Concours d'éloquence : un lycéen réunionnais parmi les 6 finalistes nationaux d’Eloquentia

  • Publié le 23 septembre 2026 à 02:57
Concours d'éloquence : un lycéen réunionnais parmi les 6 finalistes nationaux d’Eloquentia

Lauréat du Summer Camp Eloquentia@HEC, qui réunissait 79 lycéens sélectionnés venus de toute la France, Matys Hoareau, lycéen au lycée Mahatma Gandhi à Saint-André, a été retenu parmi les 6 finalistes qui participeront à la grande finale nationale d’Eloquentia@HEC, le 6 octobre 2026, sur la scène du Bataclan à Paris. (Photos : Solene Leonardi/ Photographe Eloquentia)

Matys Hoareau a commencé à La Réunion avec le concours d’éloquence DRGE, qu'il a remporté haut la main, avant d’obtenir la deuxième place au concours national DTGE. "Aussi contradictoire que cela puisse être, je suis extrêmement timide dans la vraie vie", nous dit le jeune lycéen. "Avant cet intérêt précis pour l’éloquence, je dirais qu’il me fallait faire plus d’efforts que les autres pour être à l’aise lors de certains exposés, mais je n’ai jamais trouvé ça facile", ajoute-t-il.

Un jour, par hasard, il est tombé sur une vidéo d’un discours d’éloquence, et la capacité de cette personne à lui transmettre des émotions, des sensations à travers sa parole, l’a directement touché. "Je me suis dit que ça pouvait être moi", explique-t-il.

Ce qui lui a donné envie de participer à son premier concours d’éloquence (le concours d’éloquence de l’océan Indien JAD), "c’est vraiment ce sentiment et cette détermination de me prouver à moi-même que ce n’est pas forcément tout le temps les autres et qu’il faut se lancer", explique-t-il.

Sur ces premiers concours, le lycéen parle de l'accomplissement d'un rêve. "Le concours DRGE (De La Réunion aux Grandes Ecoles) est un concours d’éloquence régional. On était une quinzaine de candidats et le remporter m’a permis justement de me qualifier au concours DTGE (Des Territoires aux Grandes Écoles) qui s’est déroulé à Paris. Il y avait là 10 candidats qualifiés comme moi venus des 4 coins du territoire français et cela relevait d’un vrai défi pour moi : Une première finale nationale était déjà l’accomplissement de mon rêve", dit-il.

- Le Summer Camp : "une barrière infranchissable" -

Pour Matys Hoareau le Summer Camp était une barrière infranchissable. "Avant d’avoir l’opportunité d’y participer, j’en parlais déjà à mes professeurs, mais ils me répondaient clairement que c’est presque impossible : En effet, de La Réunion les opportunités en Hexagone semblent impensables par manque de moyens ou manque d’aides", explique-t-il.

Le Summer Camp regroupe 80 lycéens venus de toute la France ayant une expérience approfondie dans le domaine de l’éloquence. "J’étais le seul Réunionnais à y participer, donc il y avait ce devoir de représenter fièrement mon l’île, mon nassyon, mon bann koulèr", ajoute t-il. "C’est une immense fierté pour moi de porter La Réunion sur les scènes nationales. Je pense qu’à La Réunion nous avons plein de talent et qu’il faut montrer à l’Hexagone qu’on est là, qu’on existe et pour cela, il faut s’imposer", poursuit le lycéen.

La barrière franchie, Matys Hoareau va participer à la grande finale d'Éloquencia@HEC, qui va se tenir le 6 octobre prochain, sur la scène du Bataclan. "Ce n’est pas n’importe quelle scène, c’est une scène avec une histoire profonde derrière. C’est aussi une très grande salle de 1500 places à peu près donc ça rajoute quand même une pression, mais surtout une envie de bien faire".

- Du premier jet à la scène -

En général, la préparation pour les concours d'éloquence se fait étape par étape. "D’abord avec le sujet qui m’est imposé, je me pose avec moi-même et j'écris tout ce qui me vient en tête. Puis vient l’étape “famille” où je vais chercher des arguments autour de moi avec ma mère ou mes amis, en cherchant le vécu de chacun pour une meilleure inspiration. Puis je fais un premier jet, un premier discours. Je le déclame devant mes professeurs qui me suivent, ils me proposent des rectifications, ils m’aident et puis toujours une deuxième version du discours, toujours meilleure que la première", relate t-il.

Généralement, il y a une liste de sujets préparée par l’organisme puis face à cette liste, c’est aux participants de choisir le sujet qui les inspire le plus. Et pour sa grande finale, le jeune devra répondre à cette question : ”Le bonheur : fruit de l’année ?”. "Je vais devoir répondre à la négative", explique-t-il.

- "Avoir quelque chose à dire et accepter de trembler en le disant" -

Pour Matys Hoareau, ce concours et cette grande finale ne sont pas un hasard. "Je suis sûrement sur la bonne voie. Quand je regarde mon parcours, je pense d’abord à toutes les personnes qui m’ont accompagné : ma famille, mes amis, mes professeurs, sans eux tout cela ne serait qu’un rêve. Je pense aussi à toutes les personnes formidables que j’ai rencontrées grâce à ces concours. J’ai effectivement appris à me surprendre ! J’ai compris que la parole peut être une vraie arme, elle peut servir à blesser cependant, elle peut apporter un compliment, des émotions, une réflexion et c’est pour moi ce côté-là qui démarque le vrai orateur du faux".

De nature timide, il pensait que cette expérience n’était pas faite pour lui. "Prendre la parole devant les autres me faisait peur. Alors je crois que l’éloquence, ce n’est pas forcément quelque chose qu’on possède. C’est quelque chose qu’on construit", constate le jeune homme.

"On n’a pas besoin d’avoir la voix la plus forte, les meilleurs mots ou une confiance incroyable. Il suffit parfois d’avoir quelque chose à dire et d’accepter, au début, de trembler en le disant. Et surtout, ne pensez pas qu’il faut être "doué" pour commencer. On devient éloquent en parlant, en se trompant, en recommençant, en apprenant à écouter et surtout en apprenant à se connaître. Parfois, la voix qu’on cherche à faire entendre au monde est d’abord celle qu’on doit apprendre à entendre soi-même", conclut Matys.

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1 Commentaires
Bravo les jeunes
Bravo les jeunes
17 minutes

Si Vergoz de ste rose celui qui change de parti en fonction du vent et du pouvoir, pouvait s'en inspirer. Il s'ecoute parler et fait dormir ses interlocuteurs.