Le cyclone Belal est dans toutes les tĂȘtes. Ses vents surpuisssants et ses pluies torrentielles Ă©taient tellement menaçants que, pour la premiĂšre fois Ă La RĂ©union, les autoritĂ©s ont dĂ©clenchĂ© l'alerte violette, signifiant le confinement total mĂȘme pour les secours et les forces de l'ordre. Ă peine quelques jours plus tard, la tempĂȘte Candice a naviguĂ© au large de nos cĂŽtes. Elle ne nous a pas frappĂ© directement mais sa proximitĂ© a gĂ©nĂ©rĂ© de grosses prĂ©cipitations. MĂ©tĂ©o France a lancĂ© une vigilance rouge fortes pluies et orages pour la moitiĂ© sud de l'Ăźle. Du rarement vu. Le cyclone Belal a Ă©tĂ© finalement moins puissant que prĂ©vu, mais, les mĂ©tĂ©orologues en sont certains, en raison du rĂ©chauffement climatique des cyclones plus courts mais plus intenses se produiront (Photo rb/www.imazpress.com)
"Les systÚmes qui se forment dans la configuration de cette année sont liés au phénomÚne El Nino qui se situe dans le pacifique", explique François Bonnardot, responsable prévision à Météo France.
"Des systÚmes qui ont tendance à se former en partie centrale du bassin avec des trajectoires qui plongent beaucoup plus rapidement que d'habitude vers le sud", précise-t-il.
"C'est d'ailleurs ce qui s'est passé avec le phénomÚne Belal et avec Candice", poursuit François Bonnardot.
- Belal, un phénomÚne à part -
Ă savoir que Belal a Ă©tĂ© un phĂ©nomĂšne assez particulier pour La RĂ©union. S'il a Ă©tĂ© fort heureusement moins intense qu'annoncĂ© au dĂ©part â causant tout de mĂȘme de nombreux dĂ©gĂąts -, il reste historique de par sa trajectoire.
"Belal n'est pas un systÚme cyclonique trÚs particulier en soi. Ce qui a fait sa particularité c'est qu'il a traversé ou en tout cas heurté La Réunion de plein fouet."
"Ce n'est pas frĂ©quent qu'un systĂšme vienne impacter directement l'Ăźle", dit-il, Ă©voquant le fait que "le dernier systĂšme dont l'Ćil est venu directement impacter l'Ăźle c'Ă©tait le 19 janvier 1993 avec Colina. "Ăa fait plus de 30 ans et c'est ce qui fait le caractĂšre particulier."
Par contre, Belal "n'est absolument pas un systÚme particuliÚrement intense au regard de l'historique des cyclones qui ont transité sur les zones sur les 40 à 50 derniÚres années", précise François Bonnardot.
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- Des cyclones plus menaçants -
Des cyclones comme Belal - de par son intensité mais pas forcément sa trajectoire - ou du moins des systÚmes qui se dirigent plus vers le sud et donc menaceraient les Mascareignes, il faut s'y préparer.
"Oui il y aura probablement dans le courant fĂ©vrier ou mars d'autres systĂšmes cycloniques qui vont se former dans la zone. Possible aussi dans la partie centrale oĂč on privilĂ©gie plutĂŽt en zone de cyclogenĂšse la partie centrale du bassin mais avec des trajectoires qui pourraient ĂȘtre encore orientĂ©es sud ou sud-est.
"Et donc effectivement rien n'est impossible, mais on ne s'attend pas forcément à ce qu'il y ait un autre systÚme qui vienne directement affecter La Réunion dans le courant de cette saison", note François Bonnardot, responsable à Météo France Réunion.
Cette annĂ©e d'ailleurs, "on a possiblement moins de systĂšme que d'habitude â on a tablĂ© sur une fourchette entre cinq et huit systĂšmes mais par contre, lorsque ces systĂšmes se formeront, ils se formeront plutĂŽt sur la partie centrale du bassin avec des trajectoires qui seraient possiblement menaçante pour les Mascareignes", indique François Bonnardot.
Les Mascareignes étant un archipel de l'Océan indien formé de trois ßles : La Réunion, Maurice et Rodrigues.
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- La faute au réchauffement climatique -
à l'avenir, "la possibilité que les cyclones les plus intenses puissent évoluer à des latitudes plus australes exposant ainsi La Réunion est accrue", indique Météo France.
Comme le précisait François Bonnardot et que confirme Marie-Dominique Leroux - responsable division études et climatologie, "les "simulations climatiques pour l'ensemble du bassin sud-ouest de l'océan Indien montrent plutÎt une diminution du nombre total de systÚmes (catégories 1 à 5) mais une augmentation de la proportion des systÚmes les plus intenses de type Freddy (catégorie 4 à 5)".
"Par ailleurs, les projections futures montrent aussi que la zone actuelle oĂč les systĂšmes atteignent leur maximum d'intensitĂ© dans le bassin devrait se dĂ©caler lĂ©gĂšrement vers le sud Ă mesure que le climat se rĂ©chauffe."
"Ils auront aussi une durée de vie légÚrement plus longue, à cause de l'augmentation des températures de la mer, leur principal carburant énergétique", ajoute la responsable.
En conclusion, il va falloir s'attendre pour les années à venir, à plus de cyclone sur les ßles des Mascareignes (à cause de l'intensification des phénomÚnes), à cause du réchauffement climatique. "Les cyclones qui transiteront prÚs de notre ßle dans le futur seront plus intenses que dans le passé, et ce d'autant plus que le climat se réchauffera", précise Marie-Dominique Leroux.
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