Au 1er trimestre 2022, l'activité économique reste soutenue à La Réunion malgré le renforcement des mesures sanitaires pour faire face à la propagation d'un nouveau variant du Covid-19, et les tensions sur les prix qui s'accroissent avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. Nous publions ci-dessous le communiqué de l'INSEE. (Photo d'illustration : AFP)
Ainsi, le volume d’heures de travail rémunérées reste significativement supérieur à son niveau d’avant-crise, de l’ordre de 10 %. L’activité touristique retrouve son niveau d’avant-crise, malgré un mois de février en retrait. La construction de logements neufs reste très dynamique, tandis que le nombre de créations d’entreprises bat un nouveau record. Toutefois la hausse de l’emploi salarié ralentit nettement avec 700 emplois supplémentaires par rapport au 4ème trimestre 2021 (+ 0,2 %), alors qu’autour de 3 000 emplois supplémentaires avaient été créés sur chacun des trois trimestres précédents.
Les services aux entreprises, les transports et les services non marchands sont les seuls secteurs à créer des emplois ce trimestre. Dans ce contexte, le taux de chômage est quasi stable et concerne 19 % de la population active.
Fin mars 2022, 281 300 salarié·es travaillent à La Réunion, secteurs privé et public confondus. En janvier et février 2022, les conditions sanitaires se détériorent à nouveau sur l’île, entraînant le renforcement des mesures en vigueur depuis la fin de l’année 2021. Malgré ce contexte, l’emploi salarié augmente au 1er trimestre 2022, mais moins fortement qu’en 2021 : 700 emplois supplémentaires par rapport au 4ème trimestre 2021 (+ 0,2 %), alors qu’environ 3 000 emplois supplémentaires avaient été créés sur chacun des trois trimestres précédents. Malgré ce ralentissement, la croissance de l’emploi salarié sur un an reste plus élevée à La Réunion qu’au niveau national : + 3,6 % contre +2,9 % entre mars 2021 et mars 2022. À La Réunion, plus d’un cinquième de cette hausse annuelle s’explique par le dynamisme des
contrats en alternance, notamment l’apprentissage.
- L’activité économique reste soutenue au 1er trimestre, malgré la dégradation de la situation sanitaire -
À compter du 1er janvier 2021, les mesures sanitaires sont renforcées face à la propagation d’un nouveau variant du Covid-19. À partir de la fin février, elles sont progressivement levées jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire début avril. Malgré le renforcement des restrictions sanitaires, en janvier et février, le volume d’heures de travail rémunérées reste supérieur de 9 % à son niveau de 2019. Il augmente de nouveau dès mars et en mai, il se situe à un niveau supérieur de 13 % à celui de 2019. Cette croissance reflète la dynamique de l’emploi, mais aussi un recours très modéré des entreprises aux dispositifs d’activité partielle mis en place depuis mars 2020 pour préserver les emplois. Ces dispositifs permettent d’indemniser les salariés dont le nombre d’heures rémunérées par les entreprises baisse, du fait d’une activité plus limitée. Le recours à l’activité partielle n’est significatif que dans le secteur de l’hébergement - restauration : 2 000 demandes d’indemnisation en février 2022 pour 11 200 salariés fin mars 2022.
Malgré un début d’année sous contraintes sanitaires et le déclenchement de la guerre en Ukraine en février, l’activité économique reste ainsi bien orientée au premier semestre 2022 à La Réunion. Toutefois, ce contexte mondial entraîne de fortes tensions sur les prix. À La Réunion, en mai 2022, les prix à la consommation sont ainsi supérieurs de 3,8 % à leur niveau un an plus tôt, en mai 2021. Ceux-ci accélèrent de mois en mois : la hausse était de + 3,2 % sur un an en avril. La forte hausse des prix des produits pétroliers se poursuit, toujours accompagnée par ceux des produits alimentaires. Les prix dans les services continuent d’augmenter. En France hors Mayotte, les prix augmentent plus fortement encore sur un an, de 5,2 % en mai.
- Seul le secteur privé crée des emplois ce trimestre -
Au 1er trimestre 2022, le secteur privé crée 700 emplois, à un rythme nettement inférieur au trimestre précédent (+ 0,4 % contre + 1,6 %). Cette hausse s’explique à nouveau en grande partie par la croissance du nombre d’apprentis, conséquence de la mise en place d’une aide exceptionnelle pour l’embauche en contrat d’apprentissage dans le cadre du Plan de relance de l’économie. De son côté, l’emploi public est stable ce trimestre : - 0,1 % par rapport au 4ème trimestre 2021.
L’emploi n’augmente que dans les services aux entreprises, les transports et les services non marchands :
Au 1er trimestre 2022, dans les services marchands hors intérim, la hausse de l’emploi ralentit. Seulement 500 emplois sont créés, soit deux à quatre fois moins que les trimestres précédents (1 100 au 4ème trimestre et 1 900 au 3ème trimestre 2021).
L’emploi est toujours dynamique dans les services aux entreprises : + 400 emplois hors intérim au 1er trimestre, comme aux trimestres précédents. L’emploi hors intérim augmente aussi dans les secteurs des transports et de l’information et communication (+ 100 emplois).
En revanche, dans tous les autres secteurs, l’emploi est stable voire diminue légèrement. Dans l’hébergement-restauration, malgré la dégradation de la situation sanitaire, l’emploi salarié hors intérim reste stable, grâce aux dispositifs d’activité partielle qui ont à nouveau permis à ce secteur de maintenir les emplois. En février 2022, le volume d’heures rémunérées est proche de son niveau de février 2019. Cependant, dès le mois de mars, il repart à la hausse : 3 % au-dessus de son niveau de 2019 en février puis 16 % en mai.
Dans le commerce et l’industrie, l’emploi reste stable lui aussi. Sur un an, l’emploi est néanmoins dynamique dans ces deux secteurs : + 500 emplois pour l’industrie hors intérim et + 1 400 dans le commerce.
Dans les services aux ménages, l’emploi hors intérim diminue de nouveau : - 100 emplois ce trimestre, après - 200 emplois au 4ème trimestre 2021. Dans la construction, l’emploi hors intérim baisse pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire : - 100 emplois.
Sur un an, l’emploi est néanmoins dynamique dans ces deux secteurs : + 500 emplois pour la construction et + 800 pour les services aux ménages.
Dans l’ensemble des secteurs (industrie, construction, services), les entreprises réalisent des ajustements de court terme en ayant recours à l’intérim. L’emploi intérimaire est stable ce trimestre : 5 300 personnes sont en mission d’intérim fin mars. Sur un an, 900 emplois sont créés dans le secteur de l’intérim. Fin mars 2022, 119 600 salarié·es travaillent dans les services non marchands (enseignement, administration publique, santé ou action sociale). Ces personnes travaillent majoritairement dans le public (80 %), mais peuvent également exercer dans le privé (activités de soutien scolaire, enseignement de la conduite, médecin, etc.). Ce trimestre, 300 emplois sont créés dans ce secteur, à un rythme similaire au trimestre précédent (+ 400 emplois). Sur un an, 2 600 personnes de plus travaillent dans les services non marchands, notamment dans le secteur de l’hébergement et action sociale. Fin mars 2022, 12 200 personnes bénéficient d’un contrat aidé non marchand "Parcours emploi compétence" (PEC), soit 1 100 de plus que le trimestre précédent.
Le chômage est stable :
À La Réunion, au 1er trimestre 2022, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s’établit en moyenne à 19 % de la population active, comme au trimestre précédent. Depuis fin 2020, le chômage est quasi stable : il oscille entre 17 et 19 %, à un niveau bien en deçà de sa valeur de fin 2018 (24 %). Cette baisse du chômage depuis 2018 est à relier au fort dynamisme de l'emploi. Au niveau national, le chômage concerne 7,3 % de la population active au 1er trimestre 2022.
- Une fréquentation touristique très dynamique en janvier, mars et avril -
Au 1er trimestre 2022, malgré la mise en place de nouvelles restrictions sanitaires en janvier et février, la fréquentation des hébergements touristiques retrouve son niveau d’avant la crise sanitaire à La Réunion, en termes de nombre de nuitées et de taux d’occupation des chambres. Ainsi, les hôtels et les autres hébergements collectifs enregistrent 358 000 nuitées sur le 1er trimestre, et un taux d’occupation de leurs chambres de 62 %. Le nombre de nuitées est supérieur de 13 % à celui du 1er trimestre 2021, et le taux d’occupation supérieur de 8 points. En avril, la fréquentation hôtelière se maintient également à son niveau d’avant-crise.
Évolution de la fréquentation dans les hébergements collectifs touristiques à La Réunion
La fréquentation des hébergements touristiques est particulièrement élevée en janvier et mars, en périodes de vacances scolaires, où le nombre de nuitées dépasse de 3 % à 4 % son niveau de 2019. Au contraire, en février, il est inférieur de 8 % à son niveau de 2019. L’évolution des chiffres d’affaires dans l’hébergement-restauration confirme le haut niveau d’activité dans l’hôtellerie en janvier et mars,
tandis que la restauration ne dépasse son niveau d’avant-crise qu’en mars.
Comme depuis le début de la crise sanitaire, la demande est essentiellement portée par la clientèle française constituée d’habitants de l’Hexagone en voyage sur l’île et de résidents réunionnais. En effet, la clientèle étrangère représente à peine 4 % des nuitées, soit deux fois moins qu’en 2019 à la même période. Le dynamisme de la fréquentation touristique profite surtout aux établissements haut de gamme de 3 à 5 étoiles : le nombre de nuitées y augmente de 6 % par rapport à 2019. Dans le même temps, la fréquentation des hébergements de catégorie inférieure, de 1 à 2 étoiles et non classés, recule de 10 %. Si les hébergements de l’Ouest bénéficient d’un léger regain d’activité par rapport à la même période de 2019 (+ 3 %), c’est le contraire pour les établissements du Nord-Est (- 5 %) et du Sud de l’île (- 3 %).
- La construction de logements collectifs particulièrement dynamique -
En un an, d’avril 2021 à mars 2022, 8 500 logements sont autorisés à la construction à La Réunion, soit une hausse de 6 % par rapport à la même période un an auparavant. Les autorisations de construire pour les logements individuels sont stables, tandis que les projets de construction de logements collectifs (4 200 en un an) augmentent de 14 %. En France, les autorisations de construire augmentent plus fortement sur la même période (+ 19 %) ; la hausse concerne aussi bien les constructions individuelles (+ 25 %) que collectives (+ 15 %).
À La Réunion, au cours des 12 derniers mois, les ouvertures de chantier de logements augmentent de 15 % par rapport à la même période un an auparavant. Sur un an, 7 500 logements sont mis en chantier. Cette croissance est portée à la fois par le logement collectif, très dynamique (+ 21 %), et le logement individuel (+ 9 %). La hausse est un peu moins forte au niveau national.
- Évolution du nombre de logements autorisés à la construction -
Les créations d’entreprises repartent à la hausse début 2022 : au 1er trimestre 2022, un record est battu avec 3 100 entreprises créées à La Réunion dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles.
Après un repli significatif au 4ème trimestre 2021, les créations d’entreprises sont en forte hausse par rapport au trimestre précédent (+ 12%). Au niveau national, les créations d’entreprises sont quasiment stables (+ 1 %).
- Évolution des créations d'entreprises -
Le dynamisme des créations d’entreprises concerne l’ensemble des secteurs d’activité. Les créations augmentent plus particulièrement par rapport au trimestre précédent dans l’industrie (+ 30 %) et la construction (+ 24 %). Le secteur des " autres services " renforce sa prépondérance : il concentre plus de la moitié des créations du trimestre et contribue pour 52 % à la hausse des créations ce trimestre.
Comme en 2021, les créations sous le statut de micro-entrepreneur restent très dynamiques : + 21 % par rapport au 1er trimestre 2021. Il s’agit du statut le plus répandu à La Réunion : il représente 58 % des créations, soit 5 points de plus qu’au 1er trimestre 2021. Cette part demeure cependant légèrement inférieure à la moyenne nationale (62 %), mais l’écart se réduit.
Au cours des 12 derniers mois, les créations sous le statut de micro-entrepreneur augmentent de 35 % et celles des sociétés de 11 % par rapport à la même période un an auparavant. Dans le même temps, les créations d’entreprises individuelles " classiques " baissent de 12 %.
