"2èmes mouvements" : l’Ensemble Instrumental de Bourbon fait chanter les grandes symphonies

  • Publié le 4 novembre 2026 à 06:52
"2èmes mouvements" : l’Ensemble Instrumental de Bourbon

Pour sa série de concerts annuelle, L’Ensemble instrumental de Bourbon présente lors de quatre dates, dans quatre villes, un programme original sous la direction d’Eric Colard. Un concert, sept œuvres, un seul fil rouge. Le programme réunit des pages que le public connaît parfois sans en savoir le nom, comme le célèbre largo de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák, et des raretés à découvrir, comme l’adagio de la toute première symphonie de Rimski-Korsakov ou le scherzo de la Symphonie op. 1 de Stravinsky (Photos : Laurent de Gebhardt)

L’Ensemble instrumental de Bourbon, plus vieil orchestre symphonique de La Réunion ouvert à tous les musiciens non professionnels de l’île, invite le public à un voyage à travers les siècles et les pays en ne retenant, dans de grandes symphonies et poème symphonique, que leur deuxième mouvement.

"Celui où l’on chante, où l’on danse, où l’on rêve, celui qui touche l’oreille du public. De Haydn à Stravinsky, en passant par Beethoven, Schubert, Dvořák et Rimski-Korsakov, le programme s’achève avec La Moldau de Smetana, deuxième poème symphonique du cycle Ma patrie", précise l'Ensemble instrumental de Bourbon.

Voici les dates des représentations :

- Saint-Pierre - vendredi 6 novembre. à 20 heures, Église de la Ravine Blanche (entrée libre, sans réservation)

- Saint-Joseph - samedi 7 novembre à 20 heures à l'Église (entrée libre, sans réservation)

- Saint-Denis - mardi 10 novembre à 19h30, Amphithéâtre bioclimatique de l’université, entrée libre avec réservation

- Saint-Gilles - mercredi 11 novembre à 17 heures, Église (entrée libre, sans réservation)

- Le programme du "Deuxième mouvement" -

Les sept pièces sont présentées dans l’ordre du programme.

Joseph Haydn (1732-1809) - Symphonie n° 94 en sol majeur "La Surprise" – Andante

Surnommé le "père de la symphonie", Haydn a traversé toute la période classique. Au service de la famille Esterházy, il a écrit plus d’une centaine de symphonies et fut aussi le professeur de Beethoven. La n° 94, deuxième des douze symphonies "londoniennes", fut créée le 23 mars 1792 à Londres, Haydn dirigeant depuis le pianoforte. Un coup de timbale soudain dans le deuxième mouvement lui valut son surnom. L’andante, thème très simple suivi de cinq variations et d’une coda, joue sur le contraste entre douceur et surprise.

Ludwig van Beethoven (1770-1827) - Symphonie n° 7 en la majeur, op. 92 – Allegretto

Dernier grand représentant du classicisme viennois et élève de Haydn, Beethoven a ouvert la voie au romantisme. Composée en 1811-1812 et créée le 8 décembre 1813 lors d’un concert de charité pour les soldats blessés de Hanau, la Septième connut un grand succès. Wagner y voyait "l’apothéose de la danse". L’allegretto fut si acclamé qu’il fut bissé le soir de la création : un thème obsédant, d’apparence simple, revient sans cesse et s’amplifie par cercles concentriques. Danse ou poème d’une indicible mélancolie ? La question reste ouverte.

Schubert (1797-1828) - Symphonie n° 8 en si mineur « Inachevée », D. 759 – Andante con moto

Maître du lied et figure de la musique romantique allemande, Schubert est mort à 31 ans après une production foisonnante. Composée en 1822, sa huitième symphonie ne compte que deux mouvements, d’où son surnom ; on ignore pourquoi il l’a abandonnée. Le manuscrit dormit longtemps dans les papiers des frères Hüttenbrenner et la première n’eut lieu qu’en 1865, à Vienne.

Antonín Dvořák (1841-1904) - Symphonie n° 9 en mi mineur « Du Nouveau Monde » – Largo
Compositeur tchèque, ancien altiste, ami de Brahms, Dvořák dirigea le Conservatoire national de New York de 1892 à 1895. Première œuvre composée aux États-Unis, sa neuvième symphonie connut un succès foudroyant qui ne s’est jamais démenti. Son largo, célèbre pour sa mélodie chantante, illustre l’esprit de rencontre entre les mondes.

Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908) -Symphonie n° 1 – Adagio

Membre du "Groupe des Cinq" et surnommé le "magicien de l’orchestre", Rimski-Korsakov a transmis son art à Stravinsky et Prokofiev. Officier de la marine impériale, il commence sa première symphonie avant de partir trois ans autour du monde ; il compose l’adagio lors d’une halte en Angleterre. La création, en décembre 1865, est un triomphe, et le compositeur salue le public en uniforme.

Igor Stravinsky (1882-1971) - Symphonie en mi bémol majeur, op. 1 – ScherzoRévélé par les Ballets russes, Stravinsky a changé notre rapport au rythme.

Composée en 1906-1907 et révisée en 1913, cette première œuvre pour orchestre est dédiée "à mon cher maître Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov". Lors d’une exécution privée, ce dernier glissa au jeune compositeur de se méfier des trombones dans le registre médian ; Glazounov se contenta d’un "très joli". Création officielle en janvier 1908 à Saint-Pétersbourg.

Bedřich Smetana (1824-1884) La Moldau – 2ème poème symphonique du cycle Má vlast "Ma patrie"

Père de la musique tchèque, soutenu par Liszt, Smetana fut le premier à intégrer systématiquement des éléments tchèques dans sa musique. La Moldau est la plus longue rivière de Tchéquie et traverse Prague. L’œuvre est un voyage dans le courant du fleuve, des deux sources jusqu’à la ville, en passant par le mariage paysan, la chasse, le clair de lune, les légendes et les rapides, portée par une superbe mélodie, à la fois lyrique et entraînante.

- L’Ensemble Instrumental de Bourbon -

Créé le 28 août 1983 sous le nom d’Ensemble Instrumental de Saint-Pierre, l’orchestre est né de la volonté de rassembler la chorale dirigée par Jacques Detan et les musiciens à l’origine de l’ensemble. En 1994, repris sous la direction de Marcel Sellier, il devient l’Ensemble Instrumental de Bourbon pour refléter la diversité des origines de ses membres. Après Philippe Hoareau, Marcel Sellier et Michel Amadieu, il est placé depuis novembre 2023 sous la direction d’Eric Colard.

Singularité : il s'agit du seul orchestre symphonique de La Réunion ouvert à tous les musiciens non professionnels de l’île. Il est composé d'une quarantaine de membres réguliers, de tous niveaux et de tous âges, issus des quatre coins de l’île.

Son objectif, promouvoir et faire rayonner la musique symphonique à La Réunion, avec des œuvres ambitieuses, variées, balayant les siècles et très souvent inédites sur l’île.

Le chef : Eric Colard, commence le chant choral dès l’âge de 3 ans et dirige son premier concert à 7 ans, au Château de Pau. Violoniste de formation, il intègre en 1985 le Chœur de l’armée française pour son service national. Musicien de la Garde Républicaine, il en devient en 1987 l’un des chefs de pupitre, fonction qu’il occupe pendant 35 ans, jusqu’en 2021.

Chef de la Chorale de la Cité Internationale Universitaire de Paris de 1993 à 2009, il dirige des œuvres pour chœur et orchestre dans des lieux prestigieux : cathédrale des Invalides, église Saint-Roch, grand amphithéâtre de la Sorbonne, UNESCO. En 2002, il participe avec cette chorale au Festival International Yehudi Menuhin de Boulogne-sur-Mer, dans la 9e symphonie de Beethoven.

Installé à La Réunion depuis avril 2021, il est chef de chœur, arrangeur, orchestrateur et directeur musical de l’opérette "Mon étoile", créée avec les "Voix de Bourbon" autour des musiques des dessins animés de Walt Disney. Chef de chœur et professeur de direction de chœur au Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de La Réunion de janvier à juillet 2024, il dirige l’EIB depuis novembre 2023.

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