Concurrence et consommation : plus de 3,2 millions d'euros d'amendes infligées en 2025 à La Réunion

  • Publié le 1 juillet 2026 à 16:17
  • Actualisé le 1 juillet 2026 à 17:17
consommation supermarché

Le Pôle Concurrence, Consommation, Répression des fraudes et Métrologie (Pôle C) de la préfecture de La Réunion a présenté le bilan de son activité 2025 ce mercredi 1er juillet 2026. Sur le plan financier, les sanctions prononcées atteignent 1.085.365 euros d'amendes et de saisies pénales, et 2.198.460 euros d'amendes administratives, des montants en nette progression par rapport aux années précédentes (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Le bilan fait état de 1.223 entreprises contrôlées, 139 prélèvements de produits réalisés et 754 instruments de mesure vérifiés. Les services ont également géré 13 alertes concernant des produits non alimentaires. Ces contrôles ont conduit à 226 avertissements, 129 injonctions administratives, 99 procès-verbaux, ainsi qu'à la saisie de 21 instruments de mesure non conformes. 

En 2025, l'action du Pôle C s'est appuyée sur une stratégie nationale visant à renforcer l'efficacité des contrôles. Les interventions sont désormais "davantage ciblées sur les fraudes les plus préjudiciables, les secteurs à fort impact économique et les nouveaux enjeux liés au numérique et au commerce en ligne". L'objectif est de mieux protéger les consommateurs tout en garantissant une concurrence loyale entre les entreprises.

- 1.050.000 euros d'amende pour une enseigne de la grande distribution -

À La Réunion, les contrôles portent notamment sur la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles, la protection du pouvoir d'achat, la surveillance des pratiques commerciales et la sécurisation des produits importés à l'entrée du territoire.

"Les pratiques commerciales entre opérateurs économiques jouent également un rôle déterminant dans la formation des prix. Lorsqu'elles déséquilibrent le marché, ces pratiques sont sanctionnées: en 2025, une enseigne de la grande distribution a ainsi été sanctionnée à hauteur de 1.050.000 euros", souligne la préfecture.

"Il lui était reproché d'avoir obtenu de ses fournisseurs des avantages sans contrepartie, une pratique susceptible de déséquilibrer les relations commerciales et, à terme, d'impacter les prix payés par les consommateurs."

Cette action "est durable et dissuasive", assurent les autorités. "Ce type de contrôle s'inscrit dans une action régulière et structurante: chaque année,. les interventions du Pôle C donnent lieu à plusieurs centaines de milliers d'euros d'amendes", expliquent-elles.

- Contrôle des produits non-alimentaire -

La protection des consommateurs passe également par une surveillance étroite des produits mis sur le marché. Ces contrôles ont porté sur des secteurs variés, particulièrement exposés aux risques pour les consommateurs :

• Puériculture et jouets: détection de risques de suffocation ou d'ingestion liés à des éléments détachables, mais aussi de substances potentiellement cancérogènes ou de risques mécaniques (écrasement, coincement) :

• Produits électriques : identification de dangers de chocs électriques sur des équipements du quotidien (casques audio, lampes anti-insectes, marmites à riz) ;
• Matériaux en contact avec les denrées alimentaires : contrôle de la présence de substances toxiques telles que le plomb, l'arsenic, le cobalt ou le nickel dans des ustensiles (assiettes, bols) ;

• Produits cosmétiques: recherche de substances interdites, notamment allergènes, pouvant provoquer irritations ou réactions cutanées;

• Engins de mobilité: détection de défauts de sécurité, comme dans le cas d'une trottinette électrique présentant un risque de chute.

Des mesures on été prtises pour protéger les consommateurs. Lorsqu'un risque est identifié, des mesures rapides sont mises en œuvre :

• retrait et rappels des produits concernés
• sanctions administratives à l'encontre des professionnels, correspondant notamment aux frais d'analyse en laboratoire.

Parmi les situations traitées en 2025, un parfum fabriqué à La Réunion a fait l'objet d'un arrêté préfectoral de retrait-rappel. Les analyses ont révélé la présence de substances interdites non mentionnées sur l'étiquetage, constituant un risque pour la santé des consommateurs.

- Origine des produits -

La transparence sur l'origine des produits est "un élément essentiel de la confiance des consommateurs". En 2025, ces contrôles ont permis de détecter une affaire de tromperie sur l'origine : une entreprise commercialisait des produits à base de noix de coco présentés comme étant "de La Réunion", alors que la matière première provenait en réalité d'Asie du Sud-Est.

"Ce type de pratique, qui induit le consommateur en erreur et porte atteinte à la concurrence, a donné lieu à l'engagement d'une procédure pénale à l'encontre de l'entreprise concernée", écrit la préfecture.

À travers ces contrôles, le Pôle C poursuit un double objectif :

•⁠  ⁠garantir une information fiable et transparente pour le consommateur ;
• préserver la valorisation des productions locales face aux pratiques trompeuses.

- Protection des consommateurs dans le secteur immobilier -

Les agents du Pôle C vérifient par ailleurs les relations contractuelles entre les copropriétaires et les syndics de copropriété.

A cette occasion en 2025, le principal opérateur de l'ile s'est vu infliger une amende de 20 500 € pour :
•⁠  ⁠la conclusion de contrats de syndic non conformes au contrat type, privant les syndicats de copropriétaires des garanties de transparence et de comparabilité des contrats de syndic:
•⁠  ⁠non-respect de la rémunération forfaitaire annuelle, générant un bénéfice indu au détriment des copropriétaires.

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