Plus d'un an et demi après le dernier Comité interministériel des Outre-mer, Manuel Valls et François Bayrou ont présenté une nouvelle feuille de route ce jeudi 10 juillet pour les territoires ultra-marins. Vie chère, insécurité, refondation de Mayotte ont été abordées pêle-mêle, le tout sans convier les parlementaires, présidents de collectivités et autres élus de ces dits-territoires. Concernant La Réunion, c'est surtout les réflexions autour de de la vie chère qui devraient intéresser la population. Et après un an et demi de travail, peu de nouveautés ressortent de cette présentation.
On apprend notamment qu'un projet de loi contre la vie chère sera présenté en Conseil des ministres d'ici fin juillet, et examiné après la rentrée parlementaire. Le contenu de ce projet de loi reste cependant pour le moment flou.
Les seules réelles indications tournent autour d'un plan à "cinq combats prioritaires" : la "concurrence pour casser les situations de monopole et stimuler une vraie compétition économique, la transparence pour garantir une information claire sur les prix, l'exigence pour impliquer tous les acteurs, publics et privés, la renaissance économique pour soutenir les filières locales et la production endogène, et le bon sens pour inscrire les Outre-mer dans leur environnement régional".
Quelles pistes pour appliquer ces mesures ? Surprise, on le saura fin juillet.
Le projet intègrera par ailleurs "plusieurs dispositions issues des propositions de loi adoptées ou déposées à l’Assemblée nationale et au Sénat, portées par la députée Béatrice Bellay, la sénatrice Audrey Bélim, le sénateur Victorin Lurel et la sénatrice et présidente de la délégation parlementaire aux Outre-mer du Sénat, Micheline Jacques", indique le gouvernement. Lesquelles ? Surprise encore une fois.
Le gouvernement qui se gausse d'avoir apporté un "soutien clair à ces textes", ce qui "témoigne de la reconnaissance du travail législatif accompli et de la volonté d’aboutir à un socle législatif partagé, en l’adaptant si nécessaire pour en garantir l’effectivité". En oubliant de préciser, par exemple, que les précédentes demandes de plafonnements de loyer dans les communes ultra-marines étaient restées lettres mortes jusqu'à il y a quelques mois.
On peut aussi citer des décrets pris "dès aujourd'hui" utiles, comme l'affiche obligatoire de la liste des produits BQP+ à l'entrée des magasins…Chose qui se fait déjà à La Réunion. Ou encore la nomination obligatoire d'un président pour l'OPMR local…La Réunion appliquant déjà cette mesure.
Quelques bonnes idées ressortent tout de même, notamment l'élargissement du BQP aux services, ou encore le renforcement des moyens de l'OPMR – à condition qu'il soit écouté -. D'autres propositions, déjà appliquées à La Réunion, ne seront par ailleurs pas de trop pour le reste des Outre-mer.
Bonne nouvelle en tout cas, une fois la loi votée et les différents décrets publiés, une circulaire sera envoyée aux préfets pour le demander de s'assurer de la bonne application de ces derniers. Pour leur rappeler de faire leur travail, donc. Nous voilà rassurés.
Concernant le prochain CIOM qui devrait se tenir avant la fin de l'année, le gouvernement veut placer la lutte contre les violences intrafamiliales, la coopération régionale, l'autonomie alimentaire et l'adaptation au dérèglement climatique au coeur des discussions. Des thématiques abordées depuis des années, avec des avancées plus ou moins efficaces au fil des ans.
Reste désormais à voir si le projet de loi sera à la hauteur des espérances des Ultra-marins, à l'inverse de ce CIOM qui parle beaucoup, pour ne pas dire grand-chose, en tout cas en matière de vie chère.
La Rédaction d'Imaz Press Réunion
