[Photos-Vidéo] À Saint-Denis, préserver la rivière devient un enjeu collectif

  • Publié le 26 août 2026 à 02:58
relevage filet anti-pollution riviere saint-denis

Du ramassage des déchets à la restauration de la continuité écologique, le premier Biodiv'Tour organisé par l'Agence régionale de la biodiversité de La Réunion a permis, ce mardi 25 août 2026, de découvrir plusieurs actions menées autour de la rivière de Saint-Denis. Une matinée qui a mis en évidence un enjeu : pour protéger les cours d'eau, les collectivités, les experts et associations doivent agir ensemble. (Photos : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

L’Agence régionale de la biodiversité (ARB) de La Réunion, la Cinor, la Fédération de la pêche, l’Aappma- RN, la Srepen et l’Office de l’eau Réunion ont ainsi présenté leurs différents projets.

Une approche qui rappelle qu’une rivière ne s’arrête pas aux limites d’une commune : elle prend sa source en amont, traverse différents espaces et concentre, tout au long de son parcours, des enjeux environnementaux et humains.

- Des filets pour retenir les déchets avant qu'ils n'atteignent la rivière - 

Depuis 2022, des filets sont installés à certains sorties d'eau afin de récupérer les déchets transportés par les eaux pluviales. Le principe est simple : le filet bloque les déchets avant qu’ils ne rejoignent le cours d’eau. Selon les éléments présentés lors de la visite, le dispositif permet principalement de récupérer du plastique, mais également de l’aluminium et du fer. Regardez.

La surveillance et le relevage des filets sont assurés par l’Aappma-RN, l’Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique des Rivières du Nord. Sur le terrain, les agents effectuent une visite visuelle tous les mois afin de déterminer si le filet doit être relevé.

Les déchets sont ensuite triés avant d’être pris en charge par la collectivité. Le dispositif représente toutefois un investissement : une installation coûte environ 8.000 euros. L’objectif désormais, développer une fabrication locale et faciliter la mise en place de nouveaux filets.

Ces filets ont également un avantage pour la santé publique. "Aujourd'hui on s'aperçoit que dans la rivière, il y a moins de gîtes larvaires parce que les déchets sont retenus par le filet" explique Bernard Grondin, garde pêche.

Les volumes collectés montrent l’ampleur du problème : environ 800 kg de déchets ont été récupérés en 2024 et près d’une tonne en 2025.

- Une méthode collective pour agir sur le territoire de Saint-Denis - 

Pour la maire de Saint-Denis, la préservation de la biodiversité passe avant tout par une présence concrète sur le terrrain. "Il faut aller sur le terrain pour comprendre les enjeux sur chaque territoire", a-t-elle expliqué.  

Cette démarche doit permettre de réunir les différents acteurs autour des mêmes problématiques. "Maintenant que nous avons la méthode collective, nous devons mettre tout ce que l'on peut ensemble pour pouvoir agir", a-t-elle ajouté.

Une méthode qui se retrouve dans les différentes actions présentées autour de la rivière de Saint-Denis où les enjeux environnementaux se mêlent aux questions d'aménagement et de sécurité. 

Cette volonté s'inscrit dans le Biodiv'Tour qui doit se poursuivre avec un rendez-vous chaque mois sur un territoire différent. "L'objectif est de faire circuler l'expérience réunionnaise", a rappelé la maire.

Afin de poursuivre la sensibilisation, une classe de troisième du collège Reydellet participe au projet, accompagnée notamment par l’Office français de la biodiversité, la Fédération de pêche, la ville de Saint-Denis, le Département et l’Office de l’eau. Les élèves ont étudié le cabot bouche ronde et le bichique, ainsi que les menaces qui pèsent sur ces espèces : pollution, déchets, pêche, mais aussi déplacement des galets pouvant détruire les œufs.

Ils souhaitent désormais installer des panneaux le long des berges afin de sensibiliser les usagers de la rivière. 

- Lancement du programme Territoire engagé pour la nature -

Au cours de cette première édition du Biodiv'Tour, la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, a lanceé le programme Territoire engagé pour la nature.

Déjà déployé auprès de 600 collectivités en France, le dispositif est désormais adapté aux réalités et aux enjeux du territoire réunionnais.

Toutes les communes et intercommunalités peuvent candidater jusqu'au 7 février 2027. Pendant trois ans, elles seront accompagnées. Elles devront établir un constat de leur territoire puis construire avec l'ARB et ses partenaires, un plan d'action réaliste en faveur de la préservation de la biodiversité et de la protection de l'environnement.

À la clé, l'obtention d'un label, le soutient d'un réseaux d'experts, des financements et une reconnaissance de leur engagement aux niveau régional et national.

jc/www.imazpress.com/[email protected]

 

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