Depuis 20 ans, Didier Robert, simple homonyme du président du conseil régional, dirige une entreprise du bùtiment, employant 25 personnes, basée à Langevin, Saint-Joseph. Cet artisan de 46 ans doit faire face à une crise conjoncturelle difficile. Endettements, licenciements. Il tente de trouver des solutions.
"Aujourd'hui,ĂȘtre chef d'entreprise ce n'est pas une fiertĂ©", confie l'entrepreneur, spĂ©cialisĂ© dans la construction de maisons et de petits bĂątiments. Didier Robert peine Ă trouver des marchĂ©s et Ă©quilibrer ses comptes. "En 2009, je n'ai pas trop senti la crise, car on s'appuyait sur les marchĂ©s signĂ©s en 2008. C'est cette annĂ©e le plus dur pour nous". En mars dernier, il a du licencier 12 personnes, faute de travail. Tous ont signĂ© une convention de reclassement personnalisĂ©. Ils ont donc quittĂ© immĂ©diatement leur poste de travail. L'entreprise devait assumer deux mois d'indemnitĂ©s. A l'heure actuelle, Didier Robert est dans l'impossibilitĂ© de payer ces prĂ©avis.Parmi les raisons de cette crise chez les artisans du bĂątiment, le patron pointe la baisse de la demande. "On travaille avec les promoteurs immobiliers. Mais pour signer un marchĂ© avec les entreprises du bĂątiment, ils attendent d'avoir obtenu au moins 40% de rĂ©servations des futurs logements. Sans cette garantie, ils ne signent pas de marchĂ© et annulent l'opĂ©ration immobiliĂšre", dĂ©plore l'artisan. "Le plus difficile ce sont les prix des marchĂ©s qui ne cessent de dĂ©gringoler". Il explique : "les artisans n'ont plus de travail mais ils ont envie de manger... Donc ils cassent les prix, travaillent au noir".
Le dialogue avec les crĂ©anciers est aujourd'hui la seule solution de Didier Robert pour faire face Ă ces difficultĂ©s. "Je vais toujours nĂ©gocier quand je n'arrive pas Ă payer". GrĂące au protocole Novelli, il a ainsi obtenu un Ă©chĂ©ancier pour le paiement de ces dettes fiscales. De la mĂȘme maniĂšre, il trouve des arrangements avec sa banque quand les comptes sont au plus bas. Avec ses collĂšgues, patrons de petites entreprises, l'artisan organisent aussi des rĂ©unions pour Ă©changer sur les difficultĂ©s et essayer de trouver des solutions.
L'artisan a soutenu la nouvelle majorité régionale, mené par son homonyme. "J'attends beaucoup de lui, mais je pense qu'il aura du mal à mettre en place ce qu'il a promis". Le patron reproche aux politiques de ne pas assez concerter les petites entreprises,"alors que c'est nous qui faisons l'économie de l'ßle".
Si d'ici juillet il ne signe aucun marché, l'entrepreneur n'aura d'autre choix que de licencier à nouveau une dizaine d'ouvriers. "Vu le contexte, j'aurais bien mis la clé sous la porte. Mais je veux tenir encore cinq ans. Je me bats pour l'avenir de mes enfants".
