Alors que l'Équipe de France poursuit sa course vers la finale de la Coupe du Monde 2026, les douanes de La Réunion ont saisi plusieurs centaines de faux maillots de contrefaçon. La contrefaçon des articles de sport est un phénomène récurrent lors des grandes compétitions sportives internationales. Des marchandises de mauvaise qualité et à bas prix, que les réseaux de contrefacteurs cherchent à exploiter en inondant les marchés en ligne. Tout cela, en violation des droits de propriété intellectuelle (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Munis de leurs cutters, les douaniers de La Réunion ont intercepté des colis arrivés par voie express (fret) ou par voie postale. À l'intérieur de ces énormes cartons, des centaines de maillots de football contrefaits. Près de 500 au total.
Cela va du maillot presque officiel de l'Équipe de France, en passant par celui du Mexique, ou encore des maillots du PSG, récemment vainqueur de la Ligue des champions.
"Avec le Mondial, nous savions forcément que des commandes avec des maillots de contrefaçon allaient arriver", explique Joséphine Lefoulon-Maymard, directrice principale des douanes, cheffe divisionnaire à La Réunion.
- Le grand business des faux maillots -
À la simple inspection des coutures et collages, la contrefaçon est visible. "Lorsque vous avez des coutures avec des défauts, des dessins pas gravés, des fils qui débordent… on doit se poser la question", explique un agent des douanes.
De plus, "dès lors que vous trouvez des articles bons marchés, il faut se poser la question". Un maillot à "30 ou 45 euros, alors que le t-shirt seul de l'Équipe de France est de 140 euros pour un adulte et une centaine d'euros pour un enfant, on sait pertinemment que ce n'est pas du vrai", dit-il.
Si certains consommateurs préfèrent les copies aux originaux, c'est souvent une question de budget.
Un plus pour le portefeuille mais qui n'est pas sans risques pour le consommateur. "On ne connaît pas la composition de ces marchandises", interpelle un agent des douanes.
- La contrefaçon, un délit douanier -
La cheffe divisionnaire des douanes explique que "la contrefaçon est un délit douanier".
Elle consiste à "reproduire soit intégralement, soit partiellement, un droit de propriété intellectuelle sans autorisation du propriétaire". En soit, c'est du vol.
La contrefaçon est punissable de puni de plusieurs peines : "la confiscation des marchandises, la confiscation du moyen de transport qui a servi à transporter ces marchandises, la confiscation des biens et avoirs issus du trafic, une amende égale à deux fois la valeur des marchandises ou encore une peine de prison de trois ans, alourdie à 10 ans quand c'est en bande organisée", explique Joséphine Lefoulon-Maymard.
Parfois, "la seule dépossession est suffisante pour sanctionner cette infraction. Quand une personne importe 500 maillots et qu'on lui enlève le bénéfice, ça touche au portefeuille", dit-elle.
Elle précise, "la contrefaçon génère des centaines voire des millions d'euros de bénéfices, ce sont des avoirs criminels, parfois destiné à faire une économie souterraine et même alimenter un circuit lié au terrorisme comme ce fut le cas dans l'Hexagone".
Un bénéfice pour les contrefacteurs et une perte de chiffres pour les grandes enseignes et commerce qui légalement, vendent ces produits.
- Des produits contrefaits directement détruits à La Réunion -
Des marchandises qui, une fois la constatation faite, sont amenées à être détruites. Eh non, faisons taire la rumeur comme quoi les douaniers repartent avec…
Pour les détruire, les douanes font appel à l'entreprise Destruck basée à Saint-Paul. Maillots, barrettes de cheveux, trottinettes non conformes, cigarettes… tout y passe.
La procédure est simple. "En général ce sont les douanes qui nous appellent ou le transitaire. On établit un devis – entre 2.000 et 20.000 euros - puis, dès lors que c'est accepté, les douanes viennent sur place avec un mandat d'huissier pour s'assurer que tout est détruit", explique Bruno Pouillat, directeur des opérations.
Dans le process, l'entreprise Destruck doit également fournir une fiche d'identification du produit, indiquer la cause de la destruction et fournir des photos et un échantillon du produit.
Pour procéder à la destruction, l'entreprise dispose de quatre broyeurs et d'un broyeur mobile. "Il peut détruire jusqu'à 4 tonnes en une fois", explique Bruno Pouillat.
Une fois broyé, "le carton est retraité en balle et exporté vers des cartonneries, idem pour le plastique. Le textile lui, est enfoui".
Avec l'essor des achats en ligne et donc des contrefaçons, l'entreprise Saint-Pauloise a vu ses demandes de destructions augmenter d'année en année. "On peut renvoyer jusqu'à trois conteneurs par jour", dit Bruno Pouillat.
- La Réunion, troisième région de France en termes de contrefaçons -
Il y a deux ans, La Réunion était la troisième région de France en termes de contrefaçons.
Entre 2020 et 2024, le nombre de constatations a doublé au service des douanes. Près de 200 agents y travaillent chaque semaine.
Dans l'île, la contrefaçon touche plusieurs secteurs : les jouets, du matériel médical, les pièces automobiles, les matériaux de construction, les médicaments, les cosmétiques ou encore l'alimentaire.
"Le médicament que l'on retrouve souvent c'est le viagra, pour l'alimentaire, ce sont des bouteilles de soda ou des faux bonbons avec des taux de sucre pas aux normes, du bois pas traités", cite Joséphine Lefoulon-Maymard.
Raison pour laquelle "la douane a mis en place une stratégie de lutte contre la contrefaçon en ciblant ce qui arrive dans les ports et aéroports", explique la cheffe divisionnaire via le réseau cyber.
Entre 5.000 et 6.000 colis transitent chaque jour par La Réunion.
En 2025, la douane française a saisi 2,83 millions d'articles contrefaits dans le seul fret express et postal.
Sur l'ensemble du marché, les jouets, jeux et articles de sport constituent la catégorie la plus saisie (65,21 % des articles interceptés), devant les vêtements et accessoires (12,84 %).
Ces trois dernières années, plus de 60 millions d'articles contrefaits ont été retirés du marché par les services douaniers.
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"De plus, dès lors que vous trouvez des articles bons marchés, il faut se poser la question". Un maillot à "30 ou 45 euros, alors que le t-shirt seul de l'Équipe de France est de 140 euros pour un adulte et une centaine d'euros pour un enfant, on sait pertinemment que ce n'est pas du vrai".
Ouais on est "dans le vrai" quand on paie un T-Shirt 140 euros qui a été produit par des petites mains pour moins d'un euro pièce ... peut-être même par des enfants !
Là au moins la "morale" et les profits capitalistes sont saufs !