Suite au scandale de l'école privée Bétharram - révélant des violences subies par les élèves pendant des décennies au sein de l'établissement privé catholique des Pyrénées-Atlantiques - l'Éducation nationale a mené des centaines d'inspections. Au total, 442 établissements ont été mis en demeures six signalements ont été effectués. À La Réunion, sept contrôles ont été menés dans les établissements scolaires de l'Académie. Selon le rectorat, "il a été constaté une mise en œuvre effective des enseignements, conforme aux programmes et aux volumes horaires attendus dans le cadre du contrat d’association, garantissant aux élèves l’acquisition des apprentissages fondamentaux". Aucune violence physique ou sexuelle sur les élèves n'a été signalée (Photo d'archives : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
"Il n'y a pas eu de nouveau Bétharram" depuis les révélations. C'est ce que révèle le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, dans les colonnes du journal La Croix.
"Ces contrôles réalisés par le rectorat portent sur les domaines administratifs, humains et financiers, de la sécurité, pédagogiques", précise l'Académie de La Réunion.
- Une "mise en en œuvre effective des enseignements" à La Réunion -
Il a été constaté, de façon générale, "une mise en œuvre effective des enseignements, conforme aux programmes et aux volumes horaires attendus dans le cadre du contrat d’association, garantissant aux élèves l’acquisition des apprentissages fondamentaux", précise le rectorat.
"Le cadre administratif et financier est maîtrisé, les obligations de service sont respectées et les financements publics sont utilisés conformément à leur destination", ajoutent les services.
"Le respect des principes fondamentaux du code de l’éducation, notamment en matière de liberté de conscience et d’absence de discrimination dans l’accès à l’établissement, est respecté. Enfin, la prise en compte du caractère propre de l’établissement est conforme au cadre réglementaire", conclut l'académie.
Ces contrôles reposent sur l’étude de pièces, des observations de classe, des entretiens avec les personnels, les élèves et les parents d’élèves.
- 442 mises en demeure et six signalements après les contrôles des établissements privés sous contrat -
Les 1.500 contrôles effectués ou en cours dans les établissements privés après le scandale Bétharram ont donné lieu à 442 mises en demeure et six signalements au procureur, affirme, le ministre de l’éducation à La Croix.
Toutefois, sur les 1.500 contrôles déjà réalisés ou en cours, il y a eu six signalements au procureur, dont une partie pour des faits de maltraitance d’élèves", poursuit le ministre, en précisant qu’il s’agit "en première analyse" de "situations individuelles".
La présence d’inspecteurs a "libéré une parole qui a conduit à un signalement", et "à chaque fois, nous avons engagé des procédures disciplinaires contre les personnels en cause", affirme-t-il.
Après les révélations de violences physiques et sexuelles à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d’autres établissements privés, l’ex-ministre de l’éducation, Élisabeth Borne, avait dévoilé en mars 2025 un plan prévoyant notamment que 40 % des établissements privés sous contrat (sur un total d’environ 7.500, en grande majorité catholiques) soient inspectés dans les deux prochaines années.
- Scandale dans l'établissements privé scandale Bétharram -
Pour rappel, le parquet de Pau a ouvert une enquête sur une centaine de plaintes visant des faits présumés de violences, agressions sexuelles et viols commis au collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, entre les années 1970 et 1990.
L'ancien chef du gouvernement, François Bayrou, originaire de la région, a scolarisé plusieurs de ses enfants dans cette institution et son épouse y a enseigné le catéchisme.
En avril 1996, alors que François Bayrou était ministre de l'Education, une plainte avait dénoncé les violences physiques d'un surveillant à Bétharram sur un enfant de la classe d'un de ses fils, condamné par la suite. Puis en mai 1998, alors qu'il était redevenu député des Pyrénées-Atlantiques et président du conseil général, un ancien directeur de l'institution avait été mis en examen et écroué pour viol.
"Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit, de violences ou de violences a fortiori sexuelles. Jamais", a-t-il toujours affirmé.
Au total, 15 prêtres, presque tous décédés, et quatre laïcs ayant exercé à Bétharram ont été mis en cause. Un autre surveillant et un prêtre placé en garde à vue ont bénéficié de la prescription, dont le point de départ commence à la majorité des plaignants et se poursuit désormais jusqu’à 30 ans dans les cas de viol.
La congrégation des pères de Bétharram a reconnu sa "responsabilité" dans les violences physiques et sexuelles dénoncées, et compte indemniser toutes les victimes.
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