Laurent Nuñez a reconnu, mardi, un "échec" dans la gestion des violences survenues lors des manifestations du 17 octobre. Mais estime que ce constat ne suffit pas à établir "une faute des services de l’État". Auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a admis un manque d’anticipation et assumé seul la responsabilité du bilan.
Le locataire de Beauvau a estimé qu’il y a eu une "sous-estimation du nombre de personnes attendues", qui ne constitue pas, selon lui, "le nœud du problème". "On ne peut pas résumer tout cela à un sujet de chiffres", a-t-il estimé.
🔴 🗣️ 17 octobre : Laurent Nuñez "assume" un "manque d'anticipation" de sa part. Le ministre de l'Intérieur explique "ne pas avoir vu que tous ces phénomènes prévus par les services de renseignement allaient se produire simultanément". #Canal16 https://t.co/UNPeXRuVdh
— franceinfo (@franceinfo) November 3, 2026
Pour rappel, le 17 octobre dernier, 1.800 personnes ont été interpellées, dont 855 à Paris, dans lors de violences urbaines qui ont émaillé les manifestations contre la vie chère, qui ont réuni près de 800.000 personnes selon les syndicats et 550.0000 selon le ministère de l’Intérieur. "La volumétrie des personnes qui voulaient faire dégénérer les choses était plus importante que ce à quoi nous nous attendions" a ajouté le ministre.
Au total, plus de "2.000 commerces ont été touchés", représentant des "centaines de millions d’euros de dégâts". Parmi les forces de l’ordre, 997 policiers et gendarmes ont quant à eux été blessés, dont 7 grièvement.
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- Nuñez veut un dispositif "robuste" en vue d'"une journée sensible" pour le 5 novembre -
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé mardi aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des "dispositifs robustes" pour la journée "sensible" de manifestation jeudi, selon un télégramme consulté par l'AFP.
"Les journées du 17, puis du 24 et du 31 octobre ont vu, en de nombreuses villes du territoire national, des groupes massifs d'individus, extrêmement mobiles, s'attaquer aux lieux de pouvoir, piller de nombreux commerces et s'en prendre aux forces de l'ordre", explique le ministre en préambule, avant de rappeler que la journée du 5 novembre "fait l'objet de nombreux appels à manifester dans le cadre d'une journée nationale d'action intersyndicale".
Pour éviter des débordements, tels que les dégradations, violences et pillages à un niveau d'intensité inédit du 17 octobre, Laurent Nuñez a donc demandé aux préfets de "travailler dans le même esprit que pour les journées du 24 et 31 octobre" avec la mise en place de "dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs", avec des effectifs de police et de gendarmerie renforcés "pendant cette journée sensible".
Ils sont également invités à prendre "toute mesure de police administrative contribuant à garantir que les manifestations qui se dérouleront le soient dans le calme et sans heurts", comme les interdictions de manifester en centre-ville, des arrêtés autorisant le recours aux drones ou l'interdiction de port d'armes et d'équipements de protection.
Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur préconise des contrôles de flux en amont des rassemblements, notamment dans les gares et axes de transports, "afin de limiter la circulation de profils à risques" et "de permettre la détection de matériels qui serviront à exercer des violences (cagoules, masques, feux d'artifice, mortiers, etc.) ou l'identification de personnes n'étant pas autorisées à participer à ces manifestations".
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