Condamnées en appel pour le crash Rio-Paris, Airbus et Air France se pourvoient en cassation

  • PubliĂ© le 22 mai 2026 Ă  06:50
  • ActualisĂ© le 22 mai 2026 Ă  07:00
Des dĂ©bris du vol Air France 447 Rio-Paris, le 24 juillet 2009 au laboratoire du CEAT de Toulouse lors de l'enquĂȘte sur le crash

Les entreprises Airbus et ​Air France ont Ă©tĂ© condamnĂ©es jeudi par la cour d'appel de Paris Ă  la peine ​maximale, soit une amende de 225.000 euros chacune, pour "homicides involontaires" Ă  l'issue du procĂšs du crash du vol Rio-Paris, qui avait fait 228 morts en 2009. Airbus a annoncĂ© un pourvoi en cassation aprĂšs sa condamnation, ainsi que la compagnie Air France, qui explique dans un communiquĂ© "regretter" la dĂ©cision de la cour d'appel. Le RĂ©unionnais François Henry et sa compagne CĂ©line Guittard faisaient partie des victimes. Le jeune homme Ă©tait steward Ă  Air Austral.

Dans un revirement judiciaire, la cour d'appel de Paris a déclaré, jeudi 21 mai, Air France et Airbus coupables "d'homicides involontaires" dans le crash du vol Rio-Paris en 2009, les déclarant "seuls et entiÚrement responsables" de l'accident le plus meurtrier de l'aviation française.

L'avionneur ⁠europĂ©en ​Airbus a ​annoncĂ© qu'il allait ​former ‌un ⁠pourvoi ‌en cassation Ă  la suite de cette ⁠condamnation.

Les deux sociétés, qui avaient été relaxées en premiÚre instance et se défendaient de toute faute pénale, ont été condamnées à la peine maximale de 225 000 euros d'amende pour ce crash qui, le 1er juin 2009, a fait 228 morts. Une condamnation essentiellement symbolique mais qui ternit l'image des deux entreprises.

Le transporteur Air France a été déclaré coupable de ne pas avoir mis en oeuvre pour les pilotes une formation adaptée aux situations de givrage des sondes Pitot, qui mesurent à l'extérieur de l'avion la vitesse de l'appareil, ni procédé à une information suffisante des équipages, ce que la compagnie a toujours démenti.

- Le BEA met en cause la formation des pilotes de l'Airbus Rio-Paris -

Quant à Airbus, la justice lui reproche d'avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques et de n'avoir pas pris toutes les dispositions nécessaires pour en informer d'urgence les compagnies aériennes qui en étaient équipées, ce que le constructeur conteste également.

AprÚs avoir demandé et obtenu la relaxe de la compagnie aérienne et du constructeur lors du premier procÚs, le ministÚre public avait opéré un revirement au terme des deux mois du procÚs en appel à l'automne et requis leur condamnation pour ce crash passé à la postérité par la célÚbre photo de la dérive tricolore arrachée à l'avion flottant au milieu de l'océan Atlantique.

"Rien n'est venu, aucune parole de réconfort sincÚre. C'est une défense en granit. Un seul mot résume tout ce cirque: l'indécence", ont fustigé les deux avocats généraux dans leur réquisitoire fin novembre. "Seize années pour venir raconter n'importe quoi et nous sortir des arguments de la manche ou du chapeau, c'est inadmissible de la part d'une compagnie".
Givrage de sondes

En premiÚre instance comme en appel, Airbus et Air France se sont farouchement défendus de toute responsabilité pénale. Pointant des mauvais choix faits par les pilotes dans l'urgence, le représentant d'Airbus a estimé à la barre que "les facteurs humains ont été pré-déterminants" dans l'accident.

Les boßtes noires ont confirmé le point de départ de l'accident : le givrage des sondes de vitesse Pitot alors que l'avion volait à haute altitude dans la zone météo difficile du "Pot au noir", prÚs de l'équateur.

Pour le parquet général, les fautes d'Airbus et d'Air France sont "caractérisées" et ont "concouru, de façon certaine, à la survenance du crash aérien".

"Cette condamnation jettera l'opprobre, un discrédit sur ces deux compagnies" et "doit résonner comme un avertissement", avait estimé à l'audience l'an dernier l'avocat général Rodolphe Juy-Birmann.

À l'issue du procĂšs en premiĂšre instance, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxĂ© en 2023 sur le plan pĂ©nal Airbus et Air France, tout en reconnaissant leur responsabilitĂ© civile. Il avait considĂ©rĂ© que si des "imprudences" et "nĂ©gligences" avaient Ă©tĂ© commises, "aucun lien de causalitĂ© certain" n'avait "pu ĂȘtre dĂ©montrĂ©" avec ce crash.

- Un Réunionnais tué dans le crash Rio-Paris -

Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s'abßme en pleine nuit dans l'Atlantique, quelques heures aprÚs son décollage, entraßnant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d'équipage. A bord de l'A330 immatriculé F-GZCP se trouvent des personnes de 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens.

À bord de l'A330 immatriculĂ© F-GZCP se trouvent des personnes de 33 nationalitĂ©s, parmi lesquelles 72 Français, dont le RĂ©unionnais François Henry, steward Ă  Air Austral, et sa compagne CĂ©line Guittard. Le couple revenait de vacances au BrĂ©sil lorsque le drame s'est produit. Le steward avait 39 ans et sa compagne 34 ans.

François Henry repose en terre réunionnaise.

www.imazpress.com avec AFP/redac@@ipreunion.com

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