Après plus de trois semaines de conflit social, la réunion organisée vendredi 30 octobre à Saint-Denis entre la direction internationale du groupe SAUR et l’intersyndicale de CISE Réunion n’a pas permis d’aboutir à une sortie de crise. Face aux perturbations de l’approvisionnement en eau potable dans l’Est, Joé Bédier, président de la CIREST, réaffirme sa détermination à défendre les intérêts des usagers et à faire respecter les obligations des exploitants. (Photo : Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)
Cette rencontre s’est tenue au siège de CISE Réunion en présence de Luis de Lope, directeur international du groupe SAUR, de Fabrice Hazard, directeur Outre-mer, de la directrice des ressources humaines internationales du groupe et d’Alexandre Seto, directeur par intérim de CISE Réunion.
L’absence d’accord malgré la présence de ces hauts responsables conduit la Cirest à s’interroger sur les arbitrages du groupe. Le risque d’une "contagion" des revendications sociales aux autres entités a notamment été évoqué au cours des échanges.
Pour la Cirest, les considérations internes d’un groupe international ne sauraient prévaloir sur les impératifs de continuité et de sécurité du service public de l’eau potable.
- L’eau potable n’est pas un bien comme les autres-
Depuis le début du mouvement social, plusieurs communes de l’est connaissent des interruptions de distribution, des restrictions de consommation et des difficultés dans la surveillance sanitaire des installations. Ces perturbations affectent la vie quotidienne des habitants et soulèvent des préoccupations majeures en matière de santé publique.
"L’eau potable n’est pas un bien comme les autres. C’est un besoin vital. Les habitants de l’Est ne doivent pas devenir les victimes d’un conflit social qui s’éternise. En tant que président de la Cirest, je resterai pleinement mobilisé jusqu’au rétablissement d’un service normal et sécurisé." lance Joé Bédier président de la Cirest. Il rappelle son attachement au respect du droit de grève et à un dialogue social constructif.
Les dispositifs exceptionnels susceptibles d’être sollicités pour assurer la continuité du service ne sauraient se substituer à la recherche d’un accord social ni décharger l’exploitant de ses responsabilités.
La préfecture de La Réunion ayant réquisitionnée des personnels afin d'assurer "les missions essentielles, notamment la surveillance du réseau, la recherche des dysfonctionnements et le contrôle de la qualité de l'eau".
La collectivité attend donc du groupe SAUR qu’il s’engage dans une résolution effective du conflit, tout en assurant les mesures indispensables à la protection des usagers.
- Des manquements contractuels antérieurs au conflit -
Selon le communiqué de Joé Bédier, "les difficultés rencontrées ne sont pas exclusivement liées au mouvement social. Depuis l’entrée en vigueur de la concession multiservices en mai 2025, plusieurs manquements contractuels ont été relevés concernant notamment la recherche de fuites, la maîtrise des pertes en eau, la fiabilité des fichiers abonnés et la continuité de la distribution".
"Près de 3,1 millions d’euros de pénalités ont déjà fait l’objet de titres de recettes émis pour recouvrement. Des pénalités complémentaires, évaluées à près de 1,2 million d’euros, sont à l’étude a titre des interruptions prolongées de distribution constatées en octobre à Sainte-Rose et à La Plaine-des-Palmistes", précise-t-il.
Le montant global pourrait ainsi dépasser 4,2 millions d’euros, sous réserve des vérifications et procédures contractuelles applicables.
Sous l’autorité de son président, la Cirest poursuivra avec rigueur le contrôle de l’exécution des contrats et l’application des dispositions nécessaires à la défense des intérêts des usagers.
- SAUR doit démontrer sa capacité à tenir ses engagements -
À quelques semaines du Congrès des maires de France, où les grands opérateurs de services publics présentent leur expertise auprès des collectivités, la situation dans l’est réunionnais soulève de sérieuses interrogations.
"Comment un groupe international peut-il promouvoir son savoir-faire auprès des élus alors que des habitants de La Réunion subissent depuis plusieurs semaines les conséquences d’une crise sans issue ? La crédibilité d’un opérateur se mesure au respect de ses engagements et à sa capacité à assurer le service, y compris dans les situations difficiles. Une éventuelle stratégie d’attente ou d’usure du conflit serait incompatible avec les responsabilités attachées à l’exploitation d’un service aussi essentiel."
La Cirest exige des engagements immédiats. Elle exige également la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable, garantir la surveillance sanitaire des installations et rétablir des conditions normales d’exploitation.
La Cirest demande à la direction internationale du groupe SAUR de prendre la mesure de la gravité de la situation et de présenter sans délai des propositions concrètes permettant de sortir du conflit.
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