Une jeune femme de 27 ans a été jugée ce lundi 21 juillet 2025 pour avoir mis le feu à son propre véhicule, entraînant dans les flammes la voiture garée à côté. En proie à des troubles psychiatriques, elle dit avoir agi par déception après l’annonce brutale de son licenciement. Le tribunal a prononcé une peine avec sursis probatoire, tenant compte du positionnement de la mise en cause à la barre et de l'altération du discernement retenu par l'expert psychiatre (Photo RB/www.imazpress.com)
Ce qui, sur le papier, semblait être une audience de routine au tribunal correctionnel de Saint-Denis, s’est révélé bien plus complexe. Tessah P., née en 1998, comparaissait pour avoir incendié sa propre voiture… en brûlant également celle de son voisin. Les faits remontent au 7 juillet 2025, quelques heures après qu’elle a appris son licenciement d’une banque où elle venait d’être embauchée depuis une semaine.
Dans un état de détresse, elle explique avoir été submergée par la déception. Sa voiture étant immobilisée et n’ayant plus de salaire, elle décide de s’en débarrasser. Elle dépose de l’essuie-tout sur le siège, arrose l’intérieur d’essence et craque une allumette. Le feu prend rapidement, atteignant une Hyundai garée juste à côté. "Je ne pensais pas que ça allait s’embraser autant", dit-elle à la barre.
Sa mère, chez qui elle vit, décrit un quotidien invivable : "Elle met le feu partout. On cache l’alcool à brûler, les couteaux. Elle est dangereuse." Selon elle, sa fille lave même son linge avec du white spirit. Témoignage glaçant d’une mère épuisée face à la maladie mentale.
- Des antécédents psychiatriques et une altération du discernement -
Internée d’office en hôpital psychiatrique à deux reprises, dont récemment en 2023, Tessah P. avait un traitement neuroleptique qu’elle a arrêté après quatre mois. L’expertise psychiatrique conclut à une désorganisation de la pensée, des délires à tonalité persécutive, une perception altérée du réel. Le jour des faits, l’annonce du licenciement aurait déclenché un état de sidération et d’angoisse.
À l’audience, elle nie être pyromane mais reconnaît les faits. Elle n’a jamais été condamnée auparavant. Quand elle apprend que le propriétaire de la voiture voisine est dans la salle d'audience, elle s'adresse directement à lui et présente des excuses.
- Une peine adaptée à son état mental -
Le parquet rappelle que les faits sont passibles de dix ans d’emprisonnement mais tient compte de l’expertise psychiatrique. Il requiert 20 mois dont 6 avec sursis probatoire. Le tribunal prononce finalement 18 mois entièrement assortis d’un sursis probatoire.
Tessah P. devra se soumettre à un suivi médical, indemniser la victime, travailler et suivre des soins réguliers. Une peine qui prend en compte l’ampleur de ses troubles, sans minimiser les conséquences de ses actes.
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