Un collectif a été créé il y a moins d'un mois

Formation professionnelle : les centres de formation tirent la sonnette d'alarme

  • PubliĂ© le 5 juin 2015 Ă  06:00
PĂŽle emploi

CrĂ©e il y a 3 semaines, le collectif des centres de formation de La RĂ©union s'est rĂ©uni ce jeudi 4 juin 2015 Ă  Saint-Denis. Au coeur de la discussion, la rĂ©forme du 5 mars 2014 qui a pris effet depuis le 1er janvier 2015. Ils dĂ©noncent l'arrĂȘt de financement notamment pour les formations des personnes en contrats aidĂ©s ou en alternance. Selon eux, des milliers d'emplois seraient en pĂ©ril.

"Nous sommes dans une situation d’étranglement c’est pour cela que les 150 organismes de formation manifestent", explique Carole Derand, directrice de One to One, l'un des centres de formation privĂ© de l'Ăźle. PrĂšs de 40 millions d’euros ne sont plus attribuĂ©s au secteur de la formation professionnelle Ă  La RĂ©union. La directrice ajoute : "on coupe des fonds Ă©normes. Pour les contrats aidĂ©s par exemple, ils ne sont plus financĂ©s depuis le dĂ©but de l’annĂ©e. Il n’y a plus de formation qualifiante pour eux. On revient Ă  la situation d'il y a 20 ans".

Les acteurs rappellent que si les organismes de formations disparaissent avant la fin de l’annĂ©e, des emplois seront impactĂ©s. "Des contrats de professionnalisation et des contrats aidĂ©s vont ĂȘtre rompus. De nombreux jeunes vont se retrouver au chĂŽmage", souligne Thierry Lamorlette, gĂ©rant d’un centre de formation.

Les centres de formation privĂ©s mettent Ă©galement l’accent sur les 15% de part de marchĂ© qui leur sont attribuĂ©s. "C’est scandaleux ! Nous ne pouvons pas pĂ©renniser nos emplois alors que nous insĂ©rons davantage de personnes, nous avons de forts taux de qualification et de bons rĂ©sultats. On demande un rééquilibrage d'urgence. Nous aimerions arriver Ă  30 ou Ă  50% de la commande publique", informe la directrice de One to One.

Elle conclut : "la politique menĂ©e par le prĂ©sident actuel est d’aider les jeunes et de les insĂ©rer, mais ils pondent une rĂ©forme qui ne va pas dans ce sens. Nous n’avons plus les moyens aujourd’hui de mener la politique d’insertion professionnelle. Il faut que l’Etat rĂ©agisse et qu’on ait une spĂ©cificitĂ© rĂ©gionale." Le collectif des centres de formation de la RĂ©union a d'ailleurs fait une demande afin de rencontrer le premier ministre Manuel Valls durant son sĂ©jour sur l'Ăźle.

Alyssa Mariapin pour www.ipreunion.com

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