance : des températures élevées partout et des pluies contrastées. Les températures sont déjà supérieures à la normale dans la majeure partie de la région. Cette tendance se maintient d’octobre 2026 à mars 2027, avec un risque de températures exceptionnellement élevées multiplié par plus de cinq.

Des records pourraient être battus. Une température exceptionnelle dépasse le seuil atteint une année sur dix en climat normal.

Les précipitations devraient être inférieures à la normale en Afrique du Sud, dans le centre et le sud du Mozambique et dans le sud-ouest de Madagascar. Elles devraient être supérieures à la normale en Tanzanie, aux Seychelles, à Maurice et à La Réunion d’octobre à décembre. Les Comores connaîtraient des conditions proches de la normale à supérieures, le nord et l’est de Madagascar des conditions normales à supérieures.

Pour ce qui est des cyclones, les prévisions portent sur une baisse de leur nombre. Mais la vigilance reste de mise car un seul météore d’envergure suffit à causer d’importants dégâts.

De novembre 2026 à avril 2027, l’activité cyclonique devrait être nettement inférieure à la normale. Le risque d’atterrissage est considérablement réduit pour Madagascar et le Mozambique et demeure proche de la normale pour les Mascareignes.

La seconde partie de la saison reste incertaine, et une activité régionale réduite n’exclut pas un risque local. Une mise à jour sera présentée lors du mini-forum SWIOCOF-TC, en visioconférence, le 28 octobre 2026.

- Anticiper les impacts par secteur -

Le sud de la région fait face à un risque de sécheresse, de stress hydrique et d’insécurité alimentaire, tandis que les zones plus humides doivent se préparer aux inondations et aux glissements de terrain. La santé, l’eau, la pêche, les récifs et le tourisme sont aussi exposés.

Le sud-est de Madagascar et les Mascareignes, déjà marqués par des déficits pluviométriques entre décembre 2025 et août 2026, appellent une attention particulière. Ces prévisions régionales doivent être complétées par la déclaration du SWIOCOF ici et les informations des services nationaux.

Pour le docteur Ibrahim Norbert Richard, secrétaire général de la COI, " Le SWIOCOF soutenu avec constance par la COI constitue un rendez-vous important de préparation collective face aux tendances météorologiques marquées par les effets du changement climatique. Les prévisions servent directement la prise de décision, la planification sectorielle et aussi la sensibilisation face aux risques et aléas. Les résultats du SWIOCOF doivent très concrètement servir les utilisateurs publics et privés.", dit-il.

"C’est donc tout naturellement que notre projet HYDROMET appuie ces travaux qui sont complémentaires des initiatives entreprises. Avec le soutien de l’Agence française de développement, du Fonds vert pour le climat et de l’Union européenne, la COI déploie des équipements d’observation, forme les climatologues de ses États membres et organise désormais deux sessions du SWIOCOF par an. Ces investissements renforcent la capacité de chaque pays à produire ses prévisions saisonnières et, progressivement, des services climatiques utiles à la planification dans l’eau, l’agriculture, la santé, la gestion des catastrophes et le tourisme. Chaque décideur de la région doit pouvoir s’appuyer sur une information fiable pour anticiper. ", ajoute-t-il.

- Sur le projet HYDROMET -

Mis en œuvre par la COI, ce projet est financé par l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne et le Fonds vert pour le climat. Il appuie les services météorologiques des Comores, de Madagascar, de Maurice et des Seychelles, en lien avec Météo-France à La Réunion.

Ce projet vise à renforcer les capacités de services météorologiques nationaux et le développement de services climatiques adaptés en faveur de la résilience et des capacités d’adaptation des communautés régionales et nationales aux impacts du changement climatique dans les États insulaires du Sud-Ouest de l’océan Indien à travers trois composantes : 

• Renforcement de l’ensemble des réseaux de surveillance climatique, météorologique et hydrologique ;

• Renforcement des systèmes de prévisions climatiques, météorologiques et hydrologiques et la prestation de services ;

• Renforcement des capacités nationales et régionales en matière de modélisation du climat, de prévision et de systèmes d’alerte rapide
 

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